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Rivola

Le carambolage du premier virage du Grand Prix de Hongrie continue de faire des vagues. Alors que Jorge Martin a déjà écopé d’une double pénalité Long Lap pour Brno après avoir provoqué la chute de Marco Bezzecchi, Raul Fernandez, Fermin Aldeguer et Fabio Di Giannantonio, c’est désormais la réaction de Massimo Rivola qui se retrouve au centre des débats.

Le patron d’Aprilia Racing avait en effet été particulièrement sévère à l’égard de son pilote. « Ce n’est pas le genre d’erreur qu’un champion du monde devrait commettre. » Une déclaration qui n’a pas été du goût de certains qui ont vu Massimo Rivola franchir la limite avec cette interrogation : un patron doit-il laver son linge sale en public ?

Ricard Jové, ancien manager, recruteur et figure respectée du paddock donne sa réponse, et elle est cinglante. Jové ne cherche pourtant pas à disculper Martin. Au contraire. « J’ai clairement constaté que Martin a subi un blocage de l’avant, ce qui lui a fait perdre le contrôle du freinage avec les conséquences que nous avons tous vues. »

Pour lui, la responsabilité est totale. « La responsabilité incombe entièrement à Martin. » Mais il refuse d’assimiler cette erreur à une faute impardonnable. « Être champion n’empêche pas de commettre des erreurs dans des manœuvres à la limite. »

Une phrase qui résume parfaitement sa pensée. Car dans l’esprit de Jové, le problème n’est pas la sanction sportive. Le problème est la manière dont Rivola a choisi de gérer l’affaire…

Rivola

Une vengeance de Rivola après Barcelone ?

L’ancien manager espagnol va même plus loin. Selon lui, les propos de Rivola ne seraient pas seulement une réaction à l’accident hongrois. Ils pourraient être liés aux tensions apparues après Barcelone.

On se souvient qu’après sa collision avec Raul Fernandez en Catalogne, Martin avait perdu son sang-froid dans le garage Aprilia, allant jusqu’à bousculer Paolo Bonora. Un épisode qui avait laissé des traces.

Jové n’hésite donc pas à établir un lien entre les deux événements. « J’y vois plutôt une vengeance publique contre Jorge à la suite de ce qui s’est passé à Barcelone. » Une accusation lourde.

Au fond, la question dépasse largement Jorge Martin. Un directeur d’équipe doit-il critiquer publiquement son pilote ? Ou ces discussions doivent-elles rester dans le garage ?

Jové a une réponse très claire sur X. « Les réprimandes devraient être privées et adressées directement à la personne concernée. » Pour lui, Rivola a franchi une ligne. Et il regrette une tendance grandissante du sport moderne. « Il y a beaucoup trop de Netflix et de séries dans tout ça. » Autrement dit : trop de communication, trop de dramaturgie et pas assez de discussions internes.

Le problème pour Aprilia est que cette polémique intervient dans une situation déjà délicate. Martin quittera l’équipe à la fin de la saison pour rejoindre Yamaha. Marco Bezzecchi, lui, vient de prolonger son contrat.

Et malgré les assurances de Rivola affirmant que tous les pilotes seront traités de manière équitable dans la lutte pour le titre, chaque déclaration est désormais analysée à travers ce prisme.

Lorsqu’un directeur d’équipe critique publiquement un pilote qui s’apprête à partir, certains y voient naturellement davantage qu’une simple analyse sportive. Alors, qui a raison ? La réalité se situe probablement entre les deux positions.

D’un côté, l’erreur de Martin est indiscutable. Le champion du monde 2024 a éliminé plusieurs pilotes dès le premier virage et compromet sérieusement les ambitions d’Aprilia dans la lutte pour les titres pilotes, équipes et constructeurs.

De l’autre, Jové rappelle une vérité fondamentale du sport mécanique : « Être champion n’empêche pas de commettre des erreurs. » Car si l’on suit la logique inverse, aucun champion du monde ne devrait jamais chuter, se tromper ou commettre une erreur de jugement.

Or l’histoire du MotoGP est justement remplie de champions qui ont parfois dépassé la limite. La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si Rivola avait raison de critiquer Martin. Mais plutôt de savoir s’il avait intérêt à le faire publiquement.

Dans un paddock où tout le monde connaît déjà le futur départ de Martin vers Yamaha, cette nuance pourrait avoir beaucoup plus d’importance qu’il n’y paraît.

La polémique souligne une évolution inquiétante dans la communication en MotoGP : la pression des résultats et la médiatisation à outrance semblent réduire la marge de manœuvre des managers pour gérer leurs pilotes en interne. Pour Jove, Massimo Rivola a manqué d’élégance, transformant un fait de course malheureux en un outil de pression politique contre un pilote qui, de toute façon, fait déjà ses valises.

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