Lorsque l’on regarde simplement le classement du Grand Prix de Hongrie, difficile d’imaginer l’ampleur du problème. Quinzième à l’arrivée, à près de 48 secondes de Marc Marquez, pénalisé à deux reprises et sauvant le dernier point disponible presque par miracle : le week-end de Maverick Viñales ressemble à un nouvel échec dans une saison déjà très compliquée. Mais derrière les résultats se cache une réalité bien plus profonde.
Car le problème de Viñales n’est peut-être plus uniquement la KTM. Le problème, aujourd’hui, c’est aussi son corps. Depuis son arrivée chez KTM, Maverick cherche toujours la clé. Et Balaton Park a parfaitement illustré son dilemme.
Lorsque l’Espagnol roulait seul, son rythme n’était pas catastrophique. « La moitié de la course s’est bien passée ; je tournais en 1’39, ce qui était mon objectif. » Mais dès qu’il s’est retrouvé dans le trafic, tout s’est compliqué. « Quand je suis derrière quelqu’un, je dois freiner un peu plus tôt. La moto ne s’arrête pas et je dois mettre beaucoup de pression sur le pneu avant. »
C’est précisément là que le style KTM entre en conflit avec celui de Maverick Viñales. La RC16 exige un freinage extrêmement agressif, une attaque permanente à l’entrée des virages et un engagement physique considérable. Or, c’est justement ce qui lui manque actuellement.
Beaucoup ont oublié à quel point la blessure subie par Viñales en Allemagne l’an dernier a été grave. Lors du Grand Prix du Sachsenring 2025, l’Espagnol s’était sérieusement blessé à l’épaule gauche avec une rupture ligamentaire nécessitant une intervention chirurgicale.
La suite a tourné au cauchemar. Une vis implantée lors de la première opération s’est déplacée. Elle a commencé à frotter un tendon. Son bras s’est progressivement bloqué. Une seconde opération est devenue inévitable.
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Maverick Viñales : « Avec cette KTM, il faut freiner très agressivement, et je n’ai pas encore la force nécessaire »
Même si Viñales est revenu en compétition, les conséquences restent visibles. « Avec cette KTM, il faut freiner très agressivement, et je n’ai pas encore la force nécessaire. » Cette phrase résume probablement mieux sa saison que n’importe quel classement.
Le contraste est particulièrement brutal lorsque l’on regarde les performances de son collègue de marque. Pendant qu’il lutte pour marquer un point, Pedro Acosta joue la victoire face à Marc Marquez.
L’Espagnol ne cherche d’ailleurs pas d’excuses. Il sait exactement où il perd. « Je vois qu’il gagne beaucoup de temps au freinage. Je dois comprendre comment améliorer le freinage de la moto ; c’est crucial. » Autrement dit, Acosta prouve que la KTM peut être rapide. Mais pour l’exploiter, il faut disposer d’une condition physique exceptionnelle et accepter un pilotage extrêmement exigeant.
Avec seulement six points au championnat et une 23e place au classement général, Viñales traverse probablement la période la plus difficile de sa carrière MotoGP. Il est actuellement le pilote KTM le moins bien classé du plateau permanent.
Pour un pilote qui a gagné avec Suzuki, Yamaha et Aprilia, le contraste est saisissant. Pourtant, ses déclarations montrent qu’il n’a pas renoncé. « En course, je commence petit à petit à comprendre comment aller vite avec cette moto. » C’est peut-être la seule véritable bonne nouvelle pour KTM.
Car le problème semble désormais clairement identifié : Viñales n’est pas face à une impasse technique. Il est engagé dans une reconstruction physique après une blessure qui continue de peser sur chacun de ses freinages.
Et tant qu’il ne retrouvera pas toute sa force à l’épaule gauche, la comparaison avec Acosta risque de rester particulièrement cruelle. Brno, dans deux semaines, permettra déjà de mesurer si cette lente remontée est réellement en marche… ou si le tunnel est encore loin de sa sortie.































