Moto GP
Publié le 19 septembre 2026 • 17:15 par André Lecondé

MotoGP – BREAKING NEWS : Mise au point de Gigi Dall’Igna sur la situation de Pecco Bagnaia

Gigi Dall'Igna aborde en toute franchise la période difficile traversée par Francesco Bagnaia et l'écurie officielle Ducati.

Pecco Bagnaia

Gigi Dall’Igna a décidé de répondre précisément aux interrogations nées de la conversation entre Francesco Bagnaia et Fabio Di Giannantonio à Misano. Ducati reconnaît avoir essayé avec Pecco des solutions qui ne convainquaient même pas totalement ses ingénieurs, confirme que sa GP26 utilise bien un élément différent de celles des autres pilotes et révèle surtout qu’il a déjà été retiré sans résoudre le problème. Quant à une séparation avant la fin de la saison, Dall’Igna l’exclut.

Le mystérieux « petit truc » existe donc bien. Depuis que la conversation privée entre Francesco Bagnaia et Fabio Di Giannantonio a été captée à Misano, cette expression était devenue l’un des éléments les plus intrigants du problème Pecco. Gigi Dall’Igna vient d’apporter une réponse. Pas sur la nature de la pièce. Mais sur son importance réelle.

Oui, la Ducati de Bagnaia est différente

Le directeur général de Ducati Corse le confirme explicitement sur GPOne. « Nos motos utilisent des solutions différentes. Il est vrai que Pecco utilise quelque chose d’un peu différent des autres pilotes. » Voilà qui pourrait alimenter toutes les théories. La phrase suivante les fragilise immédiatement. « Nous avons essayé de l’enlever puis de le remettre, mais il se sent légèrement mieux avec cette solution. »

Autrement dit, cet élément n’est pas imposé à Bagnaia. Il a été testé avec et sans lui, puis conservé parce que le pilote préfère ainsi sa moto. Et Dall’Igna enfonce le clou : « Le problème, c’est que Pecco n’est pas performant même sans ça. »

Ducati a même essayé ce qu’elle jugeait techniquement peu convaincant

C’est la deuxième révélation importante. Ramon Forcada affirmait récemment, après avoir discuté avec des membres de Ducati, que l’équipe avait essayé avec Bagnaia « même des choses qui semblaient irrationnelles ». Dall’Igna confirme désormais directement le fond de cette information. « Ces derniers mois, nous avons également effectué des tests qui, d’un point de vue technique, n’étaient peut-être pas les plus judicieux. »

Pourquoi les réaliser ? Pour Pecco. Ducati a accepté d’explorer des directions auxquelles ses techniciens ne croyaient pas nécessairement afin de tenter de lui redonner les sensations recherchées. Cela donne surtout un nouvel éclairage au fameux « ils ne me laisseront pas le faire » entendu à Misano.

Ducati Pecco Bagnaia

Gigi Dall’Igna : « Ce n’était certainement pas agréable d’entendre ces mots »

Bagnaia avait déjà expliqué que sa phrase avait été sortie de son contexte. Certaines solutions lui sont désormais refusées parce qu’elles ont été essayées plusieurs fois sans résultat. Dall’Igna complète cette version. « Nous partageons avec lui tout ce que nous observons sur la moto, tous les essais que nous prévoyons […] et nous décidons ensemble de ce qu’il faut tenter et de ce qu’il vaut mieux laisser de côté. »

Le patron technique ne nie toutefois pas son agacement. « Ce n’était certainement pas agréable d’entendre ces mots. » Mais il replace l’épisode dans la frustration provoquée par une situation qui s’éternise.

Et elle s’éternise effectivement : l’Autriche constitue le cinquième Grand Prix consécutif où Bagnaia n’a pas obtenu directement sa place en Q2.

Pas question de divorcer avant Valencia pour Gigi Dall’Igna

L’autre rumeur est également traitée frontalement. Ducati et Bagnaia pourraient-ils arrêter leur collaboration avant son départ pour Aprilia en 2027 ? Dall’Igna ne voit même pas comment. « Je ne pense pas qu’une rupture du partenariat avant la fin de la saison soit envisageable. »

Au contraire, Ducati promet de continuer : « Jusqu’à la dernière course et le dernier kilomètre. » Cette déclaration prend du poids au moment où Neil Hodgson vient pourtant de juger peu rassurant le langage corporel observé dans le garage de Pecco en Autriche.

Les images peuvent donner l’impression d’une équipe épuisée par la situation. Dall’Igna assure que cela ne signifie pas qu’elle a abandonné son pilote.

Le mystère devient peut-être encore plus grand

Plus Ducati explique ce qu’elle a essayé, moins une cause technique unique semble émerger. Le « petit truc » ? Essayé avec et sans. Des réglages différents ? Essayés. Des pistes auxquelles les ingénieurs croyaient peu ? Essayées également.

Ducati ne prétend donc pas avoir trouvé la réponse. Dall’Igna reconnaît exactement le contraire : « Nous sommes toujours dans l’obligation de trouver une solution. » Mais il élimine progressivement les explications simples. Bagnaia ne serait ni prisonnier d’un réglage imposé ni abandonné par ses ingénieurs, et le mystérieux élément de sa GP26 n’explique pas à lui seul ses performances.

Après des mois de recherche, le problème le plus inquiétant est peut-être précisément celui-là : Ducati sait désormais beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas, mais toujours pas ce qui permettrait de retrouver Pecco.

Gigi Dall'Igna