À cinq manches du dénouement, Jorge Martin mène le championnat avec deux points d’avance sur Marc Marquez. Pourtant, Marco Bezzecchi, troisième à 46 longueurs, pourrait bien devenir l’invité le plus encombrant de cette bataille. Max Biaggi, ambassadeur d’Aprilia, savoure le retour de Noale au premier plan tout en pointant les erreurs qui ont permis à Ducati de rester au contact. Et si la fin de saison se jouait autant entre les deux Aprilia que face à Marquez ?
Deux points entre les deux premiers. Trois prétendants encore mathématiquement en lice. Et cinq Grands Prix pour tout départager. Le MotoGP 2026 s’apprête à vivre un dénouement particulièrement tendu.
Jorge Martín mène avec 355 points, Marc Marquez suit à 353 et Marco Bezzecchi occupe la troisième place avec 309 unités. Sur le papier, le duel semble opposer Martin à Marquez. Mais les statistiques de fin de saison invitent à ne pas oublier Bezzecchi.
Biaggi savoure le retour d’Aprilia
Ancien quadruple champion du monde 250 cc et double champion WorldSBK, Max Biaggi connaît parfaitement la pression d’une lutte pour le titre. Désormais ambassadeur d’Aprilia, il observe avec satisfaction les progrès de la marque de Noale.
« C’est un championnat magnifique, peut-être l’un des plus beaux », confie-t-il à La Gazzetta Motori. Il se réjouit surtout de voir Aprilia disposer de deux pilotes capables de se battre pour la couronne mondiale.
Une situation qui confirme le changement de dimension du constructeur italien. Mais Biaggi ne sous-estime pas l’adversaire. « Ducati est toujours performante, le champion du monde en titre est toujours là, et Marquez est le pilote le plus redoutable. » Une précision importante : si Aprilia possède l’avantage numérique, Ducati conserve avec Marquez un pilote qui sait parfaitement gérer les grands rendez-vous.
Aprilia : ces erreurs qui pourraient coûter un titre
Pour Biaggi, le resserrement du championnat n’est pas uniquement dû aux performances de Ducati. Aprilia a également laissé échapper des occasions de creuser l’écart. « Aprilia a aussi contribué au resserrement du classement, avec quelques petites erreurs et puis cette énorme erreur où Martin a percuté Bezzecchi. »
Un incident dont les conséquences dépassent le simple résultat d’une course. Dans une lutte aussi serrée, perdre des points face à son principal adversaire constitue déjà un problème. Mais lorsque deux pilotes d’une même marque se pénalisent mutuellement, l’effet peut devenir doublement coûteux.
Biaggi estime d’ailleurs que les écarts auraient été plus importants sans ces erreurs. Et c’est précisément là que se définit l’équation Aprilia : posséder deux prétendants au titre constitue une force, à condition qu’ils ne finissent pas par se neutraliser.

Bezzecchi : 46 points de retard, mais un précédent qui interpelle
Marco Bezzecchi ne bénéficie pas de la même position comptable que Martin. Avec 46 points de retard sur son coéquipier et 44 sur Marquez, il doit impérativement reprendre du terrain.
Mais l’Italien possède un argument intéressant : son rendement lors des dernières manches de 2025. Après l’arrêt de la saison de Marquez, Bezzecchi avait remporté le Sprint australien, puis les Grands Prix du Portugal et de Valence.
Or ces trois circuits figurent encore au programme de 2026. Un calendrier qui lui offre donc des occasions de retrouver des conditions dans lesquelles il a déjà excellé. Sa victoire en Indonésie, au terme d’un week-end marqué par le quadruplé d’Aprilia, confirme également sa compétitivité actuelle.
Cela ne fait pas de lui le favori automatique. Mais son retard ne suffit pas à l’exclure, alors que 185 points restent théoriquement disponibles sur les cinq derniers week-ends.
Martin doit gérer, Bezzecchi doit attaquer
Les trois prétendants n’aborderont pas cette fin de championnat avec la même stratégie. Martin doit préserver une avance minuscule, sans tomber dans une prudence excessive. Marquez doit reprendre au moins trois points pour dépasser son rival au classement, tout en surveillant la progression de Bezzecchi.
L’Italien, lui, n’a pratiquement plus le luxe de calculer. Il doit gagner, reprendre des points et espérer que les deux premiers en abandonnent. Phillip Island, Portimão et Valence pourraient lui offrir des occasions favorables.
Mais encore faudra-t-il transformer ses références passées en résultats présents. Et pour Aprilia, une question délicate se profile : combien de temps laisser ses deux pilotes poursuivre librement leurs ambitions si l’un d’eux prend un avantage décisif ?
Trois pilotes, mais un seul titre
Max Biaggi rappelle que Marquez demeure un adversaire redoutable. L’histoire récente montre néanmoins que Bezzecchi sait finir une saison très fort. Quant à Martin, il reste celui que tous doivent battre au classement.
Le leader possède deux points d’avance. Son poursuivant possède neuf titres mondiaux toutes catégories confondues. Et le troisième homme possède suffisamment de références pour refuser le rôle de figurant. Aprilia peut rêver d’un titre historique. Mais la marque devra éviter que ses deux meilleures armes ne se retournent une nouvelle fois, contre elle.





