Avec Pol Espargaro et Mika Kallio forfaits en raison de blessures, Bradley Smith a été le seul pilote KTM présent à domicile au Grand Prix d’Autriche en MotoGP. Florian Ferracci, mécanicien de Bradley et ancien pilote de haut niveau, ainsi que toute l’équipe KTM ont eu une grosse pression, avec tous les dirigeants et les fans de la marque présents. Florian, comment l’avez-vous gérée ?

« A vrai dire tout s’est bien passé. Au niveau de Bradley, il a d’entrée très bien roulé malgré la pression qu’il avait sur les épaules. Il a fait une très bonne première séance d’essais libres, à 0.1 de la qualification provisoire pour la Q2. Il était quinzième à 1.1 et le dixième pointait à 1.0. En FP2 et FP3 sur le mouillé il a fait de très bons chronos, mais c’est la FP1 sur le sec qui a été déterminante, donc il a dû passer par la Q1. »

Lors des qualifications du GP d’Autriche, Bradley s’est classé 13e, mais à seulement 1.004 de la pole position de Marc Marquez. Terminer la séance qualificative en 13e position devant Valentino Rossi 14e a-t-il été une source de satisfaction ?

« Bradley a manqué le passage de la Q1 en Q2 avec le troisième temps de la Q1, à 1 centième du deuxième de cette Q1 Alex Rins. Il se qualifiait ainsi au milieu du paquet.

« Il a fait ensuite un très bon warm up, sixième à 0.6 du meilleur chrono d’Andrea Dovizioso. La moto se comportait très bien, le choix des pneus était fait. Et il avait réalisé des chronos réguliers pendant tout le warm up. Tout ça était très encourageant pour la course.

« Terminer devant Valentino Rossi a été une petite source de satisfaction, mais malgré tout c’était plutôt la déception qui régnait pour avoir raté la Q2 de si peu ! Le sentiment était mitigé. Que Valentino ait été derrière a peut-être été une petite satisfaction pour Bradley, mais nous (les techniciens) on pense à autre chose. On considère plutôt ceux qui sont devant que ceux qui sont derrière (rire). »

Smith a terminé la course du GP d’Autriche à 7 secondes de Maverick Vinales et 3 d’Andrea Iannone. Etant seul à mettre au point la moto, car sans coéquipier, était-ce un bon résultat ?

« C’est pareil, c’est un sentiment mitigé. Après son excellent warm up avec le sixième temps, on espérait une place dans les dix premiers. Au départ, il s’est très bien faufilé pendant le premier tour. Il a même un moment été neuvième, avant de passer ensuite onzième.

« Après il avait des pilotes derrière lui comme Maverick qui l’ont doublé. Il n’a jamais retrouvé en course le rythme qu’il avait au warm up. C’était dû à la température beaucoup plus élevée en course qu’au warm up. On a eu des problèmes de grip de l’arrière, comme tout le monde je suppose.

« Mais Bradley aura réussi à se maintenir dans les 15 premiers en passant Aleix Espargaro tout à la fin. On espérait un petit peu mieux. Pit Beirer (ndlr : Directeur de KTM Motorsport) après l’arrivée a relativisé tout ça en constatant qu’on avait marqué des points, et donc qu’il ne fallait pas se plaindre parce que ça aurait pu être pire. »

Au GP d’Autriche, Marco Bezzecchi a gagné en Moto3 et Miguel Oliveira terminé deuxième en Moto2 sur KTM. Cela a-t-il satisfait l’équipe et les supporters du constructeur autrichien ?

« Ah oui ! Il est sûr qu’au niveau de l’usine, du public et de tout le monde présent, le fait que Bezzecchi gagne a été un grand plaisir. Il a super bien géré sa course, du départ à l’arrivée. Malgré les pilotes collés à lui, il n’a pas craqué et ça a été vraiment une grande satisfaction.

« Pour en revenir à Bradley, il faut bien avoir conscience qu’il avait tout ce poids sur les épaules, contrairement à l’an dernier où il y avait trois pilotes officiels KTM – avec Mika et Pol. Evidemment il avait envie de bien faire, mais si on en fait un petit peu trop on peut se retrouver par terre. Il était difficile de trouver la limite. Ça aurait été une catastrophe s’il n’avait pas pu finir la course en raison d’une chute ou d’un problème mécanique. Pour nous, c’est quand même une satisfaction qu’il ait finit la course, et dans les points. On progresse, c’est sûr. A l’arrivée de la course de 28 tours, il était à 29 secondes du vainqueur donc c’était loin d’être catastrophique. »

Randy de Puniet est désormais pilote de développement de la RC16 en remplacement de Mika Kallio, blessé, pour la fin de 2018. Son arrivée te fait-elle plaisir ?

« Ça me fait déjà très plaisir pour lui parce qu’il le mérite largement. On a absolument besoin d’un pilote pour remplacer Mika car sinon les pilotes titulaires sont obligés d’essayer de nouvelles pièces pour améliorer la moto pendant les week-ends de GP et ce n’est pas l’idéal quand on veut être dans les dix premiers. C’est compliqué…

… surtout avec un seul pilote.

« Oui surtout avec un seul pilote, dont le rôle est de se concentrer pendant un week-end de course pour faire des chronos et préparer sa moto pour le Grand Prix. On ne peut pas en plus lui faire essayer des pièces en plein milieu de séances d’essais. Une séance ne dure que trois quarts d’heure et la météo n’est pas toujours favorable. Donc ça fige un peu le développement de la moto. »

Trouver un pilote pour remplacer Pol Espargaro à Silverstone en plein milieu de la saison est-il difficile ?

« C’est très difficile. Mais Pol a vraiment l’intention de courir à Silverstone. S’il le dit, c’est qu’il se sent capable de le faire. Trouver un autre pilote ne me semble pas faisable. Pol va probablement au moins essayer de faire quelques tours pour évaluation. »

Cette année, tu travailles pour Bradley Smith avec Esteban Garcia comme chef mécano. L’année prochaine, tu seras avec Johann Zarco sous la responsabilité de Marcus Eschenbacher, actuellement chef d’équipe pour Aleix Espargaro chez Aprilia. Comment envisages-tu la transition ?

« Je pense que ça va très bien se passer. J’ai croisé Johann plusieurs fois dans le paddock et il a très envie de monter sur cette moto. Il a hâte d’en être à la fin de saison pour l’essayer. Marcus quant à lui a beaucoup d’expérience. Il est depuis très longtemps dans les paddocks. On s’habituera à lui. L’équipe des mécaniciens et électroniciens restera identique. Chacun y mettra du sien. Johann, Marcus et les mécanos sont tous des gens d’expérience et il n’y a pas de stress à ce niveau-là. »

Photos © Philip Platzer et Gold and Goose pour KTM

Vidéo © motogp.com / Dorna pour KTM Factory Racing



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