Yamaha veut que le sujet soit tabou pour éviter que cette implosion dans le box de Vinales dans un contexte général miné par la disette de victoire ne tourne à la déflagration générale. Mais c’est dur de couvrir d’une chape de plomb un environnement composé de caractère fort et en permanence connectée. En première ligne, et dans le viseur de Maverick Vinales, le chef mécanicien Ramon Forcada l’a mauvaise. Alors il s’exprime, mais par allusions…

On souhaite bien du plaisir et du courage à Esteban Garcia qui succédera dans un box Yamaha abîmé à Ramon Forcada aux côtés de Vinales. L’ambiance qu’il y trouvera sera particulière et marquée par une crise qui couvait depuis le début de la saison et qui a éclaté à Brno. Il reste dix Grands Prix encore à faire, et on se demande comment leur gestion va s’organiser au vu de la situation révélée en République Tchèque.

Ramon Forcada a participé aux titres de Jorge Lorenzo acquis chez Yamaha en 2010, 2012 et 2015. Sa compétence est à ce point reconnue que la marque au diapason ne veut pas s’en séparer. Et pourtant, elle a accédé aux exigences de son pilote Vinales de le biffer de son paysage. Une situation que le banni explique ainsi sur Autosport : « aujourd’hui, vous ne signez pas seulement un pilote, mais carrément une multinationale. Avant, un pilote arrivait et s’intégrait dans l’équipe pour apporter sa contribution au travail d’ensemble. La méthode et la culture de travail est la seule chose que vous ne pouvez pas acheter. Tout le reste, du matériel aux camions est une affaire d’argent ».

Il poursuit : « force est de constater qu’aujourd’hui, le pilote a beaucoup d’influence. C’est maintenant à l’équipe de s’adapter à lui. Chaque équipe a évolué de la même façon, elle protège son pilote. Sur certains points, c’est bien, mais pour d’autres, les pilotes se permettent aujourd’hui des choses que les équipes n’autorisaient pas avant ».

Il termine : « il y a 20 ans, un pilote était un membre à part entière de l’ensemble de l’équipe. Il passait de longues heures et il aidait à faire évoluer la moto. Cela ne se produit plus actuellement. Il y a 20 ans, aucun mécanicien n’était viré parce qu’un nouveau pilote arrivait avec ses propres mécaniciens. Au pire, il en emmenait un avec lui. Aujourd’hui c’est carrément tout un team qui peut être viré ».

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