À Silverstone, les pronostics pour le titre mondial 2026 se multiplient. Parmi eux, celui d’Alex Barros retient particulièrement l’attention. Ancien pilote emblématique de la catégorie reine, le Brésilien estime que Marc Marquez reste le grand favori malgré une condition physique qu’il juge encore très loin d’être optimale.
Dans un entretien accordé à PecinoGP, Barros revient sur les rebondissements d’une saison qu’il considère comme l’une des plus ouvertes de ces dernières années. Pour lui, la première surprise est venue d’Aprilia. Le constructeur italien a démarré la saison avec une avance technique que peu d’observateurs avaient anticipée.
« Je ne pensais pas qu’ils disposeraient d’un tel avantage dès les premières courses », explique-t-il. « Ducati allait forcément revenir, mais Aprilia a profité de cette avance pendant trois ou quatre Grands Prix pour construire son début de saison. »
Selon Barros, cette supériorité initiale explique en grande partie les premiers résultats de Marco Bezzecchi puis de Jorge Martin, avant que Ducati ne réduise progressivement l’écart. L’ancien pilote estime également que le championnat s’est joué sur une succession de retournements de situation. « Marquez a connu énormément de malchance en début de saison. Ensuite, c’est Bezzecchi qui a commencé à accumuler les problèmes. C’est comme ça que fonctionne la course. »
Il n’oublie pas non plus Pedro Acosta, qu’il considère comme l’une des grandes révélations de l’année. « Pedro réalise une saison incroyable. Il ne gagne pas parce que sa moto ne lui permet pas de le faire. Avec une Ducati ou une Aprilia, il pourrait déjà se battre pour le championnat. »

Alex Barros : « Aujourd’hui, Marc Marquez ne fait plus ce qu’il veut. Il fait ce que son corps lui permet »
Mais c’est évidemment Marc Marquez qui concentre l’essentiel de son analyse. Barros connaît parfaitement les blessures aux épaules, lui qui a lui-même subi plusieurs opérations au cours de sa carrière. C’est pourquoi il affirme que le champion espagnol évolue encore loin de son véritable potentiel. « Il n’est pas encore à 100 %. Il gagne des courses avec un bras et demi. Il lui manque encore de la force, mais il compense par son talent et son intelligence. »
Selon lui, les quatre années de blessures ont profondément transformé le style de pilotage du nonuple champion du monde. « Aujourd’hui, il ne fait plus ce qu’il veut. Il fait ce que son corps lui permet. Il gère davantage ses courses, prend moins de risques inutiles et sait parfaitement où se situe la limite. »
Cette évolution explique à ses yeux pourquoi Marquez est redevenu un candidat crédible au titre. Barros va même jusqu’à établir un parallèle avec le personnage de Rocky Balboa. « Peu importe les coups que la vie vous inflige, il faut toujours se relever et continuer à se battre. Marc est un exemple pour tous les sportifs. »
Le Brésilien n’hésite d’ailleurs pas à livrer son pronostic. « Je pense que Marquez redeviendra champion du monde. » S’il refuse d’écarter Jorge Martin, Marco Bezzecchi ou Pedro Acosta, il considère néanmoins que l’expérience du pilote Ducati fera la différence dans la seconde moitié de saison.
À plus long terme, Barros voit toutefois un adversaire capable de bouleverser la hiérarchie : Pedro Acosta. « Pedro, c’est le Marquez de ses vingt ans. Avec la même moto, Marc devra prendre beaucoup plus de risques pour le battre. »
Selon lui, seule l’expérience permet aujourd’hui à Marquez de conserver un avantage. « Ce qui distingue encore Marc de Pedro, c’est son expérience et sa capacité à ne jamais abandonner. Mais Pedro possède une faim de victoire incroyable. Il sera un adversaire extrêmement dangereux. »
L’analyse de Barros est particulièrement intéressante parce qu’elle vient d’un ancien pilote qui connaît personnellement les conséquences de blessures aux épaules. Son témoignage apporte donc un éclairage crédible lorsqu’il affirme que Marquez est encore physiquement diminué.
En revanche, son pronostic doit être nuancé. Dire que Marquez « gagne avec un bras et demi » relève en partie de l’image. Certes, l’Espagnol a lui-même reconnu tout au long de la saison qu’il lui manquait encore de la force dans le bras droit et qu’il compensait par un effort physique supérieur, mais il reste difficile de mesurer précisément cette perte de performance.
L’autre point fort de son analyse concerne Pedro Acosta. Depuis plusieurs mois, de nombreux anciens pilotes voient en lui le principal rival de Marquez dans la future ère des 850 cc. Si Ducati lui offre réellement une machine capable de jouer les premiers rôles en 2027, le duel entre l’expérience de Marquez et l’agressivité d’Acosta pourrait bien devenir la nouvelle référence du MotoGP pour les années à venir.










