Dans cette saison qui se cherche désespérément un patron, il est un avis dans le paddock qui émerge au détour des commentaires : il s’agit du bon niveau de la Suzuki. Mieux, cette GSX-RR est considérée par beaucoup comme la meilleure moto du plateau. Elle a un quatre cylindres, comme la Yamaha, mais semble moins souffrir que la M1. Les pilotes de la firme d’Iwata n’ont pas été les derniers à le constater. Et ils le disent, quitte à agacer leur employeur…

Il n’y a pas si longtemps, l’idée en MotoGP était que l’avenir appartenait au moteur V4. Les quatre cylindres en ligne, moins puissants et véloces dans les lignes droites, vivaient leurs derniers instants de gloire. De quoi faire douter Yamaha et Suzuki, qui ont adopté cette architecture.

Puis cette saison est arrivée. Et nous avons Yamaha en tête au nombre des victoires acquises jusque-là, tandis que sur la piste, c’est la Suzuki qui semble offrir une grande facilité à rouler à ses pilotes. Valentino Rossi, au sortir de l’enfer autrichien, n’avait pas mâché ses mots en signalent qu’un quatre cylindres en ligne pouvait allait vite, à condition qu’il soit dans une Suzuki.

A présent, c’est un autre pilote d’une M1 qui appuie où ça fait mal. Il s’agit de Fabio Quartararo. Pour la suite du championnat, le Français déclare : « je suis inquiet car les Suzuki sont rapides dans les lignes droites, elles accélèrent bien et peuvent donc bien dépasser et sont généralement rapides », déclare le seconde au classement général, à égalité avec Viñales et à un point du leader Dovizioso : « oui, je suis inquiet car les deux pilotes sont très vite » insiste le tricolore.

« C’est toujours facile de choisir une autre moto et de prétendre que c’est la moto parfaite »

Il poursuit : « j’ai toute confiance. Ce n’est pas facile pour nous. Pour le moment, ils ont la moto parfaite. Elle a un bon châssis, beaucoup de puissance moteur et la tenue de route est bonne. C’est une excellente moto ». Qui est aussi bien pilotée, et notamment actuellement par Joan Mir qui est à présent à quatre points de la tête de la course au titre. Son équipier Alex Rins commente sur la Suzuki : « notre moto est assez complète, mais il manque encore quelques éléments ».Et notamment lors des qualifications, où les GSX-RR ont le plus grand mal à exploiter un pneu neuf sur un tour chrono. Un écueil qui les oblige à de folles remontées en course, et donc à une prise de risque maximale.

Mais la Suzuki est-elle vraiment le nec le plus ultra ? Le pilote Ducati Jack Miller relativise l’analyse de Quartararo qui met sur un piédestal la machine sortie de l’usine d’Hamamatsu : « c’est toujours facile de choisir une autre moto et de prétendre que c’est la moto parfaite. Beaucoup de gens ont dit ça à Jerez à propos de la Yamaha. Mais ce n’est plus le cas », a déclaré l’Australien. « Les KTM fonctionnent très bien. La Yamaha avait l’air très bien en dehors de l’Autriche. Les Suzuki et Ducati avaient l’air bien aussi ». Il n’y aurait donc pas encore de vérité sur ce point… Barcelone, ce week-end, offrira certainement de nouveaux éléments de réflexion sur le sujet.



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