Le paddock des Grands Prix serait-il finalement rattrapé par la crise économique qui est la conséquence collatérale de son pendant sanitaire ? Jusque-là, la gestion du promoteur Dorna et l’intelligence des protagonistes dans leur ensemble a réussi à amortir le choc de cette pandémie, mais le milieu ne peut que constater les dégâts lorsque les partenaires annoncent faire défection pour 2022. Les signaux envoyés par Gresini, SRT et VR46 ne sont pas bons pour la prochaine campagne. Explication…

Avec un VR46 annonçant l’arrivée d’une manne économique saoudienne, on commençait à se persuader que le MotoGP en particulier et les Grands Prix en général avaient finalement suffisamment de notoriété pour ne pas être impactés par le ralentissement économique fruit de la crise sanitaire. A côté de ça, le discours politique d’une écologie punitive remodelant un monde sans moteur thermique n’engage pas à s’investir dans cet univers mécanique promis à l’épuration à l’horizon 2030. Autant d’éléments définissant la réalité d’un environnement hostile qui s’est révélé avec encore un peu plus de clarté lorsqu’il est devenu évident que les annonces saoudiennes n’étaient que des mirages. Et pas une oasis. Pendant ce temps, la désertification du paddock menace.

En effet, la VR46 aura certes son aventure MotoGP avec Ducati en 2022, mais sa dimension sera bien moindre qu’escomptée au moment de son annonce avec le soutien d’un prince dont la crédibilité repose sur du sable. Dans le même temps, le Malaisien Petronas a décidé de jeter l’éponge à la fin de cette année, laissant la structure SRT sans le sou. Son patron Razlan Razali a déjà fait ses choix en se coupant de ses structures Moto2 et Moto3 et en élaborant avec Yamaha une nouvelle organisation pour le MotoGP qui sera révélée à Misano.

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Dans le paddock les rangs s’éclaircissent déjà en Moto3

Ce n’est pas tout. Chez Gresini, c’est peu ou prou la même situation. Le team disparaitra an 2022 du Moto3 une catégorie où il a remporté 12 victoires, 52 podiums, un titre avec Jorge Martin en 2018 et des accessits dans le trio de tête avec Bastianini et Di Giannantonio. Par ailleurs, le soutien annoncé de Flex Box pour son nouveau chapitre d’indépendant Ducati en MotoGP, après une période de soutien d’Aprilia depuis 2015, battrait de l’aile. Au mieux, l’investissement serait revu à la baisse. Là aussi, un plan B est pensé avec notamment l’enseigne Leopard qui veut depuis déjà un moment se montrer en MotoGP. Une sorte de filière serait évaluée avec le Moto3.

On en est là à six Grands Prix de la fin de saison, et alors que le 15 septembre Dorna devrait annoncer les premières listes des engagés en 2022. Déjà, en Moto3, deux structures majeures sur les quatorze présentes devaient manquer à l’appel, soit SRT et Gresini.

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