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Commission

Le Grand Prix Commission vient d’officialiser trois décisions majeures qui vont profondément modifier le MotoGP dans les prochaines années. Derrière des annonces techniques se dessine en réalité une philosophie très claire : rendre les courses plus sûres, plus lisibles et limiter l’escalade technologique qui a progressivement transformé les prototypes en véritables laboratoires roulants. Mais il y a aussi un message pour Ducati …

C’est sans doute la décision la plus symbolique. À partir du Grand Prix des Pays-Bas 2026, les dispositifs de départ avant seront interdits en MotoGP. Cette décision intervient après plusieurs mois de débats et après les inquiétudes exprimées par les pilotes concernant les départs.

Carlos Ezpeleta avait révélé à Brno une statistique particulièrement frappante : « Depuis l’introduction du dispositif d’abaissement de l’avant, les accidents au premier virage ont triplé par départ. » L’objectif est donc clair : retrouver un comportement plus naturel des motos au freinage du premier virage.

Cette mesure représente aussi une petite victoire pour ceux qui considèrent que le talent du pilote doit reprendre davantage de place face aux artifices électroniques et mécaniques. Pedro Acosta, Fabio Quartararo, Alex Rins et Luca Marini avaient justement participé aux essais réalisés à Brno. Les avis étaient partagés, mais tout le monde savait que la suppression était devenue pratiquement inévitable. Cette interdiction arrive seulement quelques mois avant la révolution technique des 850 cc prévue pour 2027.

Par ailleurs, la grille change dès le Sachsenring. Contrairement à certaines rumeurs, le MotoGP ne passera pas à des départs à deux pilotes par ligne. Le format historique est conservé : trois pilotes par rangée. Mais avec un espacement accru. La distance entre les lignes passera de : 9 mètres actuellement à 12 mètres à partir du Grand Prix d’Allemagne 2026.

L’objectif est là encore la sécurité. Les premiers virages sont devenus extrêmement agressifs avec les dispositifs d’abaissement, l’amélioration des départs et la densité du plateau. Cette mesure devrait réduire les effets d’accordéon observés régulièrement depuis plusieurs saisons. Elle constitue également un compromis politique : améliorer la sécurité sans bouleverser l’identité visuelle des départs MotoGP.

MotoGP Assen

Ducati directement visée par la Commission?

La troisième décision est probablement la plus stratégique. À partir de 2028, aucun constructeur ne pourra aligner plus de six motos sur la grille MotoGP. Cette règle restera toutefois en vigueur tant qu’au moins cinq constructeurs participent toujours au championnat.

Derrière cette formulation se cache un sujet sensible : l’influence de Ducati. Aujourd’hui, la marque de Borgo Panigale bénéficie d’un avantage considérable grâce à la quantité de données recueillies auprès de ses nombreuses motos.

Cette domination statistique permet d’accélérer le développement, de multiplier les essais grandeur nature, de détecter plus rapidement les bonnes solutions techniques. En limitant à six motos maximum, Liberty Media et la Commission semblent vouloir éviter qu’un constructeur puisse contrôler une trop grande partie de la grille.

L’objectif n’est pas officiellement de pénaliser Ducati. Mais difficile de ne pas voir dans cette mesure une volonté de préserver l’équilibre sportif à long terme.

Pris séparément, ces trois changements peuvent sembler modestes. Pris ensemble, ils racontent autre chose. Ils montrent que le MotoGP entre dans une nouvelle phase où la priorité n’est plus uniquement la performance technologique.

La sécurité redevient centrale. L’équilibre sportif redevient une préoccupation majeure. Et surtout, Liberty Media commence à imprimer sa marque. Carlos Ezpeleta expliquait justement à Brno vouloir transformer les 22 Grands Prix en « 22 Super Bowls ». Pour atteindre cet objectif, le championnat doit être plus spectaculaire, mais aussi plus compréhensible pour le grand public.

Or un MotoGP où les départs deviennent moins artificiels, où les écarts technologiques se réduisent et où aucun constructeur ne monopolise la moitié de la grille correspond parfaitement à cette vision.

Après le « Pacte de Brno » qui a sécurisé la présence des cinq constructeurs jusqu’en 2031, cette annonce constitue probablement le premier véritable acte de la nouvelle ère MotoGP. Et ce n’est sans doute que le début.

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