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Bagnaia

Si le clan Aprilia exulte après son triplé historique au Mans, un autre garage italien est quant à lui en plein séisme. Pour Francesco « Pecco » Bagnaia, le Grand Prix de France 2026 n’est pas seulement une nouvelle occasion manquée : c’est le point de rupture technique et émotionnel avec Ducati. Un dossier brûlant qui marque la fin d’une ère à Borgo Panigale.

La scène a marqué les esprits : un double champion du monde sortant de son garage comme une tornade, refusant de retirer son casque, fuyant un Davide Tardozzi impuissant.

Bagnaia a été clair sur GPOne. Sa chute au 2e virage n’est pas une simple erreur de pilotage, mais la conséquence directe d’un problème mécanique récurrent. « C’était la même chose qu’à Jerez », a-t-il lâché, pointant sans le nommer le système de freinage qui l’a déjà trahi par le passé.

Pecco marche sur des œufs. S’il refuse d’entrer dans les détails pour ne pas accabler ses ingénieurs, son agacement trahit une rupture de confiance profonde. À 29 ans, le pilote n°63 semble avoir déjà la tête ailleurs.

Les statistiques sont accablantes pour la firme de Bologne. La « disette » de 10 courses sans podium s’étire désormais sur une demi-saison complète, une éternité pour la marque qui dominait encore tout en 2024.

Avec un Marc Marquez à l’infirmerie (fracture du pied après son crash au sprint) et un Bagnaia qui multiplie les abandons (8 sur les 10 dernières courses), Ducati perd pied. Le choix de Ducati de confier le guidon officiel à Acosta pour 2027 a agi comme un catalyseur. Bagnaia, se sachant sur le départ vers Aprilia, n’a plus la patience nécessaire pour essuyer les plâtres d’une GP26 capricieuse.

Pourtant, tout n’était pas noir ce week-end pour Bagnaia. Le retour du « vrai » Pecco a été constaté : pole position record, podium au sprint… L’Italien a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa superbe. « Nous sommes au plus proche des Aprilia en termes de vitesse », a-t-il noté, tout en observant avec envie l’accélération et la stabilité de sa future monture.

« Ce n’était pas une erreur humaine » : Bagnaia accuse Ducati

Bagnaia a cependant changé son approche. Terminée la gestion prudente des points ; il roule désormais pour la gagne pure, quitte à chuter. C’est le comportement d’un pilote qui n’a plus rien à perdre chez son employeur actuel.

Comme le souligne Sylvain Guintoli, Aprilia prend un pari audacieux. En signant Bagnaia pour 2027, ils recrutent un palmarès immense, mais un pilote moralement usé par deux ans de galère technique. Quelle version de « Pecco » arrivera à Noale ?

L’hommage de Bagnaia à Jorge Martin est aussi lourd de sens. « Jorge est clairement un prétendant au titre. » Puis surtout : « C’est précisément pour cette raison que j’ai perdu contre lui. » Pourquoi ? Parce que Martin a appris à accepter les week-ends imparfaits. « Il sait aussi se contenter de ce qu’il a. »

En saluant la force mentale de l’Espagnol et la qualité du soutien d’Aprilia, Pecco envoie une pique à peine voilée à Ducati : là-bas, le pilote est soutenu, même dans les abysses.

Pecco Bagnaia au Mans a montré qu’il était toujours l’un des pilotes les plus rapides du monde, mais aussi l’un des plus frustrés. Sa chute est le symbole d’un mariage qui s’effondre. Le rendez-vous est pris le week-end prochain à Barcelone, mais le cœur de Pecco semble déjà battre au rythme du V4 d’Aprilia.

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