Sur le circuit du Balaton Park pour le Grand Prix MotoGP de Hongrie, le pari de Yamaha sur Toprak Razgatlioglu pour rebondir ne semble pas avoir été gagné, à cause entre autre d’un Jack Miller pourtant poussé vers la sortie.
Après un Mugello très difficile, le week-end du Grand Prix de Hongrie sur le circuit du Balaton Park devait marquer un tournant pour Yamaha en général, et Toprak Razgatlioglu en particulier, le triple champion du monde Superbike, engagé cette saison en MotoGP avec Pramac Yamaha, retrouvant un tracé qu’il avait brillamment dominé en 2025 au guidon de sa BMW, en remportant l’intégralité des courses Superbike. L’espoir était donc permis pour Iwata et le Turc, mais la réalité fut légèrement différente…
Miller en Q2, le sursaut d’orgueil d’un condamné
Dès le vendredi, le scénario idéal s’effondre. Jack Miller, pourtant supposé sur le départ de la catégorie reine, inflige une leçon à son illustre coéquipier. Le vétéran australien, au prix d’un effort intense, parvient à décrocher la dernière place qualificative pour la Q2, devançant de justesse Fabio Quartararo et Toprak Razgatlioglu. 12e en qualification, il termine le Sprint à la 14e place, juste derrière son coéquipier turc.
Mais la revanche survient le lendemain dans le Grand Prix, que Jack Miller termine meilleur pilote Yamaha avec une encourageante 8ᵉ place. Il était même remonté jusqu’en 4ᵉ position au deuxième tour, profitant d’un carambolage géant impliquant Martin et Bezzecchi. Mais ses efforts ont ensuite buté sur une faiblesse chronique de la M1 : le manque d’accélération. « J’ai passé 24 tours à défendre ma position, mais quand vous avez presque 15 km/h de moins en ligne droite, c’est tout simplement trop dur », a-t-il expliqué à l’issue de la course.
Pendant ce temps, Toprak Razgatlioglu, cantonné à la 18ᵉ place sur la grille, a souffert le martyre. Victime du chaos du premier tour au Balaton Park, il s’est retrouvé relégué à plus de cinq secondes de Marc Marquez à la fin du premier passage, ne pouvant finalement faire mieux qu’une anonyme 11ᵉ place. « Dès que j’ouvre les gaz, le pneu arrière patine immédiatement », pestait-il, résumant l’impuissance du clan Yamaha face au déficit d’adhérence. Le week-end hongrois a une fois de plus souligné les difficultés d’adaptation du triple champion du monde Superbike au guidon de la M1, confirmant une saison d’apprentissage semée d’embûches.
Toutefois, si le team officiel d’Iwata fait grise mine avec la 13e place d’Alex Rins et l’abandon de Fabio Quartararo, chez Prima Pramac Yamaha MotoGP on s’attache à voir le côté positif du week-end Hongrois, principalement grâce aux positions à l’arrivée !
Le communiqué de presse ne tarit pas d’éloges sur la prestation
collective, conjuguant « dynamique positive » à
« solides performances » et « week-end
le plus compétitif de la saison pour l’équipe ».
Le ton est le même dans les propos diffusés.
Gino Borsoi, Team Director, Prima Pramac
Yamaha MotoGP : « Cela a
été un week-end très positif pour l’équipe. Hier comme aujourd’hui,
nos pilotes ont réalisé de solides performances et obtenu des
résultats importants, ce qui constitue une belle récompense pour
tout le travail effectué par l’équipe et Yamaha.
Dès le début du week-end, nous avions le sentiment que Balaton
pouvait être un circuit adapté aux caractéristiques de la YZR-M1,
et cela s’est confirmé. Le tracé nous a permis de mieux exploiter
certaines des qualités de notre package et les deux pilotes ont été
compétitifs tout au long de l’événement.
Du point de vue du châssis et de l’électronique, nous ne sommes
désormais plus très loin de nos rivaux. Dans certains domaines et
dans certaines situations, nous sommes déjà capables de rivaliser à
un niveau très similaire, ce qui est encourageant compte tenu de
notre position en début de saison.
Les progrès sont évidents. Nous savons qu’il reste des domaines
à améliorer, mais des week-ends comme celui-ci confirment que nous
avançons dans la bonne direction. Lorsque nous gagnerons encore en
performance, la combinaison de ces pilotes et de cette moto aura le
potentiel de franchir une nouvelle étape importante. »
Jack Miller, même passé à la moulinette de
l’attaché de presse, se veut un peu moins euphorique : « Cela a
été une course correcte pour nous et je pense que nous avons tiré
le maximum de ce que nous avions à disposition aujourd’hui. Nous
avons réussi à éviter les ennuis au départ et à nous placer
immédiatement dans une position nous permettant de nous battre pour
les points.
Ensuite, il s’agissait simplement de gérer la course du mieux
possible. J’ai dû être très prudent avec le pneu arrière, surtout à
la réaccélération, et j’ai passé une grande partie de la course à
essayer de préserver le pneu tendre afin qu’il tienne jusqu’au
drapeau à damier.
Il nous manquait encore un petit quelque chose par rapport à
certains pilotes autour de nous, notamment à l’accélération en
sortie de virage, mais dans l’ensemble cela a été un week-end plus
solide et un nouveau pas dans la bonne direction.
Désormais, toute notre attention se porte sur Brno. Ce circuit
présentera d’autres défis, notamment avec quelques longues lignes
droites, mais nous allons continuer à travailler dur et essayer de
tirer le meilleur parti des points forts que nous avons montrés
lors des dernières courses. »
Toprak Razgatlioglu, quant à lui, reste sur la
même ligne : « Globalement, cela a été mon meilleur week-end
jusqu’à présent en MotoGP. Finir onzième est un résultat positif,
mais plus important encore, j’ai senti que j’avais le rythme pour
me battre encore plus près du top 10.
Pendant la course, j’ai passé presque tout mon temps dans un
groupe avec d’autres pilotes. Le problème, c’est que lorsque je les
rejoins, il est encore très difficile pour moi de dépasser parce
que nous perdons trop dans les lignes droites. Je peux rester avec
eux dans les virages, mais effectuer le dépassement est une autre
histoire.
Nous avons également effectué un petit ajustement du frein
moteur pendant la course, car je souffrais de trop nombreux
blocages de l’arrière. Cela m’a aidé dans certains secteurs, mais
dans d’autres j’ai perdu une partie du feeling dont j’ai besoin à
l’entrée des virages, notamment au virage 5, où j’ai commis
quelques erreurs. Malgré cela, le rythme est resté solide
jusqu’à la fin de la course et les sensations avec la moto
continuent de s’améliorer. Nous avons franchi un nouveau cap ce
week-end, ce qui me donne confiance dans notre capacité à nous
rapprocher encore davantage des pilotes de devant lors des
prochaines courses. »
L’année dernière, malgré une course beaucoup plus rapide, en
42’37.681 contre 42’55.325 cette année, Fabio
Quartararo avait terminé 10e à 15 secondes avec un
meilleur temps en 1’38.278, Miguel Oliveira 12e à
19 secondes avec un 1’38.449.
Cette année, dans une course allégée de 4 pilotes dès le départ,
Jack Miller termine 8e à 23 secondes, avec un
meilleur temps en 1’39.377, Toprak Razgatlioglu
11e à 25 secondes avec un 1’39.103.
Rebond ?
Peut-être, si on parle seulement du V4, et encore…

Résultats du Grand Prix de Hongrie MotoGP au Balaton Park :

Crédit classement : MotoGP.com
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