La nouvelle a fait sensation dans le milieu d’une Formule 1 dont on sait que certains de ses acteurs majeurs s’intéressent de près au MotoGP. L’Arabie Saoudite veut ainsi son Grand Prix en 2023, sur un site tout nouveau. De quoi sensibiliser Dorna à la question ? Répondre à cette question, c’est s’aventurer sur un terrain miné au sens propre comme au figuré. Car au calendrier, il y a déjà le Qatar. Or, entre les deux pays, l’entente est loin d’être cordiale… 

Le projet a été évoqué : un Grand Prix de Formule 1 devrait avoir lieu sur le site massif d’Al-Qiddiya en 2023. Les plans exacts ont été annoncés dans le cadre de la finale du Rallye Dakar près de Riyad. Les pilotes de Formule 1 Hülkenberg, Coulthard, Hill, Grosjean et Wurz ont examiné les plans. Mais le triple champion du monde de moto Loris Capirossi est également apparu. On rappellera qu’il travaille aujourd’hui en tant que consultant pour le promoteur du Championnat du Monde MotoGP Dorna.

Le “Al Qidiiya Entertainment Megaproject” est promu par Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz Al Saud et surpassera un jour Las Vegas. Les travaux de construction ont commencé début 2019. C’est l’un des grands projets touristiques du pays et fait partie de la « Vision saoudienne 2030 », qui vise à rendre le royaume indépendant du pétrole.

Les Saoudiens sont intéressés par un événement MotoGP. Mais Dorna a signé un contrat exclusif pour le Moyen-Orient avec l’association QMMF du Qatar. Ce qui ferme toute idée d’escapade en Arabie Saoudite. En effet, depuis 2017, plusieurs pays de la région pétrolière sont en conflit avec le riche émirat du Qatar accusé de soutenir des groupes terroristes dans la région. L’Arabie saoudite et ses alliés l’Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis (EAU) n’ont plus de relations diplomatiques avec le Qatar depuis le 5 juin 2017. Il y a un boycott économique, les frontières nationales ont été fermées. Les compagnies aériennes de ces pays ne se rendent pas à l’aéroport international de Doha depuis trois ans et demi. Depuis lors, Qatar Airways n’a eu aucun droit de survol et aucun droit d’atterrissage avec ces voisins.

De son côté, le PDG espagnol de Dorna, Carmelo Ezpeleta, a mentionné à l’automne qu’il y avait environ 20 demandes pour accueillir le championnat du monde de MotoGP. Dorna prévoit d’autres Grand Prix à moyen terme à Rio, en Hongrie, à Lombok (Indonésie), en Australie avec le nouveau circuit « The Bend Motorsport Park ». En 2020, le Kymi Ring sera ajouté au calendrier si l’infrastructure d’homologation est terminée à temps.

L’Arabie Saoudite reste donc un mirage. Par ailleurs, le MotoGP arpente les tracés où la Formule 1 n’a pas élu domicile. Mais il y a quatre exceptions néanmoins : Austin, Catalunya, Spielberg et Silverstone.