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Nous terminons cette triste journée en saluant comme nous le pouvons la mémoire de ce personnage incontournable du paddock MotoGP.

Qu’il faille se tourner vers nos amis italiens pour retracer les grandes lignes du parcours du jeune garçon né à Imola le 23 janvier 1961 n’est gère étonnant : Fausto Gresini n’a jamais été très bavard, ni avec les autres membres du paddock, ni avec les médias, et encore moins si ces derniers n’étaient pas basés dans la botte. Limite taciturne, guère souriant, il s’était construit une sorte barrière que bien peu réussissaient à franchir, seulement intéressé par son équipe et son travail qu’il exerçait avec une très grande rigueur.

C’est en Romagne, à mi-chemin entre Bologne et la région mythique de la MotoTemporada Romagnola que le jeune transalpin s’est passionné pour les motos, ce qui l’a conduit à travailler à la dure dans un petit garage de deux-roues dès l’âge de 14 ans. Les réparations et les réglages étaient son quotidien, les journées étaient longues et les courses son rêve qu’il entretenait en essayant les motos des clients autour de l’atelier.

Trois ans plus tard, il réalise celui-ci en mettant le pied à l’étrier avec un Minarelli 50 en catégorie cadet du championnat d’Italie. Dès lors, la suite logique s’est mise en place, déjà avec une 125cc, jusqu’à ce premier Grand Prix des Nations,  le 30 mai 1982 sur le circuit de Misano avec une MBA privée.

Le pilote d’Imola s’y fait remarquer en se qualifiant 12e au milieu des stars de l’époque que sont Angel Nieto, Pier Paolo Bianchi, Eugenio Lazzarini, Ricardo Tormo et autre Stefan Dorflinger.

Son bicylindre deux-temps explose en course mais peu importe : la vitesse du jeune Italien avait été notée par les hommes de MBA, des anciens de Morbidelli et Benelli, qui lui donnent un coup de pouce pour faire en 1983 une saison complète.

D’emblée, Fausto confirme sa vitesse et, face aux motos d’usine, se classe 7e à Monza pour la troisième course de la saison, puis 6e à Hockenheim.

L’année suivante, il alterne entre une MBA et une Garelli, sous l’impulsion d’Eugenio Lazzarini, pilote officiel Garelli qui le prend progressivement sous son aile. Une première victoire viendra d’ailleurs saluer cette association, en Suède.

1985 verra la consécration d’un Fausto Gresini nommé pilote officiel au sein de la structure de la FMI, qui, avec 3 victoires et 5 autres podiums décroche son premier titre mondial au guidon d’une Garelli d’usine entièrement revue : cadre monocoque en aluminium qui intégrait le réservoir, travail à la soufflerie FIAT, suspensions, etc.

Les Garelli brillent encore en 1986 mais, malgré 4 victoires et 4 podiums, c’est cette fois Luca Cadalora, son coéquipier, qui rafle la mise.

Pas de quoi décourager le tenace Gresini qui connaît son apothéose en 1987 en alignant pas moins de 10 victoires sur les 13 courses que comporte le championnat !

Mais c’est la dernière saison pour les petits bicylindres 125cc, et 1988 verra une domination de la Derbi d’un certain Jorge « Aspar » Martinez devant une meute de Honda alors que Fausto Gresini, fidèle à Garelli dont le moteur monocylindre est aussi peu fiable que poussif, se voit relégué à la 21e position finale…

Avec l’Aprilia, en 1989, les choses s’améliorent et l’homme d’Imola surnommé «Grisu» se classe 5e.

Les Honda se font de plus en plus compétitives et Fausto Gresini abandonne les productions transalpines en 1990 : une année pour s’acclimater puis deux saisons récompensées par le titre de vice-champion en 1991 et 1992.

Fin 1994, au terme de 13 saisons et 132 Grands Prix disputés, tous en 125cc, couronnés par 21 victoires et deux titres mondiaux, Fausto Gresini raccroche son cuir à l’âge de 33 ans pour s’occuper de Loris Capirossi.

Sa deuxième carrière commence en 1997 en fondant le «Gresini Racing» qui fait ses débuts dans la catégorie 500 avec une Honda NSR V2 confiée à Alex Barros.

L’histoire de l’équipe sera émaillée de drames, avec la mort de Daijiro Kato au Grand Prix du Japon 2003. Huit années plus tard, Marco Simoncelli se tue au Grand Prix de Malaisie, laissant Fausto Gresini bien évidemment profondément meurtri.

Aujourd’hui, l’équipe, désormais basée à Faenza, revendique toutefois un palmarès de haut niveau avec quatre titres mondiaux (2001 en 250 avec Kato, 2010 en Moto2 avec Elias, 2018 en Moto3 avec Martin, 2019 en MotoE avec Ferrari), 14 victoires, 41 podiums.

Avec Petronas, c’est également la seule équipe à être présente dans les trois catégories du championnat du monde.

Nous saluons ici la mémoire d’un travailleur passionné et rigoureux qui a su accomplir bien au-delà de ses rêves les plus fous.

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