Pit Beirer est l’homme des sports chez KTM et il en a vu des pilotes passer dans ses rangs. Mais il s’en souviendra particulièrement d’un. Un cas qu’il n’avait jamais croisé auparavant. Il s’agit de Johann Zarco. Un souvenir marqué au fer rouge car il est aussi celui du sceau de l’échec. En solde de tout compte, il parle de cette période qui est maintenant terminée depuis mardi. Un bilan technique mais, surtout, humain…

Pit Beirer ne sortira apparemment pas indemne de cette période Johann Zarco chez KTM. Sur les ondes de Speedweek, il se confie ainsi : « je n’ai jamais connu un cas aussi délicat de toute ma carrière. Ce que nous avons vu chez Zarco est vraiment une histoire unique. Et elle me rend triste. Il est triste de devoir mettre fin à un projet qui semblait prometteur. Notre objectif était de réussir avec Johann dans le Championnat du Monde MotoGP. Nous voulions élever le projet avec son aide à un niveau supérieur. Nos deux pilotes d’usine devraient se pousser mutuellement. Mais ce n’est un secret pour personne que notre collaboration a eu des problèmes dès le premier jour. Lors des essais de Valence en novembre, il était surprenant qu’il ne puisse pas atteindre immédiatement le niveau de Pol Espargaró. Nous avons vu deux accidents le premier jour lorsque Johann a essayé de pousser la KTM. »

« Je ne peux que souligner le fait que Johann, en tant que personne, est un gars sympa. Il a un caractère spécial. Il est regrettable que nous n’ayons pas atteint les résultats escomptés » a ajouté Pit. « Nous n’avons jamais réussi à lui donner la moto qu’il souhaitait pour son style. Nous savons que nous n’avons pas encore une moto gagnante. C’est la réalité. Maintenant, j’espère que nous porterons notre projet au sommet. En même temps, je souhaite que Johann ait un grand avenir dans ce paddock. J’espère qu’il trouvera un endroit où faire un retour possible. C’était aussi gentil de sa part qu’il ait décidé après notre conversation de mardi, de venir ici en Aragón et dire au revoir d’une façon très humaine à l’équipe. Nous nous sommes serré la main. »

Cela étant dit, Beirer regrette aussi un Zarco émotif : « il ne pouvait pas contrôler ses émotions. Je ne parle pas des commentaires pas très gentils qu’il a donnés au sujet de notre moto. Il était trop stressant quand les choses ne se passaient pas comme prévu. Il était toujours à la recherche d’une moto qui lui permettrait de piloter facilement. Mais cela n’existait pas, alors il est devenu agressif. Bien sûr, si vous voulez réussir en MotoGP, vous devez être agressif. Mais vous devez aussi rester calme et analyser la situation. Dans ce contexte, il avait le sang extrêmement chaud. »

« En dehors du box, il semblait calme, il faisait preuve de compréhension. Mais une fois sur sa selle, il était une personne différente. Même à Misano la semaine dernière, où il était huitième en qualifications et onzième en course, quand c’était décent, il ne pouvait pas voir les points positifs. Il se plaignait toujours des mêmes choses qu’avant. Il était émotionnellement surexcité, il ne pouvait donc pas donner une direction claire en cas de besoin. Chez Tech3, c’était plus facile quand il avait une moto qui lui permettait de se concentrer sur son pilotage. »

Pit Beirer a reconnu que les déclarations de Zarco dimanche à Misano avaient été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : « si je suis honnête, oui, c’est comme ça. Parce que nous sommes vraiment fiers des étapes que nous avons franchies ces dernières semaines. Nous avons vu qu’elles ont aussi aidées Johann. Misano a été extraordinaire pour moi. Mais lundi, j’ai vu que nous étions de retour au point de départ. À ce stade, j’ai perdu espoir que nous pourrions faire le redressement. Johann n’était pas positif sur sa performance à Misano. Il n’a pas partagé notre opinion selon laquelle nous pourrions construire sur cette plateforme. Nous avons décidé lundi d’abandonner la collaboration avec Johann. »



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