Fabio Quartararo a fait un sans faute lors des deux premiers Grands Prix disputés sur le même tracé à Jerez. A chaque fois, le Français a réalisé la pole-position avant de filer vers la victoire. Maverick Viñales a pris la même leçon en deux week-ends successifs, ce qui ne peut que l’ébranler dans son ambition d’apparaître comme le leader chez Yamaha. Mais pour arriver à ces superbes résultats, il faut, certes, du talent, mais aussi bien travailler avec son équipe et savoir écouter tout le monde. Un paramètre que Michelin met en exergue, en expliquant comment Fabio Quartararo a su parfaitement tirer parti de son capital pneumatique en Andalousie…

Gagner un Grand Prix et dominer un meeting, ce n’est plus seulement aujourd’hui mettre la poignée dans le coin. Il faut, en plus de cela, avoir les nerfs solides et une solide réflexion pour élaborer des stratégies dont chaque élément est un rouage essentiel pour mettre en branle la machine du succès. Une démarche que Michelin décrit par le menu en faisant le bilan du parcours du vainqueur, et leader du championnat avec le maximum de points possibles en deux occasions, Fabio Quartararo.

Le Français, mais aussi les trois autres pilotes Yamaha et Alex Rins, a ainsi mis en œuvre une recommandation de Michelin pour rendre le pneu arrière soft plus résistant à la chaleur dans les températures élevées de Jerez. La température de la piste était de 59 degrés Celsius, selon les informations officielles. Dans cette chaleur, la manipulation des pneus est cruciale.

Avant la course dimanche, Michelin a informé les équipes que leur recommandation pour la course était le pneu arrière soft. Mais pas dans n’importe quelle condition : ce pneu devait être rodé au préalable et avoir un cycle thermique derrière lui. Les pilotes ont donc été invités à effectuer un tour de chauffe, un tour rapide et un retour lent aux stands avec ce pneu de course. Quartararo et Rins l’ont fait lors du warm-up.

Tous deux l’ont fait dans les premières minutes de la séance. Quartararo a ensuite sauté sur sa deuxième moto, puis a parcouru huit tours avec un pneu usé. La plupart des équipes ont effectué un run plus long avec plus de trois tours (Ducati, Honda et KTM) ou deux runs plus longs (Aprilia) pendant ce warm-up.

La recette pour bien faire cuire un pneu avant de le servir

« De temps en temps, nous donnons aux équipes des recommandations qui, selon nous, peuvent les aider », a déclaré un porte-parole de Michelin à Motorsport-Total.com. « Mais c’est à eux de décider si vous souhaitez les mettre en œuvre ».

Lorsque le pneu commence à rouler, un petit film s’échappe de la surface. Ensuite, il faut laisser le pneu refroidir avant de le remettre dans une couverture chauffante. Ce processus provoque une réaction chimique dans le caoutchouc, ce qui rend le pneu plus résistant à la chaleur.

« Vous faites ces trois tours et ensuite vous laissez refroidir le pneu », explique Michelin. « Quand il refroidit, vous le réchauffez à nouveau avec la couverture chauffante jusqu’à la course. Ce processus rend le pneu plus résistant à la chaleur et peut faire baisser la température jusqu’à dix degrés ». Quartararo l’a mis en œuvre de manière optimale et a pu prendre une longueur d’avance dans la phase initiale.

« Ce fut une course très difficile », a déclaré le Français. « Habituellement, nous commençons avec un pneu neuf, mais cette fois nous avons décidé d’en prendre un qui avait fait trois tours lors du warm-up. Nous avons donc commencé la course avec un pneu usagé. Cela a fonctionné et je tiens à féliciter l’équipe pour cela ». Quand El Diablo se niche dans les détails…

Enfin, on précisera que selon motogp.com, la recette préconisée par Michelin avait été suivie par les quatre pilotes Yamaha.

 



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