Ramon Forcada, le responsable technique de Maverick Vinales, a expliqué sur l’antenne de Movistar la nature des problèmes rencontrés cette année par les pilotes officiels Yamaha.

Comme nous l’a confié Éric de Seynes (Voir ici), ceux-ci viennent principalement d’une électronique pas encore assez bien adaptée au moteur 2018, un problème que ne rencontre pas Johann Zarco avec son propulseur 2016 plus docile.

Chez les bleus, il en résulte un manque de motricité d’autant plus flagrant que l’adhérence de la piste est faible, par nature ou à cause de températures élevées.

Ramon Forcada : «Ce n’est pas une situation irréversible. La Yamaha, dans des situations de faible adhérence, souffre. L’année dernière nous nous sommes bien débrouillés ici (au Mans), il faudra voir à quel point l’adhérence est toujours présente au Mans. Le problème est que nous ne sommes pas en mesure d’obtenir plus d’adhérence en utilisant l’électronique.Il n’y a pas de cause unique. Le problème est un tout. Une moto est un ensemble composé du pilote, du moteur, du châssis et des pneus… ! Si on parlait d’une seule chose, il serait très facile de mettre l’électronique de l’année dernière, mais le moteur a changé et il a besoin d’une électronique différente.
L’année dernière, après Le Mans, le pneu avant a été changé: cela vous oblige à changer la moto, car pour que ce pneu fonctionne bien, vous devez changer d’autres choses. Tout cela fonctionne s’il y a une bonne adhérence, mais avec l’électronique, nous ne pouvons pas profiter de l’adhérence ou de la motricité que le pneu peut avoir. C’est notre problème.

Pour faire la moto de cette saison, le moteur a été choisi par les deux pilotes ; ils l’ont accepté, et ensemble ils ont dit qu’il fonctionnait bien. Le problème est que, par règlement, le moteur doit être unique pour toute l’équipe. Pourtant, vous avez deux pilotes comme Maverick et Valentino, dont l’un a dix centimètres de plus que l’autre, pèse quinze kilos de plus et pilote différemment.  Pour le cadre, les pneus ou l’électronique, tout le monde peut choisir sa solution. Une fois le moteur convenu lors des essais de pré-saison, le cadre a été réalisé. Plus tard, ils en ont essayé un autre au Qatar et ils l’ont aimé, mais ils n’ont pas eu le temps de le changer pour cette année, c’était trop tard. Il était impossible de les construire, de les sceller et de les avoir à temps pour la première course. Chaque fois que vous essayez quelque chose que vous savez que vous ne pouvez pas avoir, c’est un problème pour le pilote, mais cela donne des informations à l’équipe et c’est pourquoi il a été décidé d’essayer cela. Au Japon, les ingénieurs ont une idée de la marche à suivre pour résoudre ces problèmes de motricité. Évidemment, il s’agit de faire un moteur de type Zarco, mais nous n’avons pas pu l’utiliser. »

Depuis que les pilotes officiels ont fait la dernière course de la saison 2017 avec le même châssis que Johann Zarco, mais des performances bien différentes, le pilote français reste cependant un mystère pour le moment inexpliqué par le team d’usine…

« Conformément à la réglementation, nous ne pouvons pas utiliser le package (châssis et moteur) de Zarco, mais la seule différence entre sa moto et notre moto est le moteur. Il est différent, unique et exclusif. Si vous prenez la moto de Zarco, ça lui va, mais pour Valentino ou Maverick, je ne sais pas si ça marcherait de la même manière ».

Apparemment, non…

L’affaire se complique avec la gomme laissée par les Moto2…

« Le plus gros problème est lorsque la piste n’a pas beaucoup d’adhérence. Nous roulons après les Moto2, quand il n’y a pas beaucoup de gomme (Michelin) sur la piste , donc nous avons quelques problèmes. S’il y a un test après une course MotoGP, les choses vont très bien pour nous. »

Cette circonstance rend le travail des ingénieurs plus difficile , car si l’on croit avoir trouvé quelque chose lors des essais MotoGP IRTA, le revers ne tarde pas à surgir, en général dès la course suivante.

Avec un moteur figé pour l’année et une électronique à la traîne, le chemin semble donc encore long et laborieux pour gagner les quelques petits dixièmes qui séparent actuellement les Yamaha bleues de la plus haute marche du podium…



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