Kimi Antonelli aborde la trêve estivale en position idéale. Leader du championnat du monde avec six victoires en onze Grands Prix, le jeune pilote Mercedes possède 50 points d’avance sur Lewis Hamilton et apparaît comme le grand favori pour décrocher son premier titre mondial. Pourtant, Gerhard Berger refuse de considérer le championnat comme joué.
L’ancien pilote de Ferrari et McLaren estime que la saison 2026 est encore loin d’avoir livré son verdict et rappelle qu’en Formule 1, les retournements de situation peuvent être spectaculaires. Pour illustrer son propos, Berger prend l’exemple de la saison précédente. « Pendant la pause estivale de 2025, Oscar Piastri était le grand favori pour remporter le titre », rappelle-t-il.
L’Australien semblait alors contrôler le championnat avant de voir sa dynamique s’effondrer lors de la seconde moitié de saison. Lando Norris avait finalement inversé la tendance pour décrocher le titre mondial, tandis que Max Verstappen terminait également devant lui.
Pour Berger, cette histoire constitue un rappel précieux. Même lorsqu’un pilote paraît intouchable à mi-saison, rien ne garantit qu’il conservera cet avantage jusqu’à la dernière manche.
Néanmoins, l’ancien pilote autrichien ne cache pas son admiration pour Antonelli. « Antonelli semble vraiment spécial, c’est indéniable », estime-t-il. Il souligne néanmoins que la pression exercée par George Russell au sein de Mercedes démontre à quel point la moindre baisse de régime peut coûter cher dans un championnat aussi relevé.
Selon Berger, la lutte oppose aujourd’hui deux approches très différentes. D’un côté, Antonelli incarne la jeunesse, l’audace et la vitesse naturelle. De l’autre, des pilotes expérimentés comme Lewis Hamilton disposent d’une connaissance stratégique du championnat qui leur permet souvent de revenir progressivement dans la course au titre.
« Il est risqué de parier sur le vainqueur. L’an dernier, tout le monde voyait Piastri battre Norris, puis la situation s’est totalement inversée. C’est la nature même de la Formule 1 : tout reste ouvert jusqu’à la dernière course. »

Gerhard Berger : « C’est la nature même de la Formule 1 : tout reste ouvert jusqu’à la dernière course »
Avec encore plus de la moitié de la saison à disputer, Berger estime donc que Mercedes devra éviter toute forme de relâchement. Ferrari, McLaren et Red Bull ont nettement réduit leur retard ces dernières semaines, rendant la seconde partie du championnat beaucoup plus incertaine qu’elle ne semblait l’être au printemps.
Berger rappelle une réalité fondamentale des championnats modernes de Formule 1 : 50 points d’avance ne constituent plus une garantie absolue. Entre les Grands Prix, les courses sprint, les évolutions techniques, les pénalités, les abandons et les incidents de course, un avantage conséquent peut disparaître en quelques week-ends.
Son parallèle avec Oscar Piastri est pertinent, même si chaque saison possède sa propre dynamique. Antonelli bénéficie aujourd’hui d’un avantage que Piastri n’avait peut-être pas : une remarquable régularité et une Mercedes qui reste, malgré le retour de Ferrari, McLaren et Red Bull, la référence technique du plateau.
En revanche, Berger met le doigt sur un élément essentiel : la psychologie du championnat. À mesure que l’écart se réduit, la pression change de camp. Le leader doit gérer son avance tandis que ses poursuivants peuvent prendre davantage de risques. C’est souvent à ce moment-là que les erreurs apparaissent.
Antonelli reste logiquement le favori pour le titre mondial 2026. Mais si Ferrari poursuit sa progression, si Hamilton continue de marquer régulièrement de gros points et si McLaren ou Red Bull s’invitent durablement dans la lutte, la seconde moitié de saison pourrait être beaucoup plus disputée que ne le laisse penser le classement actuel. Berger rappelle ainsi que, en Formule 1, un championnat ne se gagne jamais au mois d’août, mais seulement lorsque le drapeau à damier tombe sur la dernière course de la saison.










