Dovizioso le reconnait, la saison 2020 a été particulière, avec un format inédit imposé par une pandémie tandis que sa physionomie a été marquée par le forfait du taulier Marc Marquez. A partir de là, le pouvoir était à prendre et c’est Joan Mir, Majorquin de 23 ans, pilote officiel d’une usine Suzuki fêtant son centenaire qui a décroché la timbale. Un épisode original dicté par des circonstances uniques que l’on ne revivra plus ? Andrea Dovizioso, maintenant retiré des affaires, répond par la négative.

Certains ont affirmé que sans Marc Marquez ce championnat 2020 n’avait pas la même valeur et d’autres n’ont pas hésité à dire qu’être couronné en l’absence du même Marquez aurait été gênant. Le point commun entre tous ceux-là ? Ce sont les perdants de 2020.

Des mauvais perdants ? On ne saurait vraiment dire, mais il y a un bon gagnant et il s’appelle Joan Mir. Celui qui a fini quatrième de ce championnat analyse de façon plus objective ce qui s’est passé cette année. Il s’appelle Andrea Dovizioso, et il dit, dans des propos que nous rappelle Speedweek : « ce fut une année assez imprévisible à bien des égards. Mais pour être honnête, je n’attribue pas le succès de Joan Mir à cette saison en particulier. Oui, cela peut avoir eu un petit impact. Mais pour moi, ce n’est pas l’explication de ce résultat ».

L’ancien officiel Ducati déroule ainsi sa propre évaluation : « Joan Mir a déjà montré qu’il avait un talent particulier, dès la Moto3. Puis en Moto2, même s’il n’y a pas gagné. Puis il a rapidement été promu en MotoGP. Il fait partie de ces personnes qui ont quelque chose de différent ». Dovi, qui a remporté 15 Grands Prix en MotoGP, poursuit : « bien sûr, beaucoup de choses doivent être réunies pour obtenir ces résultats ».

Dovizioso : « Mir s’est révélé être le talent que l’on connaissait déjà »

Il souligne notamment deux aspects en particulier : « premièrement, Mir s’est révélé être le talent que beaucoup croyaient être ou que certains connaissaient déjà et il a remporté le championnat. Deuxièmement, Suzuki a montré que vous pouvez gagner un titre en travaillant sur certaines bases qui peuvent sembler « banales ». Mais en travaillant bien sur certaines choses, vous n’avez rien de spécial à proposer. Vous pouvez donc être constant et compétitif, car les deux pilotes Suzuki l’ont fait toute l’année ».

Un hommage à la démarche pragmatique de Suzuki qui pourrait ressembler à une critique voilée à l’égard de Ducati, qui a plutôt pris le parti ces dernières saisons de jouer plutôt la carte de l’innovation et de l’audace : « je n’entrerai pas dans les détails » ajoute prudemment Dovizioso, « mais c’est en fait assez clair : si vous regardez un peu comment fonctionnent les différentes motos, alors à mon avis, la Suzuki est la moto la plus simple, dans l’ensemble ».

Et c’est elle qui a été utilisée par le Champion du Monde tout à fait légitime, évoluant au sein d’un team alignant seulement deux motos et un budget bien moindre que celui de Honda, Ducati et Yamaha pour arriver à ses fins.

 



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