En ce samedi 15 mai 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit Bugatti du Mans à l’issue de la deuxième journée du Grand Prix de France.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe actuellement la 5e place du championnat après l’avoir mené à l’issue des deux courses au Qatar.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais en première partie (vouvoiement).


Johann Zarco : « Heureux ! Je dois être heureux car la journée a été difficile, un peu plus humide ce matin, et quand c’est plus humide j’ai besoin de plus de temps pour trouver la confiance. Je me sens vraiment bien quand ça sèche mais avec un peu plus d’eau je ne ressens pas encore bien les pneus. Je sais qu’il s’agit seulement de faire plus de tours et avoir confiance dans les pneus et dans la moto, donc je l’ai fait. Mais quand vous voulez ne commettre aucune erreur, vous prenez alors un peu trop de temps. Ce n’était pas un gros problème et j’ai pu piloter ce matin. Cet après-midi, c’était super de pouvoir s’échauffer avec les slicks, mais une fois de plus les conditions de piste n’étaient pas excellentes, et si vous ne pouvez pas attaquer à la perfection avec la moto, vous ne pouvez pas aller très très vite. J’étais prêt pour la qualification, qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas, et j’ai fait un tour avec les pneus pluie, juste pour établir un chrono au cas où il se mette à pleuvoir. Puis la piste s’est mise à sécher très rapidement et il était bien de sauter sur la moto équipée de pneus slicks. J’ai eu suffisamment de tours pour jouer mes cartes et pour faire le meilleur chrono possible. Le 32.8 est OK, car il y avait encore quelques zones d’humidité sur la piste. Les patchs qui étaient dans le dernier secteur ne m’ont pas trop gêné et je suis seulement à deux dixième de Fabio. Je dois accepter cela : nous nous battons tous et il y a quatre gars qui ont fait mieux que moi. Mais dès le premier tour en slick, je me suis bien battu jusqu’à la fin où j’ai fait ce 32.8. Je dirais donc que tout est plutôt sous contrôle, ce qui est bien pour demain. »

À quel point est-ce difficile d’avoir un weekend comme cela, avec des conditions qui changent tout le temps ?

« Vous pouvez voir que vous êtes prêt quand vous pouvez être plutôt rapide quelles que soient les conditions, la pluie ou le sec. Cela vous procure cette confiance qui vous fait penser “OK, je peux être prêt “. Pas aussi parfaitement que si vous avez un week-end complètement sec, vous n’êtes jamais parfaits, et quelques petites choses pourraient être mieux, mais tant que vous pouvez rester avec les gars de devant, vous savez que vous pouvez compenser par vous-même les petits problèmes. Pour le moment, je suis plutôt rapide quelles que soient les conditions, et simplement sur une piste complètement mouillée, j’aimerais être un peu plus rapide comme Jack l’est. Il est très fort quand c’est mouillé, et seulement quelques tours, il est immédiatement très rapide. En cas de pluie demain, j’aurais besoin d’être un peu comme ça pour avoir une chance de faire un podium ou une victoire. »

Concernant votre pneu arrière s’il pleut : Avez-vous définitivement choisi d’utiliser le médium ou cela déprendra-t-il ?

« Cela dépendra beaucoup de la pluie. Mais si c’est comme nous avons eu tout ce weekend, un peu de pluie puis cela sèche, je pense que le médium est le meilleur choix pour faire 45 minutes d’affilée sans avoir à s’arrêter. Les tendres vous apportent de la confiance mais s’il chauffe trop à cause d’un manque d’eau, la course peut alors devenir très compliquée. Nous devrons voir, mais pour le moment je dirais que le médium peut être la meilleure option pour avoir une course régulière jusqu’à la fin. »

Pourquoi tout le monde a exclusivement utilisé les pneus tendres sur le sec ? Est-ce seulement à cause de la température de piste basse ?

« Nous connaissons maintenant plutôt bien les pneus. Nous n’avons plus d’interrogations sur les slicks et, oui, nous utilisons tous les soft/soft car il fait plutôt froid. Nous savons que les soft/soft peuvent être bien pendant toute la course si c’est sec, et c’est pourquoi de mon côté je n’ai aucun doute à leur sujet. Et comme les autres, nous savons que les soft/soft sont davantage sûrs et que nous avons cette marge avec. »

Comptez-vous utiliser le holeshot device sur le mouillé ?

« Ici, sur le mouillé, nous n’utilisons pas ce système car cela patine trop si l’accélération est forte. Nous devons donc rester normal. Mais en ce qui concerne le départ sur le mouillé, ce n’est pas un problème car nous savons que Fabio devra également faire attention sur le mouillé, et c’est seulement si c’est sec que Jack et moi devrons bien partir pour rester avec Fabio. »

Et vous pouvez l’utiliser sur le sec même avec la chicane Dunlop ?

« Je dirais oui mais nous devons encore le décider. »

As-tu déjà parlé avec Ducati de ton option 2022 ?

« Oui, il faudrait en parler prochainement mais là on ne l’a pas encore évoqué. Après, mon but est de rester avec eux, parce que pour ma quête du titre, je vais perdre trop de temps si je rechange de motos, et je n’ai plus le temps de perdre du temps. Donc l’objectif est de rester avec Ducati, et même avec Pramac, vu qu’on est bien ensemble avec l’équipe et qu’elle peut jouer le titre. J’espère aller dans cette direction là, et c’est pour ça que j’essaie de faire le boulot au mieux pour que ce soit réciproque, que moi je veux rester, et que eux veulent me garder. »

Comment se passe le travail avec les pilotes d’usine ? C’est seulement sur les circuits où vous voyez en dehors ?

« Ça se passe bien sur les circuits en général, et on a pu finalement se voir quelques fois en mode Panigale. Surtout cet hiver, et on s’est tellement régalé à se tirer la bourre à Jerez que ça crée des liens. Mais là, non, on n’essaie pas de se voir hors circuit. Pecco, c’est plus un VR46, mais je vois que si on doit discuter un peu, on peut. Quand l’ambiance est bonne, on s’entend bien, et tu sens que même sur le peu que l’on discute, le fond est sain. »

Comment gères-tu les changements de météo et cela t’angoisse-t-il un peu ?

« J’ai regardé la météo du Mans et il donne de la pluie jusqu’au 15 août, donc il ne faut pas trop s’y fier (rires). Il faut réussir à s’adapter un peu sur le moment, mais l’avantage est que le vent est toujours dans la même direction, donc on commence à s’habituer quand on voit des nuages et un peu de pluie, comme en FP4 où ils sont tous rentrés et que je suis resté en piste : j’ai fait attention mais au moins cela permettait de rouler ou de roulotter en regardant le ciel. Et finalement, dans ce cas là, j’ai vu que ce n’avait été que quelque goût. Donc oui, si le vent reste toujours dans la même direction, on dirait qu’on peut avoir une certaine lecture du ciel. Espérons qu’en cas de changement de situation avant le départ ça puisse nous donner une idée de comment on va se préparer. »

Demain, tu préfères une course sur le mouillé ou sur le sec ?

« Si j’avais le choix de la météo pour demain à 14 heures, c’est vrai que j’ai plus de marge de gagner si on part avec des pneus pluie et que ça sèche au fur et à mesure de la course après une bonne averse. Un peu la même situation que l’an dernier, mais si ça sèche un peu plus tôt. Avec sans doute des pneus médium, c’est la meilleure des solutions. Sur le papier et dans mes sensations, je sais que je pourrais vraiment pas me stresser en course car après la mi-course je pourrais avoir un bel avantage si on est toujours en pneus pluie. »

Si d’aventure la VR46 récupère une paire de Ducati, n’as-tu pas peur que cela puisse nuire au statut privilégié de Pramac ?

« La relation Pramac avec Ducati est vraiment excellente. Après, il peut y avoir du business qui prend le dessus, si Rossi arrive, mais chacun joue sa carte. Je pense que chez Pramac, ils sont bien intégrés aussi, et si ça se passe comme ça, ça ne sera pas dans l’immédiat. Ça me laisse donc au moins deux ou trois ans pour jouer devant, et après on verra. Mais si la VR46 prend l’avantage chez Ducati ça ne sera pas immédiat. Et Dall’Igna reste quand même le chef et, des fois, on voit qu’il ne met pas que le business en avant : C’est un homme de course ! Je pense que la relation créée ne peut pas être détruite comme ça par l’arrivée de Rossi. »

Classement de la Qualification 2 du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

Classement de la Qualification 1 du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

 

Crédit classements: MotoGP.com



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