Ce samedi 14 août 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit du Red Bull Ring, au terme de la deuxième journée du Grand Prix d’Autriche.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français, qui tentera, à coup sûr, de reproduire ce weekend la performance de son coéquipier Jorge Martín, vainqueur la semaine dernière en Autriche.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme.


Johann Zarco : « Un bon weekend ! Je dis un bon weekend car j’ai fait un début très solide, puis, aujourd’hui, avec des conditions toujours constantes, c’était bien de travailler. Concernant le chrono, j’ai un peu plus peiné aujourd’hui, ce matin et cet après-midi, car j’avais un peu moins d’adhérence et ce n’était pas facile : Dès que vous perdez un peu d’adhérence, vous ne pouvez plus faire une grosse différence au chrono. Mais au moins, j’ai piloté vite tout le temps, même si je n’ai pas pu battre le record du tour. Je suis plutôt content car nous avons pu essayer des choses. Certaines n’ont pas fonctionné mais cela a mieux marché en FP4 et j’ai beaucoup apprécié cette séance. C’est donc positif ! Nous avons également pu essayer le pneu avant dur, qui est plus dur que celui que nous avions la semaine dernière, alors que nous nous demandions s’il serait bon ou pas. Il fonctionne bien donc en cas de température élevée nous savons que nous pourrons avoir l’avant dur et le médium arrière. Il faudra faire un bon départ de la quatrième position et de la deuxième ligne, puis voir comment je pourrai me battre. Je pense que je me sens plus à l’aise pour doubler par rapport au dernier week-end. J’ai essayé de faire attention à ça et il faudra voir : je n’ai doublé personne pendant les essais, car vous pilotez quasiment tout seul, mais je dirais que j’ai plus de contrôle que la semaine dernière, donc je peux avoir de grands espoirs. »

Le fait d’avoir été très rapide hier matin vous a-t-il facilité le travail aujourd’hui ?
« Oui ! Cela m’aide beaucoup ! Ce matin, j’ai vraiment essayé de progresser à nouveau mais je n’ai pas pu, mais cela vous aide à être plus calme en sachant que même si vous ne progressez pas, ne pas passer en Q2 voudrait dire que 10 pilotes battent le record du tour. J’avais une petite marge, donc oui, cela a aidé. C’est peut-être pourquoi j’ai fait une bonne FP4, tout comme la FP3 était également intéressante. Oui, il faut toujours essayer d’avoir un meilleur contrôle de la moto, pour pouvoir jouer avec elle et pas seulement pour cette course en Autriche, mais aussi pour regarder devant et avoir un meilleur niveau sur tous les circuits. Je pense, j’espère, avoir trouvé de bonnes choses aujourd’hui. »

En FP3, vous avez attendu longtemps avant de passer le pneu arrière tendre, et vous avez tout de suite été rapide…
« Oui, et cela veut dire que le feeling est bon. Je n’ai pas pu améliorer, et c’est pourquoi j’ai dit que le chrono était un peu moins bon qu’hier car à la fin de la FP1 tout s’était parfaitement mis en ligne, mais même si ce n’était pas le cas, j’étais compétitif. C’est la chose la plus important, tout comme aujourd’hui : cet après-midi, la qualification a été plutôt bonne. Le premier run était OK et je pense que j’étais également dans le top trois, et dans le dernier tour j’ai récupéré la quatrième position tout en aidant également Jorge à obtenir la pole position, donc c’est bien. J’ai pu conserver une bonne position même si aujourd’hui je n’étais pas celui qui suivait, ce qui veut dire qu’il y a eu progression. »

Comment expliquez-vous que lors des deux weekends en Autriche les pilotes Pramac soient devant les pilotes officiels Ducati ?
« Aucune idée ! Nous savons que nous avons les mêmes motos qu’eux, et nous attaquons. Il n’y a pas une énorme différence et Bagnaia a fait un bon samedi, donc nous ne sommes pas énormément meilleurs. Ce qui est plus surprenant, c’est Jorge qui est vraiment impressionnant, mais globalement nous ne sommes pas beaucoup plus rapides : Nous sommes très semblables. »

Était-il planifié que vous aidiez Jorge ?
« Non ! Nous ne l’avions pas planifié avant. J’espérais avoir quelqu’un devant moi car cela aide toujours, et je ne voulais pas sortir avec le gros groupe car je savais que dans ce cas, avant tout avec Marc, il serait celui qui attendrait encore plus que les autres. Donc je ne voulais pas perturber ma session de cette façon, mais avec Jorge ce n’était pas un gros problème. C’était bien de le faire comme ça et j’ai été heureux qu’il batte le record du tour, car c’est toujours très positif, et comme ça nous avons recueilli encore davantage de données. Mais ce n’était pas planifié au début. »

Vous attendiez-vous une telle saison globale de l’équipe Pramac Racing ?
« J’y prends du plaisir ! Quand vous avez la bonne moto avec la bonne équipe, vous ne pouvez pas trop attendre pour performer. Jorge a le talent et moi je n’ai pas trop de temps devant moi, donc c’est le bon moment, et si cette combinaison pour l’équipe Pramac est bonne, il vaut mieux continuer de cette façon. »

Quel objectif te fixes-tu pour palier à la demi-déception du weekend dernier ?
« Finir sur le podium ! C’est la chose la plus importante. S’il y a moyen de jouer la victoire, comme l’a fait Jorge la semaine dernière, alors pourquoi pas ? J’ai essayé de travailler sur l’aisance pour pouvoir mieux gérer les phases de freinage et éventuellement doubler, pouvoir mieux utiliser ma puissance pour que, quand j’arrive aux freinages, ce sera surtout face à Fabio, réussir à prendre l’avantage. Lui a encore fait une super qualif, donc il a augmenté sa confiance et je pense qu’il a pu trouver encore quelque chose de mieux sur sa moto pour être performant ici. Donc il sera quand même très fort demain. L’avantage pour moi, face à Fabio, c’est qu’il y a trois Ducati autour de lui. Je n’ai pas vu où était Jack mais je pense qu’il n’est pas loin non plus. Voilà, il est sixième donc c’est un peu la même chose que la semaine dernière. Il faut aussi faire attention Mir et Márquez, mais face à Fabio il y a moyen de bien jouer nos cartes Ducati, et j’espère qu’on va bien les jouer pour marquer des gros points. Et pour ma part, avoir plus d’aisance parce que la semaine dernière j’ai eu des difficultés sur la fin. Là, pour l’instant sur le papier, on est en meilleure gestion, ce qui veut dire que le travail avance. »

Quel est l’avantage de rouler derrière un autre pilote en qualification ?
« C’est la gestion de la vitesse, déjà sur les freinages. Quand on arrive très vite, on a à peu près 200 mètres de ralentissement, et ces 200 mètres, quand il y a quelqu’un devant, on arrive à gérer, si on peut plus ou moins se ralentir, fondre sur le pilote, sans pour autant rater le virage. C’est là où l’on gagne du temps crucial. Ou alors, si on a fondu sur le pilote devant, au moment où l’on doit réaccélérer, on essaie juste de suivre. Alors que lorsqu’on est tout seul sans référence, on ré-accélère des fois un peu trop fort et on se met à glisser. Le fait d’avoir quelqu’un devant permet de gérer cette extra-agressivité, et donc tu te dis que le mec de devant qui déjà roule vite, si tu gagnes des mètres sur lui, c’est que tu roules un peu plus vite… Et ça, ça y joue beaucoup ! Surtout, avec des motos puissantes. Ce n’est pas une question d’aspi, parce que s’il est trop à l’aspiration, je le gêne presque. Tu ne peux pas faire de grandes différences, mais quand tu l’as en point de mire, ça permet vraiment de gérer ces moments, ces mètres qui sont vraiment importants. Je pense que ça, ça l’a aidé sur le dernier partiel et surtout sur le troisième partiel, où il a été très très fort. »

Il y a une pression supplémentaire de se dire que c’est un Grand Prix Ducati et qu’il faudrait quand même prendre des points à Fabio car sinon cela sera compliqué de le revoir ?
« Non ! Non, pas de pression supplémentaire. Peut-être le weekend dernier, oui, mais je commence à évacuer cette pression. C’était peut-être parce qu’il y avait la reprise après cinq semaines de pause, mais là je sens que je reprends un vrai rythme de pilote de course. Je suis plus à l’aise et rien que ça, c’est beaucoup ! Après, si Fabio est meilleur, c’est tant mieux pour lui, mais franchement j’arrive à prendre du plaisir même dans une situation comme ça, et je ne pense pas que les autres circuits seront vraiment désavantageux pour nous. Il y aura moyen de jouer sa carte à chaque endroit et la saison est encore longue. On ne sait pas comment sera le calendrier mais il y a vraiment moyen de performer partout, puisque la moto est forte. »

Tu te sens mieux préparé pour la course que le weekend dernier ?
« J’ai surtout fait une super FP4, et ça c’est bien. Et en FP1, avoir la performance d’entrée est le signe que le feeling progresse. Je voulais passer un cap vendredi et je pense avoir passé au moins un demi-cap. Ce matin, ça restait quand même de très bons essais, donc oui, à mon avis je suis mieux préparé. Mais la réponse se fait en course : tu as beau essayer de bien bien préparer, la vraie réponse est en course. »

 

 

Classement des qualifications du Grand Prix MotoGP d’Autriche sur le Red Bull Ring : 

Crédit classement: MotoGP.com



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