KTM va attaquer sa troisième saison dans un MotoGP exigeant et à la compétition exacerbée. L’usine de Mattighofen est la dernière arrivée des six usines engagées dans la catégorie reine des Grands Prix. Elle doit donc travailler sans relâche pour rattraper des adversaires installés depuis des décennies. Une situation prise en compte par le milieu qui, dans son règlement, accorde certaines largesses aux nouveaux arrivants avec un dispositif dit « points de concession ». Mais pour le directeur technique de cette aventure autrichienne, Mike Leitner, cette bonne intention est encore loin du compte…

Mike Leitner aimerait tordre le cou à une idée qui voudrait que le nouvel arrivant en MotoGP se voit dérouler le tapis rouge par un règlement lui permettant de se mettre, rapidement, au diapason de la concurrence. A l’écouter, le dispositif mis en place a surtout le mérite d’exister. Mais il faudrait aller plus loin. Et d’abord parce que les adversaires ont connu une époque bénie… « Même si vous agissez en tant qu’ “équipe de concession”, vous êtes soumis à certaines limitations » rappelle-t-il sur Speedweek.

« Vous ne pouvez pas modifier certains paramètres, ce qui vous rend la vie plus difficile. Vous devez définir certains détails techniques avant le début de la saison, y compris les spécifications du moteur. Bien sûr, nous pouvons utiliser neuf moteurs au lieu de sept. Mais il y a quelques années, les usines japonaises avaient cinq moteurs différents et Ducati une douzaine par saison, plus de litres d’essence et des pneus tendres. Cela n’existe plus … »

Il précise aussi : « nous combattons contre cinq autres constructeurs, dont quatre ont 15 ou 20 ans d’expérience constante dans la catégorie MotoGP. Aprilia a utilisé le moteur trois cylindres de 990 cm3 depuis 2002 et fête maintenant sa cinquième année avec le V4. KTM est arrivé depuis seulement deux ans ».

Il termine : « je n’arrête pas de dire aux gens qui ne comprennent pas que les avantages pour les nouveaux arrivants sont très minimes. Ce règlement nous ralentit dans le développement. Nous ne pouvons pas apporter assez de nouveautés durant la saison. Mais nous sommes confrontés à ce défi. Les règles sont comme elles sont. Mais c’est difficile ».

Pour accélérer les choses, KTM s’est doté d’une équipe satellite en s’adjoignant les services de l’expérimenté team Tech3. L’équipe test a été renforcée avec l’arrivée de Dani Pedrosa. Et Johann Zarco a rejoint le giron officiel aux côtés de Pol Espargaró.

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