Et si la meilleure décision de Pedro Acosta avait été de refuser une Ducati ? Alors que l’Espagnol s’apprête à rejoindre l’équipe officielle de Borgo Panigale en 2027, aux côtés de Marc Marquez, il revient sur une occasion qu’il aurait pu saisir un an plus tôt : quitter KTM pour intégrer VR46. Une perspective séduisante sur le papier, mais qui serait arrivée au mauvais moment de sa carrière. Car Acosta le reconnaît aujourd’hui : sa frustration aurait pu compromettre cette nouvelle aventure.
Une Ducati en 2026 ? Acosta n’avait pas la tête à ça
Dans un entretien accordé à AS, Pedro Acosta explique pourquoi il n’a pas anticipé son départ de KTM. Le pilote espagnol aurait pu rejoindre VR46 et découvrir l’univers Ducati dès cette saison.
Mais il a finalement choisi d’honorer la dernière année de son contrat avec le constructeur autrichien. Une décision qui ne relevait pas uniquement de considérations contractuelles.
« Peut-être que je serais monté sur la moto, mais avec toute la frustration que je portais, je ne me serais pas bien débrouillé. » Acosta ne remet pas en cause les qualités de la Ducati. Il reconnaît plutôt que son propre état d’esprit aurait pu devenir un obstacle.
Autrement dit, disposer d’une meilleure opportunité technique ne suffit pas nécessairement à produire de meilleurs résultats.
KTM : une saison difficile qui a changé l’approche d’Acosta
Le contexte explique cette prudence. Après une campagne 2025 compliquée, Acosta avait accumulé les frustrations au guidon de sa KTM. Les difficultés rencontrées avaient pesé sur ses ambitions. Mais cette période lui a également permis de mieux comprendre ce dont il avait besoin pour progresser.
Plutôt que de chercher immédiatement une porte de sortie, il a choisi de poursuivre son travail. « Cette opportunité est arrivée quand j’étais prêt, surtout après avoir traversé cette période difficile l’année dernière où je me sentais frustré. »
Une manière de reconnaître qu’un transfert peut être bénéfique sportivement tout en étant prématuré personnellement.

Faire la différence avant de changer de constructeur
Acosta situe le véritable déclic dans sa capacité à retrouver des résultats et à se distinguer des autres pilotes KTM. « J’ai commencé à obtenir des résultats, à bien performer et à faire la différence par rapport aux autres pilotes sur ma propre marque. »
C’est à ce moment-là, explique-t-il, qu’il s’est senti capable d’accepter un défi aussi important. Le futur pilote Ducati ne présente pas son transfert comme une solution miracle à ses difficultés. Il veut arriver chez le constructeur italien après avoir retrouvé ses repères, sa confiance et sa capacité à exploiter pleinement une machine.
Acosta ne cherchait plus simplement à quitter KTM. Il voulait être prêt à réussir chez Ducati.
Marc Marquez : le défi commence avant même le premier départ
En 2027, Acosta découvrira une situation autrement plus exigeante qu’un simple changement de constructeur. Il partagera le garage officiel Ducati avec Marc Marquez. Un coéquipier dont il a déjà exprimé son intention d’apprendre, mais qu’il ambitionne également de battre.
La pression sera considérable. Et c’est précisément ce qui donne du sens à ses déclarations. Un Acosta encore prisonnier de ses frustrations aurait-il abordé cette confrontation avec les mêmes armes ?
L’Espagnol semble convaincu du contraire. Il préfère arriver un an plus tard, mais avec la certitude d’avoir franchi une étape dans sa progression.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- VR46 : Acosta aurait pu découvrir Ducati dès 2026, mais estime que son état d’esprit ne s’y prêtait pas.
- KTM : ses difficultés lui ont permis de mesurer l’importance de la confiance et des résultats.
- Ducati 2027 : il veut rejoindre Marquez en étant prêt à relever le défi, et non pour fuir ses frustrations.
Pedro Acosta aurait pu gagner un an sur son arrivée chez Ducati. Il a préféré prendre le temps de se reconstruire chez KTM. Reste à savoir si cette patience lui permettra de réussir ce que tant de pilotes MotoGP ambitionnent sans jamais y parvenir : rejoindre Marc Marquez dans son propre garage et lui tenir tête.





