Frankie Carchedi est un britannique d’origine italienne qui n’est pas vraiment connu dans le paddock des Grands Prix. Il a pourtant une grande expérience forgée chez Aspar, en WSBK ou encore en BSB. Et il est surtout le chef mécanicien du Champion du Monde en titre Joan Mir. Cela valait bien un coup de projecteur, manière d’apprendre qui est Joan Mir au travail …

Frankie Carchedi fait partie d’une usine Suzuki en MotoGP dont la philosophie fait rêver l’officiel Yamaha Maverick Viñales. Ce dernier a été des premières heures de l’engagement de la GSX-RR qu’il a quittée pour la M1. A présent, il demande à ses employeurs d’Iwata de s’inspirer de leurs compatriotes d’Hamamatsu dans le sens d’un esprit d’équipe fort qui fait avancer tout le monde dans la même direction.

Il n’y a pas de vedette chez Suzuki, et Carchedi en est la démonstration. Il est ainsi le quasi anonyme du pourtant Champion du Monde Joan Mir… Si Davide Brivio était le plus connu de l’équipe, c’est parce qu’il était le plus exposé. Mais sinon, personne n’accapare quelque chose chez Suzuki, qui semble former un tout. Carchedi dit d’ailleurs : « chez Suzuki, même l’année dernière, il n’y a pas de numéro 1 ou 2. Nous sommes une petite usine. Nous voulons que nos deux pilotes se battent devant. J’adorerais voir Mir gagner encore le championnat mais si Rins le remporte, je serais aussi heureux. C’est une des bonnes choses que Davide Brivio nous a apprises ».

On rappellera que ce dernier est parti exercer ses talents en Formule 1. Il n’a pas été remplacé chez Suzuki qui travaillera désormais en comité : « tout va bien, peu de choses ont changé. Nous avons beaucoup de contacts avec le Japon. Rien n’a changé en préparation. Nous avons toujours eu une relation forte avec le Japon. Maintenant, nous irons plus directement vers Sahara. Pour l’instant, tout va bien, nous travaillons bien ».

Frankie Carchedi : «  nous sommes à cent pour cent ouverts et honnêtes »

Ces considérations générales faites, il est temps de passer au cas particulier Joan Mir. Celui qui est le plus proche de lui dans le box déclare que Marca : « la première fois que nous l’avons vu rouler, nous lui avons dit :” Vous avez clairement quelque chose de spécial.” Nous nous sommes parlé et nous avons dit :” Nous avons des options.” Ensuite, il s’est très bien préparé à se battre pour le championnat. Peu de personne croyait en lui. Nous si. Il était très clair sur ce qu’il voulait et cela n’a pas changé ».

Une détermination qui s’illustre dans une phase de son pilotage : « la meilleure qualité du pilotage de Mir c’est son freinage. D’autres peuvent freiner au même endroit, mais avec moins de pression. Quand il peut utiliser cette qualité, il a un extra ». Mais il y a aussi de la marge de progression : « nous devons nous améliorer en qualifications et en début de course. Il a beaucoup de potentiel, il peut aller plus loin, comme cela s’est produit avec Miller et d’autres ».

Carchedi se souvient aussi : « la première fois qu’il est monté sur la MotoGP, tout était positif. Puis il a commencé à faire des demandes. Il a compris qu’il pouvait faire évoluer la moto. Chaque fois qu’il va ajouter plus d’informations, sur sa position sur la moto, techniquement aussi. Plus il comprend l’électronique, plus il contribue. Pour un jeune homme, c’est très difficile au début. J’espère qu’il sera d’un plus haut niveau cette saison ».

Le chef mécanicien termine sur un aspect relationnel qui n’est pas anodin à ce niveau de la compétition : « avec Mir, nous avons de nombreux autres intérêts. C’est un grand avantage de pouvoir être si proche. A cause du covid, nous passons beaucoup de temps ensemble.  La première chose que je lui ai dite a été :”Nous serons à cent pour cent ouverts et honnêtes.” Et c’est comme ça que ça se passe personnellement et avec la moto. Nous ne cachons pas les informations, même quand quelque chose ne va pas. Nous parlons aussi de beaucoup d’autres choses ».

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