Et si Hervé Poncharal nous révélait, qu’en fait, personne n’a cherché au bon endroit pour décoder un Maverick Viñales quittant une usine Yamaha gagnante avant le terme de son contrat ? Certains ont argumenté que c’était la faute de la nouvelle et forte pression exercée par son équipier Fabio Quartararo, alignant les victoires et menant crânement le championnat. D’autres ont mis en avant le caractère instable de l’Espagnol qui s’est vérifié tout au long de sa carrière et ce que les trois chef-mécaniciens se succédant dans son box confirmeraient. Mais pour le patron de Tech3, l’essentiel est ailleurs et c’est bien plus noble…

Hervé Poncharal a beau être dans le secret des Dieux et arpenter depuis des décennies le paddock des Grands Prix, il lui arrive encore de tomber de sa chaise. Ainsi à Assen, où, comme ses collègues, il a vu un Maverick Viñales décider de laisser son fauteuil chez Yamaha jusqu’à donner l’impression de pouvoir se satisfaire du strapontin Aprilia. Mais comment a-t-on pu en arriver là ? D’aucuns ont lancé des explications sportives et politiques qui tiennent d’ailleurs la route. Mais pour le patron français, il faut plutôt coucher l’Espagnol sur le divan et l’écouter…

Dans un entretien qu’il nous a accordé exclusivement, Hervé Poncharal rappelle ce moment : « cela a été un coup de tonnerre incroyable ! On a un pilote d’usine qui a un contrat de deux ans ferme, avec une machine qui est en tête du championnat du monde, avec un salaire excessivement confortable, qui décide de partir parce qu’il n’est plus heureux, ne se sent plus à sa place et peut-être pas assez supporté ».

Poncharal

Hervé Poncharal sur le cas Viñales : “quelque part ça apporte quand même une note d’humanité”

« Je ne connais pas les détails mais c’est un coup de tonnerre incroyable ». Ce constat fait, le tricolore décline sa propre approche du sujet… « Après, on peut dire qu’il est fou ou tout ce qu’on veut, mais quelque part ça apporte quand même une note d’humanité. Ça montre que les pilotes ne sont pas uniquement intéressés par avoir l’écurie la plus prestigieuse, la machine la plus performant et le salaire le plus élevé qu’ils puissent avoir. Je ne sais pas exactement ce qu’il lui manquait mais il s’est estimé, que ce soit sur le plan technique ou humain, pas très heureux là-bas. Est-ce que c’est la paternité qui lui a fait voir les choses différemment, est-ce qu’il a mis le curseur de ses priorités un endroit différent, je ne sais pas, mais c’est quand même quelque chose à signaler, qui n’est pas banal et qui n’est pas fréquent ».

Il ajoute : « il y en a qui peuvent dire que c’est une décision folle, mais on peut dire aussi que c’est méga couillu. Je ne sais pas si le terme romantique ou romanesque peut choquer des gens mais on peut dire aussi que, dans ce sens, c’est un peu romantique. »

Ensuite, toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite… « Ça n’a rien à voir avec Johann Zarco parce que le weekend où Maverick a pris sa décision, il fait la pole et il peut se battre pour la victoire. Johann, lui, était en galère et ne se sentait pas à l’aise. Maverick a gagné la première course et ça reste malgré tout, même s’il a un peu de retard, un potentiel candidat au titre, donc on ne peut pas trop comparer, même s’il y a aussi une certaine forme de panache et de romantisme dans la décision de Johann ». Hervé Poncharal est un homme sensible, passionné et de cœur…

Hervé Poncharal est satisfait du développement



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