Johann Zarco est le plus expérimenté des pilotes du clan Ducati, mais il n’officie pas au sein du team officiel qui a parié sur la jeunesse de Jack Miller et de Pecco Bagnaia. Un duo qui a semblé être en mesure de mener la barque pour la marque après le Grand d’Espagne à Jerez. Mais deux meetings plus tard, c’est bien le Français qui se retrouve en tête des pilotes équipés en GP21, comme il l’avait été après les deux premières manches au Qatar. Par sa régularité et son métier, le Français fait un excellent travail, non seulement au championnat mais aussi dans le développement de la Desmosedici. Le patron Gigi Dall’Igna est le premier à s’en réjouir…

Si Ducati connait une bonne première partie de saison, c’est sans doute parce que son pilote officiel Jack Miller a remporté deux victoires consécutives tandis que son équipier Bagnaia suivait sur le podium. Mais c’est aussi, et peut-être surtout au vu du classement du championnat pilotes, grâce à la régularité de Johann Zarco, recruté l’an passé et mis sur une GP19 avant d’être promu chez Pramac sur une GP21.

Le double Champion du Monde de Moto2 et trentenaire ne regrette en effet qu’un faux pas au Portugal. Sinon, il engrange et s’abonne même à la place de second, ce qui l’amène à se retrouver comme la plus proche menace de son compatriote Fabio Quartararo, qu’il suit de 14 points. Une constance qui avait parfaitement réussi à un certain Joan Mir l’an passé. Et on sait quelle a été la destinée de l’officiel Suzuki.

Sur cette performance et cette position dans la course au titre, Johann Zarco avait commenté au soir du Grand Prix de Catalogne : « pour moi, ce serait bien de gagner mais clairement, la deuxième place, 20 points, c’est toujours génial pour moi. Donc, je ne suis pas trop inquiet pour la victoire et ne me mets pas trop de pression parce que je crois que ça peut venir quand tout sera encore mieux maîtrisé. Mais je continue à grandir sur la moto et c’est un sentiment agréable ».

« Je sens que la Ducati a un énorme potentiel, j’essaie de faire de mon mieux pour l’utiliser chaque fois de mieux en mieux, et quand toutes les situations seront bien contrôlées, peut-être que j’aurai la victoire. Je vois toujours qu’il manque quelque chose ». Certes, mais si le Français progresse sur la Ducati, il fait aussi avancer la moto.

Gigi Dall’Igna : « Johann Zarco nous a certainement aidé à comprendre »

Une contribution à l’œuvre globale du constructeur en MotoGP qu’a souligné Gigi Dall’Igna : « l’objectif était d’améliorer certains aspects du châssis et les situations de course dans lesquelles nous nous battions. La contribution de Johann est importante car elle vient d’une expérience intéressante et différente. Cela nous a certainement aidé à comprendre comment aller dans cette direction ».

Un progrès qu’il sera intéressant de vérifier lors du prochain rendez-vous du Grand Prix d’Allemagne qui se déroulera sur un Sachsenring aux airs de tourniquet, soit loin des grands espaces qu’aiment tant dévorer la Desmosedici : « on va au Sachsenring comme ici à Barcelone, avec la certitude d’avoir amélioré la moto en général » dit le patron de Ducati Corse. « Ce sera une piste tout aussi importante pour comprendre comment nous nous débrouillons sur ce type de tracé ».

Au fait, lors des éditions précédentes au Sachsenring, Marc Márquez n’avait pas de rival, mais cette année la musique risque d’être différente : « il est toujours difficile de parler de rivaux. Je n’ai pas les éléments pour juger de ce que Honda à fait pendant l’absence de Marc Márquez et où se situe vraiment le problème. J’ai déjà trop de problèmes pour y penser » termine Dall’Igna.



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