En ce samedi 26 juin 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit d’Assen, à l’issue de la deuxième journée du Grand Prix des Pays-Bas qu’il a conclu en 5e position après quelques péripéties.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe toujours la deuxième place du championnat derrière Fabio Quartararo et qui a involontairement servi de locomotive à Marc Marquez en Q1.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme (vouvoiement pour les questions en anglais et tutoiement pour les questions en français).


 

Johann Zarco : « Un dur samedi mais je suis très heureux d’avoir pu faire mon chrono à la fin de la Q1. Puis, en Q2, j’ai eu une bonne confiance pour essayer d’attaquer encore davantage, mais vraiment cela bougeait et j’ai failli chuter plusieurs fois car j’ai vraiment tout donné. Je m’attendais à me sentir un peu mieux et à être davantage compétitif, mais il est vrai qu’ici à Assen, il y a vraiment un avantage pour les Yamaha et que nous souffrons un peu plus. Ou peut-être, je ne veux pas dire que les Yamaha ont un avantage mais nous avons peut-être plus de problèmes qu’elles. Ici, c’est assez difficile à gérer, et c’est également pourquoi j’ai commis une erreur ce matin. Mais finalement, je suis heureux d’avoir pu faire le chrono quand cela était nécessaire. Je n’ai pas pu le faire ce matin pour pas grand-chose, mais durant l’après-midi le contrôle était bon. En FP4, nous avons continué à essayer des choses et il y a eu un run où simplement des petites modifications sur la moto m’ont procuré beaucoup en termes de feeling. C’est quelque chose de positif : Ce n’est pas facile à trouver mais c’est possible à trouver, et comme je suis sensitif, dès que je me sens bien je peux prendre beaucoup de plaisir sur la moto. D’une façon générale, nous sommes dans le jeu. Pecco a fait une très bonne qualification, et quand il va vite comme ça, il est également positif d’essayer de voir ce qu’il fait mieux que moi, car je pense que quoi qu’il en soit nous avons l’opportunité de faire un bon départ et d’essayer de contrôler les garçons de chez Yamaha qui sont rapides et réguliers ici. Avec Pecco, si nous pouvons rester là, je veux dire sur le sec et dans des conditions normales comme aujourd’hui, ce sera très bien. »

Quand tous les autres pilotes vous ont suivi en Q1, pensez-vous que c’était dangereux ou pathétique ?

« Non, ce n’était pas dangereux car nous sortions des box. Je devais attaquer car j’avais eu un problème technique sur le premier pneu et je n’avais inscrit aucun chrono. C’est presque plaisant d’avoir Marc qui vous attend pour vous suivre, et c’est mieux de le prendre comme ça. Vous essayez de les attendre, pour voir s’ils vont partir ou pas, mais quand ils restent derrière vous il y a un moment où vous devez vous élancer. Nous avons parlé de ça en commission de sécurité. Premièrement, nous ne pouvons pas bien sûr nous arrêter sur la piste et nous devons gérer pour ne pas rendre ça dangereux. Je ne pouvais pas ralentir davantage car je devais faire mon travail. Cela fait partie du jeu ! On ne peut pas trop changer le règlement pour ça. Nous devons rester prudents et penser à la sécurité, mais comme nous sortions des box, nous ne faisions pas encore nos chronos et c’est la même chose pour tout le monde : Nous essayons d’analyser qui est là, qui ne l’est pas, qui peut attaquer ou pas. C’est pour ça que c’est arrivé à la fin de la Q1. C’est comme ça ! Il faut simplement le faire au bon moment car si nous faisons ça à un moment où quelqu’un attaque fort, alors nous le dérangeons. Cela arrive parfois mais aujourd’hui nous sortions tous des box et personne arrivait vite. Nous savions donc quasiment que nous pouvions le faire car nous dérangerions personne. »

Est-ce une situation frustrante ?

« Ce n’est pas toujours pareil, mais comme c’était la Q1, il y avait tout le monde. Mais en Q2, personne n’attendait après moi (rires) ! Mais c’est plaisant, et comme je l’ai dit à la télévision, Marc reste Marc. Il a gagné au Sachsenring et c’est pour moi le champion ! Je dirais que cela aide à gagner de la confiance en soi. »

Vous êtes apparu très fatigué la fin de la Q2. Pourquoi ?

« Cela concerne principalement la bagarre avec la moto. Nous sommes vraiment à la limite, et j’ai perdu l’avant dans mon tour rapide à plusieurs endroits. J’ai rattrapé avec le coude, ce qui n’est pas trop mon style, donc j’attaque toujours beaucoup, comme au Sachsenring. Mais au Sachsenring, quand j’attaque à cette limite je suis en pole position, puis une chute. Ici, je suis quasiment au même niveau mais en cinquième position. C’est peut-être une raison : Tout ne vient pas de façon fluide et c’est pourquoi ce n’est pas exactement la même chose que lors de certaines courses où vous pouvez contrôler. Quand vous sentez le potentiel de la moto et que vous ne vous voulez pas le laisser partir, je me mets moi-même dans cette énergie supplémentaire que vous avez pu voir à la fin de la séance. »

Êtes-vous inquiet de ça pour la course ?

« S’il pleut, non : Je préserverai l’énergie s’il pleut. Ils avaient tous prévu la pluie pour cet après-midi, mais je l’attends encore. Avec les petites modifications que nous avons faites en FP4, qui ont apporté un grand changement simplement en changeant de petites choses, je ne peux que croire que je peux faire un pas en avant durant le warm up. C’est mieux d’être optimiste comme ça. »

Pouvez-vous nous parler de ces petites modifications ?

« C’est parfois simplement de petites choses dans la suspension qui peuvent changer le feeling, apporter de la stabilité ou de la confiance. Parfois, nous ne sommes pas obligés de beaucoup changer la moto, mais il n’est pas facile de trouver la chose précise sur la suspension. Vous devez vous sentir très bien pour jouer avec ça, et j’ai été heureux de pouvoir le faire en FP4. »

C’était donc des choses qui concernaient la suspension ?

« Oui ! »

Vous préférez dire que les Yamaha n’ont pas d’avantage mais que ce sont les Ducati qui ont plus de problèmes. Mais les Yamaha n’ont-elles pas vraiment un avantage ici ?

« C’est juste une façon de voir les choses. Peut-être que sans dire que l’herbe est plus verte chez le voisin, dire qu’ils ont moins de problèmes que nous est mieux que de dire qu’ils ont un avantage. »

Le Sachsenring et Assen ne sont pas des circuits forcément très favorables pour les Ducati. Est-ce que demain la stratégie sera de gérer et d’essayer de prendre des gros points ?

« C’est le but ! Après, j’arrive toujours très optimiste sur chaque circuit et j’ai l’impression que Assen est quand même plus difficile que le Sachsenring pour notre moto. Ça nécessite donc encore plus d’énergie, et il n’y a pour l’instant pas vraiment de contrôle. Le contrôle se fera pendant la course. À ce moment-là, on rentrera dans le calcul, si on peut appeler ça comme ça. Mais j’estime toujours que la moto a un potentiel extraordinaire, même s’il est difficile à bien utiliser. Et il y a des pistes où c’est plus difficile que sur d’autres. Ce que j’ai appris au Sachsenring, ce n’est pas la bonne piste pour bosser ça. Je n’irai pas dans le technique, mais jamais vu des choses intéressantes et je m’étais dit que j’allais pouvoir le bosser ici. Mais là, après deux jours, je me rends compte qu’en fait ce n’est pas la la meilleure des pistes pour aller dans ce sens-là, et c’est d’ailleurs peut-être pour ça que la Yamaha prend cet avantage. Il y a quand même toujours du plaisir à sauver cette cinquième place, parce que j’aurais pu être 22e. »

Tu as souvent besoin des dernières minutes pour aller chercher une bonne place. Est-ce difficile à gérer mentalement, où cela fait partie du jeu ?

« Cela fait partie du jeu ! Clairement, il y avait de la déception à la fin de la FP3 parce que je savais que j’allais devoir être dans cet état là dès la Q1. Presque comme dans un jeu de Mario, tu donnes une vie à la Q1, et il faut avoir une petite marge de vie pour en remettre en Q2. Je suis content de l’avoir bien fait, mais disons qu’on a deux vies par samedi et que si tu en utilises une en FP3, c’est mieux. En FP3 et à la Q2. »

Quelle sera ta stratégie demain et quel serait pour toi un bon résultat à 15 heures ?

« Si la course se termine à 15 heures, c’est qu’elle sera longue (rires) ! Je pense qu’il faut réussir à partir fort et à utiliser vraiment notre force au départ. Je dis “notre” parce qu’il y a Pecco dans le jeu, et comme à la fois Pecco et Fabio peuvent avoir une mise en route très rapide, il faut être prudent pour ça. Parce que sinon, après cette grosse mise en route, je pense que même en pneus usés ils auront toujours leur fluidité et garderont le rythme. C’est pour ça que si on veut jouer le podium, il faut faire en sorte d’être devant eux sur la première moitié de course. C’est toujours plus facile à dire qu’à faire, mais dans l’idéal c’est ça. »

Où est-ce que tu t’es rattrapé avec le coude et où ta moto est-elle le plus difficile à maîtriser ? Dans le dernier partiel ?

« Oui, dans ces changements d’angles rapides. Le 6/7, mais c’est un changement d’angle très court donc là j’ai vu que j’ai pu combler le truc, mais le 13/14/15 est très compliqué. C’est plutôt dans le 13/14 qu’il faut pouvoir placer la moto au bon endroit au bon moment. En revanche, Bagnaia y arrive, et c’est pour ça que j’ai essayé de chercher hier un peu une solution. J’estime avoir passé un bon cap entre hier et aujourd’hui, mais on voit que tous les autres en passent aussi, donc trouver un autre cap demain, ce serait bien et ce serait très important pour la course.
Dans ma qualif, le bon rattrapage été au virage 10, et après au virage 8. Ce qui était bien, c’est que même en glissant de l’avant et en rattrapant avec le coude, je suis quasi par terre, je ré-accélère et je continue mon tour. Quand j’ai glissé aux 10, j’ai fait 33.3, et le tour où j’ai glissé au 8, j’ai fait 32.5. Donc ça reste quand même des petits plaisirs personnels : On glisse, on est sur le coude, on ne tombe pas et on fait un chrono. Ça fait gagner une certaine confiance. Cc’est une bonne preuve de niak. »

 

Classement Qualification 2 du Grand Prix MotoGP des Pays-Bas au TT Assen : 

Classement Qualification 1 du Grand Prix MotoGP des Pays-Bas au TT Assen : 

Crédit classements : MotoGP.com

 



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