KTM est une histoire à part en MotoGP. En effet, l’usine de Mattighofen a fait de tels choix techniques qu’elle ne peut compter que sur ses propres forces et sans la moindre expérience de la concurrence. Autant dire que les Autrichiens n’ont pas choisi la facilité en adoptant le cadre treillis acier et en utilisant les produits suspension de sa marque WP. Mais Pit Beirer est convaincu que la réussite sera au bout du chemin. D’ailleurs, les progrès de la RC16 sont tels qu’elle est aujourd’hui du niveau de la Honda de Marc Marquez… millésime 2018 cependant…

KTM est entré en MotoGP non seulement pour se faire connaître, mais aussi pour démontrer que ses choix techniques en termes de moto que l’on trouve jusque dans sa gamme sont les bons. Il a donc fallu essuyer les plâtres en assumant un cadre treillis acier et des suspensions WP. Et nous voilà à présent en 2020 : « le niveau est très élevé. Nous sommes jeunes, mais le temps des excuses est révolu. Le moment est également venu d’obtenir des résultats dans cette catégorie », déclare un Pit Beirer directeur sportif d’un constructeur décidément exigeant avec lui-même.

« Certains choix font partie de l’ADN KTM pour les motos de série. Quand nous avons commencé, beaucoup de gens m’ont dit qu’il ne serait pas possible de faire du MotoGP avec ces options. Je ne pense pas que la limite soit dans le matériau du châssis ou dans les suspensions WP : aujourd’hui, nous sommes plus rapides que Marc Márquez il y a deux ans. Si quelqu’un avait dit il y a cinq ans que KTM en 2020 serait plus rapide que Márquez sur une Honda officielle de 2018, vous ne l’auriez probablement pas cru » assure Pit Beirer sur Moto.it

“Nous voulons valoriser nos ingénieurs et notre production”

« Le niveau en MotoGP est très élevé et avec des écarts serrés, nous pouvons être compétitifs. Mais nous devons apprendre. Nous voulons que ce châssis et ces suspensions donnent du crédit à tous nos ingénieurs et à notre production. Ce n’est pas le chemin le plus facile à suivre, mais il peut être gagnant » martèle le directeur sportif. Pour y arriver, il peut compter sur les compétences et la motivation de Dani Pedrosa, pilote d’essai de première classe et franc du collier : « Pedrosa a été honnête en nous disant que nous n’étions pas compétitifs pour gagner : il était important pour nous d’avoir une opinion honnête, c’est ce que nous voulions. »

« Nous avons travaillé dur dans les cinq mois qui ont suivi son premier test et à son retour, il a trouvé une situation intéressante. Nous étions intervenus dans de nombreux aspects qu’il nous avait demandés. Il a été étonné de la rapidité avec laquelle nous pouvons fabriquer de nouvelles pièces et répondre à ses demandes. » Faire tout chez soi et à sa façon est aussi un avantage.



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