Hervé Poncharal est le patron d’un team Tech3 partenaire de KTM qui compte deux victoires contre une à la structure usine. De même, chez Yamaha, six des sept succès 2020 de la M1 ont été apportés par Petronas, l’équipe satellite de Yamaha, qui n’a pu que sauver l’honneur avec un seul succès sous ses propres couleurs. Le point commun entre ces deux faits ? Une saison 2020 qui a révélé un plateau où tout le monde pouvait avoir droit au chapitre. Y compris dans la conquête du titre. Une exception ? Hervé Poncharal ne le croit pas. On serait même entré dans une nouvelle ère en la matière …

Le MotoGP serait-il arrivé à ses fins en présentant une grille de départ tellement équilibrée qu’il serait compliqué d’en sortir un favori ? Sauf à être de la trempe de Marc Marquez … Mais côté technique, bien malin est celui qui peut maintenant prédire qui peut faire une vraie différence. Et cela vaut pour toutes les écuries …

Entendez par là que l’époque où il a fallu attendre neuf ans avant de revoir une moto d’une écurie qui n’est pas d’usine gagner est révolue. L’attente avait commencé en 2006 avec un Toni Elias vainqueur sur une Honda Gresini à Estoril et s’était terminée avec Jack Miller à Assen, qui avait concrétisé sur la piste séchante d’Assen sur la Honda aux couleurs de Marc VDS.

Avec le manufacturier unique, l’électronique standard, l’implication de plus en plus marquée des constructeurs dans leurs structures alliées, l’écart s’est forcément resserré. Aujourd’hui, le règlement technique est figé jusqu’en 2022. Les différences d’évolution entre les motos vont être ténues …

En 2020, pas moins de huit victoires sur 14 courses sont revenues à des teams qui n’étaient pas d’usine. 2021, selon Hervé Poncharal confirmera la tendance : « il faut remercier les règles techniques, les bons pilotes et toutes les usines qui croient en leurs équipes satellites et les soutiennent », souligne le Français, en pensant aux responsables de Dorna, FIM, MSMA et IRTA.

Hervé Poncharal : « les équipes satellites ont l’opportunité de se battre pour le titre »

« Les équipes satellites ont l’opportunité de gagner des courses et de se battre pour le titre mondial. J’en suis presque sûr » lâche le tricolore. « 2020 a bien sûr été une saison folle. Joan Mir est bien sûr un champion du monde mérité, mais cela s’est produit de manière complètement inattendue ».

Il explique : « pratiquement toutes les équipes satellites ont les mêmes motos que les équipes d’usine et bénéficient d’un soutien complet. J’ai le plus grand respect pour notre équipe d’usine, mais nous avons gagné plus de courses qu’elle l’année dernière. Si vous regardez ce qui s’est passé à Jerez 2 et Spielberg 1, alors peut-être que nous aurions pu être l’équipe KTM la mieux placée du championnat », a déclaré Poncharal sur Motorsport-total, rappelant les abandons de Miguel Oliveira, victime de faits de course. « Chez Yamaha, l’équipe satellite était la meilleure équipe » rappelle-t-il au sujet de Petronas.

Alors, n’est-ce plus qu’une question de temps avant qu’une équipe satellite ne remporte le Championnat du Monde ? « Oui, je pense que oui. Pratiquement tout le monde sur le terrain peut gagner des courses et de nombreux pilotes sont éligibles pour le titre mondial », termine Hervé Poncharal. Il est révolu le temps où l’équipe cliente devait se contenter de vieilles motos pour des accessits …

 



Tous les articles sur les Pilotes : Miguel Oliveira

Tous les articles sur les Teams : Tech3 KTM Factory Racing