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Aprilia

L’aérodynamisme, comme voie de développement sur une moto, a été révélé par Ducati et Aprilia a pris, pour ainsi dire, l’aspiration de son compatriote pour suivre sa propre évolution. Pendant ce temps, les autres concurrents qui sont restés sur leurs certitudes ont manqué le coche et court depuis après les Italiens pour rattraper leur retard. L’effort est tel que les Japonais, mais aussi les Autrichiens, font entendre qu’il serait bon de tout remettre à zéro en refaisant le règlement. Cela sonne comme un aveu d’impuissance, voire d’incompétence, mais comme ils se drapent d’une sorte de morale en s’autoproclamant gardien du temple avec des arguments que les faits, dans chaque Grand Prix, démontrent la mauvaise foi, ils donnent des leçons. Romano Albesiano, qui est aux commandes de la technique chez Aprilia, leur répond…

D’abord, on va tordre le cou à cette supercherie largement diffusée que les ailerons ne servent à rien sur les motos de série et, qu’à partir de là, il faudrait les bannir sur des… Prototypes. Les constructeurs, et ceux qui les relaient, qui se gobergent de cette approche sont les mêmes qui sont incapables de dire ce que l’on retrouve vraiment actuellement de la technologie d’une MotoGP sur une machine proposée en concession. On commencera ainsi par s’interroger sur un constructeur européen qui n’a dans sa gamme que des bicylindres et qui roule avec un V4 en Grand Prix. Mais qui a tout de même des idées bien arrêtées sur les autres.

Pour le reste, on s’en remettra à un homme de l’art, certes intéressé, puisque dans le camp des progressistes, mais dont on ne peut passer sous silence l’approche, et d’autant moins qu’il est fait généralement beaucoup plus écho aux détracteurs, aux airs de mauvais-perdants. Sur motociclismo, on lit ainsi : « l’aérodynamisme a tendance à être diabolisé il est même considéré comme dangereux mais au contraire il contribue à augmenter la sécurité aussi bien sur les motos de course que sur les motos de route » est convaincu l’Italien qui développe : « ce serait une grave erreur si on limitait le développement de l’aérodynamisme. Si vous parlez aux pilotes ils vous diront que la ligne droite du Mugello était avant un point vraiment dangereux avant. Avec l’aérodynamisme actuel, les motos sont prévisibles et gérables cela me paraît important. Je ne pense pas qu’il soit juste d’aller à l’encontre de cette évolution ».

Maverick Viñales, Aprilia Racing, Motul Grand Prix of Japan

Romano Albesiano Aprilia : « actuellement nous avons 15 pilotes capables de gagner. Est-ce qu’on veut revenir aux courses de MotoGP ou le 3e termine à 20 secondes du premier ? »

Voilà pour la question de la sécurité. Mais qu’en est-il de la notion de dépassement avec cette montée en pression des pneus ? Albesiano répond : « je pense que l’aérodynamisme est peut-être 1% du problème en supposant que c’est un problème surtout à des températures élevées. Il est devenu très critique de suivre de près un autre pilote car cela affecte la pression du pneu avant. Ces pneus ont une fenêtre de fonctionnement très étroite en termes de pression. Si vous êtes derrière un autre pilote pendant un certain temps il est très facile que la pression des pneus augmente et entraîne donc une baisse des performances. Vous vous retrouvez à suivre un autre pilote et vous avez un pneu avant qui n’a plus les performances pour l’attaquer. Mais l’aérodynamisme n’y est pour rien. Au contraire, il peut t’aider à limiter l’augmentation de la pression et de la température des pneumatiques ».

L’homme d’Aprilia termine par cette considération générale qui est aussi essentielle : « il faut toujours comprendre quel est l’objectif. Si c’est le spectacle je me demande si les motos qui vont plus lentement augmenterait quoi que ce soit sur ce point. Ces dernières années tout le monde s’est beaucoup amélioré et on est tous arrivé plus ou moins au même niveau. C’est difficile de faire la différence. Il y a des courses spectaculaires encore maintenant. Je ne suis pas sûr que retirer 50 chevaux augmenterait le spectacle. Actuellement nous avons 15 pilotes capables de gagner. Est-ce qu’on veut revenir aux courses de MotoGP ou le 3e termine à 20 secondes du premier ? Serait-ce mieux pour le spectacle ? Je ne pense pas ».

Maverick Viñales, Aleix Espargaro, Aprilia Racing, Misano MotoGP™ Official Test

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