En ce samedi 15 mai 2021, Fabio Quartararo a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit Bugatti du Mans à l’issue de la deuxième journée du Grand Prix de France récompensée par une troisième pole position consécutive.

Nous sommes allés écouter en conférence de presse (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe actuellement la 2e place du championnat après avoir dû concéder le leadership à Jerez suite à un problème physique à son avant-bras droit.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Fabio Quartararo sans la moindre mise en forme.


Fabio, félicitations pour votre pole position, à nouveau ici au Mans. Vous l’avez obtenue lors de votre dernier tour durant une journée très délicate. Quelques jours après votre opération du syndrome des loges, c’est très significatif. Racontez-nous votre tour de qualification !

Fabio Quartararo : « Oui, c’était une journée difficile, car dans le premier run de la FP3 ça s’est très bien passé avec plus d’eau sur la piste : c’était plus facile pour nous. Et dès que la piste a séché, tout le monde a amélioré. Nous avons également amélioré mais quasiment rien. Donc dans des conditions mixtes avec les pneus pluie, c’est très difficile pour nous et c’est donc bien que la piste ait séché pour les qualifications. Le dernier secteur est un peu délicat au début, mais oui, je me suis poussé moi-même à la limite dans le dernier tour et j’ai failli perdre l’avant dans le virage 11. Je ne savais même pas que j’avais fait la pole position car j’ai vu les trois motos dans le parc fermé, mais au dernier moment j’ai vu mes mécaniciens et c’était vraiment cool. »

Quel est le problème de Yamaha dans ce genre de conditions mixtes, ni complètement sèches, ni complètement mouillées ?

« Il semble que dans des conditions moyennement mouillées, quand on peut mettre les slicks, ce n’est pas mal, mais quand on doit sortir avec les pneus pluie (soupir), nous n’avons pas d’accélération avec la moto. Je me suis retrouvé derrière plusieurs pilotes avec des motos différentes et nous peinons beaucoup au niveau de la motricité. Honnêtement, je me sens bien dans les zones de freinage et dans les passages en course, mais quand ça sèche c’est très difficile. Je ne sais pas pour les autres pilotes mais je sais que pour moi c’est impossible d’incliner rapidement la moto, et dès que nous la relevons, elle reste au même endroit et patine beaucoup. »

Dernière chose, il semble que le holeshot device soit peu utilisable ici au Mans à cause de la chicane Dunlop. Pensez-vous que cela soit un avantage pour vous pour le départ ?

« Pour ma part, je l’utiliserai (rires). C’est un peu délicat mais nous n’arrivons pas en sixième dans le virage. On a un peu moins de vitesse dans le virage à droite, mais nous en avons besoin pour le départ. Nous devons l’utiliser car nous devons saisir cet avantage, ou peut-être pas s’ils utilisent aussi, et je l’utiliserai demain. »

Peut-on imaginer que demain, s’il fait sec que ce sera une course pour Yamaha et si c’est mouillé ce sera une course pour Ducati ?

« (Soupir) C’est difficile à dire mais, selon moi, le rythme de Maverick, le mien et celui de Jack sont très bons. Si les conditions sont humides, je peine un peu davantage que Jack et la Ducati suivante, je crois que c’est celle de Zarco, donc oui, on verra. Comme je l’ai dit, je crois que j’ai beaucoup à apprendre avec des conditions mouillées. J’ai fait une seule course ici sur le mouillé et c’était difficile, donc je veux apprendre davantage et prendre de l’expérience pour le futur. »

Quel est le point le plus positif de ce weekend jusqu’à présent : Votre bras, la pole position, ou le fait que Joan Mir, Álex Rins et Pecco Bagnaia partent 14e, 15e et 16e ?

« (Rires), Je pense, tout ! Tout est très bien, mais vous savez, avant la qualification, j’étais vraiment nerveux. Normalement, je ne suis jamais vraiment nerveux, mais c’était la première fois que je sortais avec le pneu arrière pluie médium. Finalement je m’y suis vraiment habitué et j’ai pu faire une bonne séance, mais la chose positive est que je me sens bien par rapport à mon bras. Puis nous avons été en mesure de passer directement en Q2 à la FP2, et cela aide beaucoup. Nous verrons bien demain mais pour le moment mon bras paraît vraiment bien, et je pense que c’est le plus important. »

Vous avez été immédiatement rapide hier en FP2. Est-ce naturel ou est-ce quelque chose que vous travaillez ?

« Honnêtement, je me suis tout de suite senti bien en FP2 alors que nous avions pas mal d’essence et des pneus neufs. Mais oui, j’ai été assez surpris de faire 32.1 car ce n’était pas une attaque chrono et j’avais subi une petite chute qui était de ma faute. Ce n’est pas quelque chose de vraiment particulier, mais quand vous regardez le ciel avant de partir en FP2 et que vous voyez que c’est tout sombre, vous voulez attaquer immédiatement. Donc je pense que c’était une chose assez naturelle à faire et que tout le monde a fait pareil. »

Vous dîtes que vous devez apprendre sur le mouillé : Que devez-vous apprendre et pourquoi est-ce si difficile dans ces conditions ?

« Personnellement, je me suis senti très bien. OK, ce matin j’étais plutôt loin mais le problème est que, selon moi, je pilote bien : Je ne me sens pas très lent (rires) mais quand je regarde les positions, je suis vraiment en bas. C’est difficile à accepter mais je veux vraiment voir ce que les différentes motos font. Il est très clair que nous perdons à l’accélération mais peut-être est-ce à cause de la façon dont ils passent les virages ou quelque chose d’autre. Pour moi, en partant de la pole position, si c’est une course sur le mouillé, nous devons être clairs : Nous ne resterons pas vraiment longtemps en première position, malheureusement. Mais dès qu’un pilote me doublera, je veux apprendre et voir ce qu’il fait de différent. Nous avons Jack sur la première ligne, donc je pense que c’est l’un des meilleurs dans ces conditions et je veux voir ce qu’il fait de différent. Nous essaierons de trouver quelque chose durant le warm up si c’est mouillé, et nous essaierons quelque chose quoi qu’il en soit. »

Normalement, la FP4 sert à préparer la course. Avez-vous pu le faire ?

« Je pense c’était assez difficile à préparer car nous n’avons pas pu vraiment faire beaucoup de tours. Nous sommes partis sur le mouillé puis cela a séché et nous avons passé les slicks en y allant pas à pas. Puis il y a eu les drapeaux jaunes et il a recommencé à pleuvoir. On savait que le pneu avaient refroidi pour le virage trois, donc il y avait beaucoup de choses que l’on ne pouvait pas vraiment faire et je pense que personne n’a vraiment bien préparé la course. Mais c’est la même chose pour tout le monde. Normalement, le choix des pneus est difficile mais ici je pense que c’est assez clair car il est impossible de faire chauffer le pneu avant. C’est un peu plus facile à l’arrière mais il fait vraiment froid, donc je pense que tout le monde partira en soft/soft si c’est sec. »

Avec Jack Miller, vous ayez beaucoup parlé et regardé vos tableaux de bord après la Q2. Que vous êtes-vous dits et qu’avez-vous pu apprendre ?

« Oui. Je me souviens de l’année dernière où il avait fait un tour derrière moi, mais où heureusement il me restait un tour pour faire la pole. Cette année, je savais qu’il était derrière moi, et dès que j’ai fait mon tour, j’ai tourné la tête pour voir s’il était vraiment proche, mais c’était très similaire. Donc dès que je suis arrivé sur la zone des essais de départ, j’ai regardé et j’ai vu 32.7. “Ahhh”, j’étais un peu mieux, donc, c’était drôle. Mais j’ai simplement regardé son chrono. »

Vous êtes-vous préparé à une course flag to flag ?

« C’est ma troisième année en MotoGP et je me suis entraîné pendant trois ans mais je ne l’ai pas encore fait durant une course, donc il faudra être intelligent pour savoir à quel moment changer si nous avons une course flag to flag car la piste sèche très vite. Je pense que ce serait une très bonne expérience pour moi de faire ma première course flag to flag. Assurément, c’est drôle. »

Seriez-vous favorable pour intervertir Le Mans et le Mugello ?

« Je pense que plus on mettrait tard Le Mans, mieux ce serait ! Normalement, la météo est meilleure en Italie car c’est plus au Sud, et pour Le Mans, je pense que la meilleure option serait peut-être de le faire juste avant le break estival. Il me semble que lors des 20 dernières années, les courses ont eu lieu 10 fois sur du mouillé, du mouillé et du froid. Je pense donc que mettre Le Mans avec des conditions les plus chaudes possible serait bien car c’est une piste plutôt délicate : Comme Jack l’a fait en 2016 ou 2017, il est assez facile de perdre l’avant au virage 1, au virage 3 et a beaucoup d’autres virages. Donc je pense que dans des conditions chaudes, cette piste est bien meilleure. »

À quel point est-il difficile de trouver la limite alors que celle-ci peut varier à chaque tour suivant les conditions de piste ? Est-ce mentalement fatiguant et difficile ?

« Oui ! En FP4 et en qualification, vous essayez d’avoir de la vitesse. La piste sèche puis vous voyait des drapeaux jaunes, vous ralentissez un peu, il commence à pleuvoir, vous ne voulez pas trop attaquer au virage trois où il y a eu beaucoup de chutes… Je pense que bien que vous voulez essayer de trouver la limite dans ces conditions, vous conservez toujours une petite marge, sauf en qualification. C’était très difficile pour moi de rester concentré et de faire un vrai rythme. Finalement, vous essayez d’apprendre le plus possible mais ce n’est pas facile. »

Classement de la Qualification 2 du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

Classement de la Qualification 1 du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

 

Crédit classements et photo: MotoGP.com



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