C’est un des faits qui a animé la folle qualification du MotoGP dans un samedi surchauffé sur le tracé de Brno : Pol Espargaró s’est vu annuler son second chrono qui le mettait à la même place sur la grille de départ du Grand Prix de la République tchèque, parce que, dans son tour rapide, le drapeau jaune avait été déployé dans un secteur où Cal Crutchlow avait chuté. L’officiel KTM n’a pu voir la signalisation lointaine du bord de piste alors qu’il était en plein effort. D’où sa colère et son sentiment d’injustice, mentionnant même un travail mal fait de la part des officiels. Celui par qui le scandale est arrivé, en l’occurrence Cal Crutchlow, donne son avis…

C’est la nouvelle règle qui est en vigueur : lorsqu’un pilote chute et que le drapeau jaune est déployé, les tours rapides en cours sont annulés. Une formule en vigueur en Formule 1 qui jouit cependant d’une meilleure signalisation, avec des panneaux lumineux par exemple. Mais en MotoGP, on la joue à l’ancienne, avec l’homme agitant un drapeau.

Pol Espargaró ne l’a pas vu et il est de bonne foi. Cal Crutchlow, qui a été la cause de ce drapeau jaune explique : « je pense qu’en ce qui concerne Pol, c’est décevant pour lui. J’ai eu un crash et j’ai gâché sa qualification, mais malheureusement c’est la vie et ce sont les règles ».

« Je l’ai eu plus tôt dans une des sessions, j’ai eu un temps de tour annulé parce que je n’ai jamais vu le drapeau jaune dans le même coin. C’est tellement difficile de faire le tour, vous poussez, vous voyez que vos secteurs sont en hausse, vous êtes sur un meilleur tour et soudain quelqu’un a chuté et ce n’est pas votre faute et votre tour est annulé ».

« Les commissaires font un excellent travail »

« Donc finalement, je pense honnêtement que cela pourrait rendre la qualification plus… pas dangereuse, nous devons faire attention au mot “dangereuse”, mais cela pourrait la rendre beaucoup plus risquée. Au début de la session, tous les gars vont sortir comme des fous pour s’assurer qu’ils sont sur les bons chronos immédiatement. Mais cela gâche le spectacle. Ils veulent voir les derniers tours, avec les tours les plus rapides sur les derniers tours quand il n’y a plus de secondes et ils ne vont pas voir ça avec le drapeau jaune ».

« Maintenant, je comprends parfaitement la, situation de quelqu’un qui a chuté dans les graviers et qu’une autre moto ou un autre pilote arrive très vite, j’ai été impliqué dans des accidents comme ça et ce n’est pas bien. Mais nous faisons la course avec la moto et nous comprenons les risques ».

« Les commissaires font un excellent travail et la façon dont ils le font avec un gars qui repère etc… c’est difficile de dire qu’ils connaissent aussi les risques. Mais en fin de compte, ils sont très professionnels dans ce sens également.

Il termine : « je ne suis pas vraiment d’accord à 100% avec la règle. Je comprends qu’au final, la situation peut être difficile si quelqu’un est blessé, évidemment. Maintenant, nous devons respecter le drapeau jaune, peut-être que dans ce secteur nous perdons un peu de temps. Mais si Pol était une demi-seconde en dessous de son propre temps, dans ce secteur il aurait pu perdre deux ou trois dixièmes dans ce virage, cela signifie qu’il est toujours à deux dixièmes de son propre meilleur temps et qu’il peut continuer ce tour au lieu d’abandonner tout le tour ». Certes, mais encore faut-il accepter de ralentir…



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