Quelques heures plus tôt, Marc Marquez refusait d’écarter Pedro Acosta de la lutte pour le titre, rejoignant Valentino Rossi qui voyait déjà en lui le possible « troisième homme » du championnat. Le Sprint autrichien leur a donné spectaculairement raison sur un point : Acosta avait déposé tout le monde. Mais alors qu’il possédait 2”846 d’avance à deux tours de l’arrivée, le pilote KTM est tombé seul. Jorge Martin n’en demandait pas tant : après une remontée spectaculaire, il s’impose devant Marquez et reprend l’avantage dans leur duel.
Pedro Acosta avait presque tout fait parfaitement. Presque. Parti troisième au Red Bull Ring, le pilote KTM s’était construit une avance telle que même Jorge Martin, pourtant lancé dans une remontée impressionnante, semblait incapable de revenir. À deux tours de l’arrivée, Acosta possédait 2”846 d’avance. Puis tout a disparu.
Acosta avait pourtant fait le plus difficile
Le début de Sprint avait tourné au duel entre les deux leaders du championnat. Marc Marquez a attaqué Jorge Martin dès le premier tour à la première chicane. Le pilote Aprilia a dû élargir et s’est retrouvé repoussé jusqu’à la huitième place.
Pendant ce temps, Acosta s’est échappé. Martin a alors entrepris une remontée spectaculaire. Il a dépassé ses adversaires les uns après les autres avant de reprendre la deuxième place à Marquez au huitième des quatorze tours.
Mais lorsqu’il s’est débarrassé de son rival, Acosta était déjà loin. La victoire semblait appartenir à KTM.
2”846 d’avance… et une erreur
Au douzième tour, Pedro est arrivé trop vite dans l’enchaînement du virage 2A. La RC16 est partie au large. Acosta a rejoint le gravier puis chuté. Il a tenté de repartir, brièvement réintégré la course en treizième position, avant de finalement abandonner.
Pendant douze tours, personne n’avait été capable de suivre son rythme. Et alors qu’il ne lui restait pratiquement plus qu’à ramener la moto jusqu’au drapeau, Acosta a perdu seul une victoire qui semblait acquise.

Martin transforme une remontée en victoire
Jorge Martin n’a évidemment rien volé. Après son incident du premier tour, revenir de la huitième à la deuxième place avait déjà constitué une démonstration de vitesse. Lorsque Acosta est tombé, l’Aprilia était donc là pour récupérer ce que KTM venait de laisser échapper.
Martin s’impose finalement devant Marc Marquez avec plus d’une seconde d’avance. Et cette victoire possède une conséquence importante : après être arrivé en Autriche à égalité avec Marc, Martin reprend des points à son adversaire.
La pole acquise pour quinze millièmes samedi matin avait déjà montré à quel point les deux hommes étaient proches. Le Sprint permet cette fois à Martin de transformer sa vitesse en avantage comptable.
Voilà encore ce qui sépare Acosta de Marquez et Martin
Quelques heures auparavant, Marc Marquez refusait pourtant d’écarter Pedro de la lutte pour le championnat. Son argument était convaincant. Marc avait lui-même compté 102 points de retard avant de revenir au sommet. Pourquoi Acosta, avec un déficit nettement inférieur, serait-il mathématiquement condamné ? Valentino Rossi avait de son côté déjà désigné Pedro comme possible « troisième homme ».
Le Sprint autrichien vient paradoxalement de confirmer et de fragiliser leur intuition. Oui, Acosta possède la vitesse. Peut-être même davantage que ses adversaires ce samedi. Mais pour transformer une remontée improbable au championnat en réalité, il faudrait précisément convertir ces journées-là en 12 points plutôt qu’en zéro.
55 Grands Prix et toujours cette victoire qui manque
Acosta possède déjà des podiums, des performances spectaculaires et une victoire en Sprint obtenue cette saison après la pénalité infligée à Marquez en Thaïlande. Mais après 55 départs en Grand Prix MotoGP, la victoire dominicale continue de lui échapper.
L’Autriche semblait pourtant constituer l’une de ses meilleures occasions de démontrer qu’une étape supplémentaire avait été franchie. Son rythme du vendredi était impressionnant. Il n’était qu’à 71 millièmes de la pole samedi. Et en Sprint, il avait tout simplement distancé Martin et Marquez.
Rossi et Marquez ont peut-être raison de le considérer comme un troisième homme potentiel : en Autriche, il était assez rapide pour les battre tous. Mais jouer un championnat exige autre chose que de savoir construire trois secondes d’avance. Il faut aussi savoir quoi en faire. Ce samedi, Acosta n’avait plus besoin d’aller plus vite. Il devait simplement arriver. Et c’est peut-être encore la dernière grande leçon qui sépare le phénomène du champion MotoGP.









