Ce sera un des moments historiques vécu en MotoGP cette saison. Mais il y a fort à parier que ses auteurs se seraient bien passés de cet exploit. Jamais en effet il n’a été vu qu’un pilote au contrat officiel de deux ans demande au bout de six mois à son employeur d’arrêter les frais. Et ce dernier a non seulement accepté mais il a sorti ledit pilote de son box jusqu’à la fin de la saison. Un scénario inédit jouait par Johann Zarco et KTM. Mais si l’histoire est terminée, les commentaires continuent. A la veille du Grand Prix de Thaïlande de ce week-end, Pit Beirer, l’homme de KTM, précise…

A Buriram, ce week-end, KTM se présente avec un pilote titulaire blessé, qui doit attendre le quitus des médecins pour espérer faire le meeting de Thaïlande, et un pilote d’essai devenu titulaire parce que celui qui tenait ce poste a été invité à ne plus venir dans le box de la RC16. Heureusement que Pol Espargaró réussi à obtenir de beaux résultats pour les Autrichiens à la force de son poignet, celui-là même qui est justement blessé…

Mais de Johann Zarco, il ne faut plus rien espérer cette année. Le Français travaille sur ses options 2020, et il n’y en a guère pléthore : il est à l’affût d’une démission de Lorenzo chez Honda, et il parle avec Yamaha pour faire des tests et quelques Grands Prix. Justement, YamahaPit Beirer en a entendu parler de cette M1 ! « Nous ne pouvions pas construire une Yamaha pour Johann » a souligné le directeur sportif de KTM. « Mais il n’a jamais demandé un châssis en aluminium ou une suspension Öhlins. Je ne sais pas s’il le voulait. S’il nous demandait une moto qui devait mieux prendre les virages, nous nous efforcerions de la lui donner. Mais finalement, nous n’avons pas pu lui donner cette moto à la hauteur de ses attentes. Il n’y a aucun souhait que nous n’avions pas exaucé pour lui. Nous avons honoré toutes ses demandes. »

« Nous avons fait une moto plus longue et plus courte, plus basse et plus haute pour lui. Nous avons essayé tout ce qui était en notre pouvoir. En tant que gestionnaire de course, je sais qu’une moto qui convient à un pilote ne s’adapte pas à tout le monde. Nous savons que les pilotes ont des exigences différentes et vous devez essayer de les satisfaire » explique Beirer sur Speedweek. « Nous examinons chaque pilote individuellement, nous n’offensons personne. Mais nous avons un concept de base pour notre moto, nous ne pouvions pas le changer fondamentalement pour Johann. Il ne l’a jamais demandé. Je dirais que nous avons tout fait pour le rendre heureux. »

Sur la décision d’écarter le Français avant la fin de la saison, il rappelle : « nous voulions terminer la saison avec Johann. Mais après un tel événement, quelque chose change dans l’esprit de toutes les personnes concernées, moi-même, l’équipe, etc. Dans le même temps, nous devions préparer l’avenir. Je ne voulais pas laisser 50% de l’équipe d’usine et du projet inutilisés, sans essais, sans progrès sur nos motos. Nous avons besoin de chaque moto et de tous les pilotes, y compris Tech3, pour améliorer la machine. Nous avons besoin de pilotes qui poussent le projet. Je n’ai plus vu cela avec Johann. C’est pourquoi, dans les semaines qui ont suivi Spielberg, est venue l’idée de se séparer de Zarco avant la fin de la saison. »

Pit Beirer termine sur le niveau actuel de la RC16 : « nous avons rendu l’ensemble plus compétitif. Nous sommes meilleurs dans les virages et nous sommes encore plus forts au freinage. Cela résulte d’une combinaison entre le moteur et le châssis. Cela signifie que nous avons également changé le moteur pour rendre la moto plus mobile. Nous avons un peu modifié le moteur pour rendre la courbe de puissance moins agressive. Nous avons donc prolongé la durée de vie du pneu arrière. » Bref, ça avance et on sait que Pedrosa est sur le coup

 



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