Comme la plupart des parties prenantes de la catégorie MotoGP, Fabio Quartararo continue à répondre aux sollicitations diverses par le biais des vidéoconférences. Après Yamaha Motor France, WithU et AMV, c’est cette fois à Paolo Scalera et Matteo Aglio, nos confrères du site italien GPone que le jeune pilote français a accordé une petite heure de son temps, en compagnie virtuelle de son agent Éric Mahé.

Alors, évidemment, certaines de ses pensées sont déjà connues des aficionados, comme par exemple le fait que ce ne seraient pas trois courses consécutives qui pourraient l’effrayer : le jeune français est motivé, entraîné physiquement, et tout à fait prêt à démarrer cette atypique saison 2020 !

Il apporte cependant quelques précisions intéressantes sur la situation actuelle en Andorre, où il vit et ne peut pas encore s’entraîner avec une moto tout-terrain, contrairement à ce qui se passe d’ors et déjà en France et en Italie : « pas encore ! Actuellement, je fais seulement de l’entraînement physique et je ne peux pas encore utiliser une moto. Je pense que ce sera le cas la semaine prochaine. »

Paolo Scalera entame ensuite la partie principale de la vidéo en posant à Fabio Quartararo des questions envoyées par les internautes.

Au sujet de la Yamaha M1 2020 Factory, le pilote Petronas réédite ce qu’il a déjà énoncé : « nous avons seulement eu cinq jours pour piloter la M1 2020, et nous n’avons pas pu sentir une grande différence. Bien sûr, l’objectif principal de Yamaha était d’améliorer la vitesse de pointe et ils semblent avoir réussi à en juger par les performances de Maverick et Valentino. Nous avons utilisé une moto neuve, mais avec pas mal de kilomètres dans le moteur. C’était le deal avec Yamaha et j’ai besoin de faire plus de kilomètres pour dire exactement quelle est la différence entre les deux motos. Mais globalement, la moto me convient vraiment bien et je l’ai vraiment appréciée durant les tests à Sepang et au Qatar. »

Le jeune niçois s’attaque toutefois à la légende d’une Yamaha M1 facile à piloter…

« Non, je pense qu’aucune moto n’est vraiment facile à piloter. Cela dépend du style de conduite de chacun, mais on a vu que beaucoup de ses pilotes ont pu faire des podiums, même avec la Yamaha satellite. Je pense que suivant le style de pilotage que tu as, elle peut être plus facile pour toi. Un pilote agressif serait beaucoup plus lent sur la Yamaha que sur la Honda. C’est une moto qui s’adapte plutôt bien à mon style de pilotage, mais la Yamaha n’est pas une moto facile. »

Malgré ses 21 ans à peine révolue, sa promotion au sein du team officiel programmée pour 2021 ne lui met pas de pression…

« Je reste calme. Finalement, c’est la chose la plus belle qui pouvait m’arriver pour les deux prochaines années. Je n’ai pas d’appréhension let c’est uniquement du positif pour moi. »

Question déjà abordée par ailleurs, Fabio Quartararo va-t-il apporter toute son équipe technique, avec qui il s’entend très bien, avec lui chez Yamaha Factory ?

« C’est quelque chose dont nous devons encore discuter, mais j’ai évidemment un très bon feeling avec mon équipe, et j’espère que je pourrai l’amener avec moi la saison prochaine. Il est encore un peu tôt pour pouvoir en parler, mais oui, c’est quelque chose de devons parler pour le futur. »

Quand un internaute demande si Fabio a été proche de Ducati avant de signer chez Yamaha Factory, la question s’adresse également à Eric Mahé qui répond : « assurément, la stratégie de base était d’attendre. Attendre, car la valeur de Fabio progresse. Nous aurions été stupides de conclure un accord en septembre dernier. Nous souhaitions donc attendre, mais est arrivé ce prototype à Valencia. J’ai alors poussé non seulement pour 2021 et 2022, mais également pour avoir cette machine en 2020. Donc la stratégie était initialement d’attendre, puis nous avons soudainement pris conscience que nous avions besoin de cette machine pour viser la victoire en 2020. Nous avons donc conclu un compromis avec Yamaha pour avoir cette machine cette année, puis un contrat d’usine en 2021 et 2022. Nous étions donc patients puis soudainement le rush est arrivé : cela a été deux mois de travail difficile mais nous avons finalement réussi à obtenir cette machine. Nous sommes très heureux car la stratégie était également de ne pas changer de marque de constructeur. La stratégie était d’attendre jusqu’au moment opportun pour décider. Mais vous ne pouvez pas attendre jusqu’en février pour conclure un accord pour une machine car, comme Fabio vous l’a dit, il a reçu un moteur déjà utilisé mais c’était normal, car cela a été planifié tard. »
« Donc si nous n’avions pas bougé en octobre, aurions pas eu de moto d’usine en 2020. La stratégie a donc évolué soudainement mais nous sommes très heureux de ce qui en a résulté avec Yamaha. »
« Mais nous avons parlé avec Ducati, bien sûr, comme nous avons parlé avec d’autres, mais rien de concret. »
« J’aimerais rajouter que selon moi, cela constitue une sorte de progression naturelle : une moto satellite et une équipe satellite pour la première saison, puis une moto d’usine dans un team satellite avec la même équipe, puis deux années de contrat d’usine avec également la même équipe. J’aime cette sorte de progression car parfois, ce n’est psychologiquement parlant pas si facile pour le pilote. Mais cette progression est linéaire et nous sommes très heureux de cela. »

Italie oblige, le sujet de sa relation avec Valentino Rossi est inévitablement abordé

« Mes rapports avec Vale sont vraiment bons mais il est toujours étrange de parler avec lui parce que je parle à mon idole, et au final il s’agit de l’unique pilote avec lequel je suis toujours un peu nerveux quand je lui parle. Mais mes relations sont très bonnes avec lui et c’est un plaisir de le voir en piste. Je me souviendrai toujours que la première chose que j’ai faite lors du premier run au Qatar a été de faire trois ou quatre tours avec lui. C’est quelque chose qui restera toujours dans ma mémoire. »

Le Français précise par ailleurs il trouve même toujours un peu étrange de pouvoir consulter les datas de son idole italienne.

Autre élément intéressant, “El Diablo” dévoile l’origine de son surnom

« Le surnom est apparu durant mes premières années de pilote en championnat d’Espagne, lorsque je portais une réplique du casque de Roberto Locatelli avec un diable à l’arrière. C’est pour cette raison qu’un de mes premiers adversaires ont commencé à m’appeler comme ça, et le surnom m’est resté jusqu’à présent. »
Son numéro 20, lui est lié à sa date de naissance.

Quand Paolo Scalera demande à Eric Mahé s’il ressent une pression en gérant les différents domaines de la carrière de Fabio Quartararo, la réponse est claire : « rien ! Zéro ! Car nous nous connaissons l’un l’autre, je lui fais confiance, il me fait confiance, et nous sommes dans un bon état d’esprit pour atteindre notre objectif. Donc il s’agit davantage d’un rêve que d’une pression. Je suis donc vraiment heureux et je ne me stresse pas. Je renforce seulement mon énergie mais je ne ressens pas de pression. Zéro. »

Les deux journalistes italiens interrogent alors Eric Mahé sur les points forts et les points faibles de Fabio Quartararo

« Si on parle style de pilotage, je n’ai jamais vu quelqu’un avec cette précision, millimètre par millimètre. C’est quelque chose de très impressionnant. Je pense qu’il a vraiment le talent d’être précis car quand vous observez son pilotage, c’est millimètre par millimètre. Il s’agit selon moi de sa meilleure qualité à propos de son style de pilotage. »
« Ensuite, la seconde, c’est qu’il sait toujours où il est. Je veux dire qu’il ne chute pas beaucoup. Cela signifie qu’il ressent la limite. Il ressent très bien la limite et il peut conserver 0,5% à chaque fois à chaque endroit. Il ne chute donc pas, tout en ayant un bon rythme. »
« Psychologiquement, c’est un garçon très stable et très facile à vivre : il est tout le temps joyeux, il sourit tout le temps, et pour un pilote le fait de ne pas être sous pression est vraiment une qualité. Même si on ne fait pas un week-end parfait, OK, il y a un peu de stress, puis nous plaisantons 10 minutes plus tard. Cela est vraiment bien car notre saison comporte 20 courses, et si nous amenons avec nous notre frustration à la prochaine course, ce n’est pas la bonne façon de procéder. »
« Les points faibles ? Non, zéro ! (rires). Je n’ai pas vu de points faibles et j’espère ne pas en voir. »

Fabio Quartararo est alors interrogé sur ses circuits préférés et ceux qu’il aime moins…

« Mes préférés ? Ils me plaisent quasiment tous. Si je pense seulement un seul tour, le Mugello est selon moi le plus beau de tous car c’est un circuit qui me plaît beaucoup. Après, il y a Jerez, Misano… »
« Au final, un circuit sur lequel tu obtiens de bons résultats est un circuit qui te plaît. Tous les circuits me vont bien, mais c’est vrai que si nous n’allions pas au Sachsenring et à Aragón, ce serait mieux pour moi (rires), car il est vrai que Marc Márquez est vraiment très fort sur ses deux circuits. »

Quel est le secret pour battre Marc Márquez ?

« Si je connaissais le secret, j’aurais gagné des courses l’année passée ! Pour moi, il n’y a pas de secret mais il faut travailler dur et acquérir de l’expérience. L’année dernière, il en était à sa 7e saison de MotoGP. Moi, j’en étais à ma première et j’ai presque gagné en Thaïlande et à Misano. Je pense qu’avec mon expérience de l’année passée, ce ne sera pas plus facile mais un peu moins difficile. Après, je ne pense pas qu’il y a de secret et il faut travailler dur. Quand nous aurons vraiment fait un pas en avant, une bonne qualification, ce moment arrivera. »

Le Français préfère-t-il une course en tête ou une bagarre au corps à corps ?

« Le plus important, c’est la victoire, mais il est vrai qu’une course comme celle à Misano est vraiment difficile au niveau de la concentration. J’avais Marc (Márquez) derrière moi durant toute la course et le fait que j’aurais pu la remporter après avoir fait un seul dépassement, cela me plaît, car je n’ai pas fait une seule erreur durant toute la course. Mais nous verrons, s’il nous arrive de faire une course vraiment en bagarre, ce que nous n’avons pas vraiment fait jusqu’à présent. »

Fabio Quartararo rend ensuite hommage à Andrea Dovizioso : « pour moi, Andrea est un sujet étrange car je ne le vois pas comme un rival alors que durant ces dernières années, c’est lui qui a terminé deuxième, deuxième, et deuxième derrière Marc. C’est peut-être parce ce qu’il est extrêmement discret que les gens ne le perçoivent pas comme un top pilote, alors qu’il va très vite. À mes yeux, il a un style de pilotage vraiment impressionnant, et lors des tests, seuls deux pilotes m’ont impressionné : Marc et Dovi. Dovi parce que quand on a fait les premiers tours en le suivant, on aurait dit qu’il allait 10 secondes plus lentement que ce qu’il fallait, alors qu’il allait très, très vite. Pour moi, c’est un pilote qui va vraiment vite. »

Enfin, nous retenons que Fabio Quartararo aimerait vraiment faire un test avec une Formule 1…

« Je ne vous l’ai pas dit mais je prendrai la place de Vettel l’année prochaine (rires). Non, sérieusement, il est trop tôt pour penser à l’après de ma carrière en MotoGP alors que je ne l’ai pas encore commencée. Ce qui me plairait vraiment, ce serait de pouvoir faire un test avec une Formule 1. C’est un rêve. Ce qui m’impressionne beaucoup, ce sont les vitesses de passages en courbe des Formule 1. C’est quelque chose que j’aime vraiment faire en MotoGP. J’espère pouvoir essayer une Formule 1 pour pouvoir ressentir comment cela fait dans les courbes, avec la vitesse. »

Petronas entendra-t-il l’appel ?





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