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Raul Fernandez

Raul Fernandez a vécu un calvaire à Brno. Le pilote TrackHouse, affaibli par une appendicite, a dû serrer les dents pour terminer 7e. « J’ai cru que j’allais vomir dès le premier tour. Je ne me suis jamais senti aussi mal. » L’Espagnol, qui a échappé à l’opération, a peiné à boucler les 21 tours. Il sera opéré après Assen. Le sacrifice, total.

Le week-end de Brno restera dans les mémoires comme celui de l’explosion définitive d’Ai Ogura. Pole position, record du circuit, deuxième place en Sprint puis deuxième place en Grand Prix : le pilote japonais a signé la plus belle performance de sa jeune carrière en MotoGP et confirmé qu’il n’était plus une promesse, mais déjà un prétendant crédible aux avant-postes.

Pendant que les projecteurs se concentraient logiquement sur l’autre côté du garage TrackHouse, un pilote vivait pourtant un week-end bien différent. Un week-end beaucoup moins spectaculaire, beaucoup moins médiatisé, mais peut-être tout aussi impressionnant.

Car Raul Fernandez a terminé sixième du Sprint, septième des qualifications et septième du Grand Prix alors qu’il souffrait d’une crise d’appendicite qui avait failli le priver purement et simplement du déplacement en République tchèque.

L’Espagnol s’était rendu à l’hôpital dès le mercredi précédant l’épreuve. Pendant plusieurs jours, sa participation est restée incertaine. Finalement autorisé à courir sans opération immédiate, il a choisi de prendre le départ malgré une condition physique très éloignée de celle d’un pilote normalement préparé pour un week-end MotoGP.

Et c’est seulement après la course que l’ampleur réelle de ses difficultés est apparue. « Je me sens encore plus mal, peut-être parce que j’ai tout donné pour être prêt en qualifications et pour le sprint. Mais dimanche, dès le premier tour et pendant toute la course, j’ai cru que j’allais vomir. »

Raul Fernandez

Raul Fernandez : « Honnêtement, je ne suis pas bien. Je me fiche du classement, je me fiche de la course »

Plus révélateur encore, Fernandez explique avoir terminé la course dans un état proche de l’épuisement. « Dès la fin de la course, je suis allé directement aux toilettes parce que je ne me sentais pas bien. Ça va beaucoup mieux maintenant, mais honnêtement, je ne suis pas bien. Je me fiche du classement, je me fiche de la course. »

Dans un championnat où les pilotes filtrent souvent leurs déclarations pour ne pas exposer leurs faiblesses, cette franchise en dit long sur ce qu’il a réellement traversé. Le plus étonnant est sans doute que rien ne laissait véritablement apparaître cette souffrance sur les feuilles de résultats.

Septième. À peine quelques secondes derrière les hommes de tête. Pas d’erreur majeure. Pas d’abandon. Pas de catastrophe physique visible. Simplement une performance solide, presque discrète.

Or c’est précisément ce qui la rend remarquable. Fernandez a révélé qu’il n’avait pratiquement rien mangé ni bu depuis près d’un jour et demi avant la course. « Le problème, c’est que je n’ai rien mangé ni bu depuis un jour et demi. Maintenant, je mange et je bois trop, et ça ne m’aide pas dans ce sport. »

Pour n’importe quel athlète de haut niveau, un tel déficit énergétique constitue déjà un problème sérieux. Pour un pilote MotoGP soumis à plus de quarante minutes d’efforts physiques extrêmes, la situation devient presque incompréhensible. Et pourtant, il a tenu.

Ce week-end raconte également autre chose concernant l’évolution de Raul Fernandez. Pendant longtemps, sa carrière MotoGP a été associée à l’idée d’un immense talent incapable de trouver la stabilité nécessaire pour l’exprimer pleinement. Les changements d’équipe, les blessures, les périodes de doute et les résultats irréguliers ont souvent éclipsé son potentiel.

Brno montre un pilote différent. Un pilote plus mature. Un pilote capable d’accepter la souffrance sans chercher d’excuses. Un pilote qui termine septième alors qu’il explique lui-même avoir passé la course à lutter contre les nausées.

Au moment où son avenir continue d’alimenter les discussions du marché des transferts, cette prestation vaut peut-être davantage qu’un podium obtenu dans des conditions normales. D’autant que Fernandez refuse toujours de confirmer officiellement son renouvellement chez TrackHouse. « Je suis en discussion avec TrackHouse, mais je n’ai encore rien signé. »

La phrase est prudente, mais les faits racontent une autre histoire. Aprilia l’a sélectionné pour participer dès lundi aux premiers essais des futures MotoGP 850 cc, équipées de pneus Pirelli. Dans le paddock, ce genre de décision n’est jamais anodin. Elle témoigne d’un niveau de confiance rarement accordé à un pilote dont l’avenir serait réellement incertain.

Malgré cela, Fernandez refuse de se projeter. Son unique priorité est désormais de récupérer avant Assen. « Maintenant, je vais prendre deux jours de repos complet. Je vais essayer de manger autant que possible et de récupérer pour Assen. » Puis il conclut avec un réalisme presque désarmant : « Honnêtement, je n’ai pas mal au ventre, je me sens juste très fatigué. C’est une sensation très étrange. J’ai juste besoin de bien manger, de bien dormir et de ne rien faire. »

Pendant que tout le paddock célébrait à juste titre l’exploit d’Ai Ogura, Raul Fernandez rappelait une autre vérité du sport de haut niveau. Certaines performances ne se mesurent pas uniquement avec un chronomètre. Parfois, terminer une course vaut davantage qu’un podium. Et parfois, la plus belle démonstration de caractère d’un week-end passe presque totalement inaperçue.

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