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Marc Marquez

Alors que le paddock s’interroge sur les raisons des chutes répétées de Marc Marquez, notamment après son abandon à Jerez, une voix d’expérience s’est élevée pour recadrer les attentes. Alex Barros, qui a lui-même traversé l’enfer des opérations de l’épaule, prévient : la guérison des tendons ne suit pas le calendrier des Grands Prix.

Il y a des blessures dont on ne revient pas en quelques semaines. Et dans le cas de Marc Marquez, la question n’est plus vraiment de savoir s’il peut rouler… mais s’il peut redevenir lui-même.

Depuis le début de saison, quelque chose cloche. Pas forcément visible à chaque tour, pas forcément mesurable au chrono pur, mais présent dans les détails : les entrées de virage moins tranchantes, les erreurs inhabituelles, cette impression qu’il force parfois une machine — et un corps — qui ne suivent pas totalement.

Alex Barros, qui connaît intimement ce type de blessure, n’a pas cherché à édulcorer la réalité. Son constat est froid, clinique presque :« J’ai eu des problèmes d’épaules, j’ai subi une opération, et je sais que c’est très compliqué. »

Et la suite est encore plus directe : « Quand j’ai appris qu’il avait des problèmes de tendons, j’ai compris qu’il fallait généralement un an pour une guérison complète. » Un an. Autant dire une éternité dans une saison MotoGP.

Barros va même plus loin, en brisant une illusion que beaucoup entretiennent encore : « Avant cela, vous ne le récupérerez pas. Il n’y a aucun moyen de récupérer complètement. 80 %, 90 % ? Peut-être, mais 100 %, c’est difficile. »

Marc Marquez

Barros : « Il faut un an à Marc Marquez pour guérir – en attendant, il doit patienter et souffrir ! »

C’est là que tout prend un autre sens. Parce que Marquez ne pilote pas comme les autres. Son style repose sur l’extrême : freiner plus tard, jeter la moto, rattraper l’impossible. Et ce sont précisément ces zones-là que l’épaule fragilise en premier. Moins de force, moins de stabilité, moins de confiance… et parfois, trop d’engagement pour compenser. Jerez n’était sans doute pas un accident isolé. Plutôt un symptôme.

Le plus troublant, c’est que Marquez lui-même refuse de s’abriter derrière cette réalité. Il assume, il se blâme, il continue d’attaquer comme si tout allait bien. Une forme de grandeur… mais aussi une prise de risque permanente.

Et pourtant, malgré ce diagnostic sévère, Barros ne l’enterre pas. « Quoi qu’il en soit, si  je dois miser sur le championnat tel qu’il est aujourd’hui, je miserais sur Marc car je sais que Ducati a fait des progrès lundi lors du test à Jerez. »

C’est peut-être là que réside la clé. Si le corps ne peut pas encore tout donner, la moto peut compenser une partie du déficit. Et Ducati, malgré ses doutes, reste une base capable de gagner.

Barros le rappelle d’ailleurs sans détour à Nico Abad : « On sait qu’Aprilia est très performante. Mais Alex Marquez a gagné sur une Ducati lors d’une course extraordinaire. Le MotoGP est magnifique car il réunit des marques de motos compétitives. »

Le championnat est ouvert. Les cartes ne sont pas figées. Mais il y a une variable que personne ne maîtrise : le temps de guérison. Et dans une saison qui file à toute vitesse, c’est peut-être ça le vrai problème.

Marc Marquez est un géant aux pieds d’argile, ou plutôt à l’épaule de verre. Sa saison 2026 sera une bataille contre sa propre anatomie. Si les progrès de Ducati se confirment au Mans, le miracle reste possible, mais le prix physique à payer sera colossal.

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