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Jorge Martin

Pendant des mois, le feuilleton Jorge Martin-Aprilia a été présenté comme une simple affaire contractuelle. Une clause. Un désaccord. Une envie de départ prématurée. Mais à écouter le champion du monde MotoGP 2024, la réalité semble bien plus profonde…

Car derrière son futur transfert chez Yamaha pour 2027 se cache en réalité une conviction technique qu’il nourrit depuis plusieurs années : l’Espagnol est persuadé que la prochaine révolution réglementaire va rebattre totalement les cartes et replacer les constructeurs japonais au sommet.

Une déclaration qui pourrait bien faire grincer quelques dents du côté de Ducati, Aprilia et KTM. Invité du podcast Gypsy Tales, Martin est revenu sur les événements qui ont entouré sa volonté de quitter Aprilia après ses blessures. « Les gens ne savent pas ce qui s’est passé en coulisses, et je pense qu’ils ne le sauront jamais exactement, parce que nous ne le dirons pas », explique-t-il.

L’Espagnol reconnaît que sa longue période de convalescence a profondément modifié sa façon de voir son avenir.

« J’étais encore au Qatar quand mon manager m’a appelé pour me parler d’une opportunité. À ce moment-là, j’ai commencé à douter. Je ne savais pas si je serais capable de remonter sur une moto. Je ne savais pas si je pourrais retrouver mon niveau. »

Dans cet état d’esprit, Martin cherchait avant tout un projet stable. « Je voulais prendre mon temps. Je ne voulais pas revenir avec la pression de devoir immédiatement prouver que j’étais toujours le même pilote. Je voulais m’engager sur le long terme. »

Jorge Martin

Jorge Martin : « Les Japonais savent fabriquer des motos, c’est certain »

Mais ce n’est pas la seule explication. La véritable révélation intervient lorsqu’il évoque la future réglementation MotoGP. « J’ai toujours pensé que 2027 serait l’année des Japonais. »

Une phrase lourde de sens. Car Martin ne parle pas ici de marketing ou d’investissements. Il parle de technique. Depuis l’annonce du règlement 2027, qui verra l’arrivée des moteurs 850 cc, la réduction de l’aérodynamique et la disparition des dispositifs de correction d’assiette, le champion du monde est convaincu que le MotoGP reviendra vers des fondamentaux qui ont longtemps fait la force de Honda et Yamaha.

« Depuis que j’ai entendu parler de cette réglementation, je n’arrête pas d’y penser. C’est aussi pour cela que j’ai considéré que c’était une bonne option. » Selon lui, les futures motos ressembleront davantage à celles qui ont permis aux constructeurs japonais de dominer pendant des décennies. « Ils savent fabriquer des motos, c’est certain. »

Puis il développe son raisonnement. « J’ai l’impression que nous revenons un peu en arrière : davantage de vitesse de passage en courbe, moins de puissance, moins d’aérodynamique. »

Une analyse qui n’est pas isolée dans le paddock. Depuis plusieurs mois, de nombreux observateurs estiment que les constructeurs européens ont bâti leur domination actuelle autour de domaines qui seront fortement réduits en 2027 : l’aérodynamique sophistiquée, les dispositifs d’abaissement et la puissance brute.

À l’inverse, Yamaha et Honda ont historiquement excellé dans la vitesse de passage en courbe, l’équilibre général des châssis et la maniabilité. Autrement dit, les qualités qui pourraient redevenir décisives dans la prochaine génération de MotoGP.

Reste désormais à savoir si Jorge Martin est visionnaire ou simplement optimiste. Car les constructeurs européens disposent encore de temps pour préparer cette révolution technique. Mais lorsque Jorge Martin a choisi Yamaha, il ne regardait pas seulement 2027 comme un changement d’équipe. Il regardait déjà 2027 comme un changement d’ère. Et il semble convaincu d’avoir choisi le bon camp avant tout le monde.

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