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La cuvée rookies 2021, nous vous l’accordons, est pour le moment assez discrète. Pourtant, il s’agit de l’une des plus fournies, niveau talent brut, sur la dernière décennie. Ceci est assez paradoxal, mais nous allons nous expliquer en détail dans cette analyse, au fil d’un petit bilan individuel quant aux principaux intéressés.

Deux rookies ont déjà été évoqués dans la première partie, parue hier. Vous pouvez la retrouver en cliquant sur ce lien.

III. Jorge Martín

Le cas Martín est difficile à juger. Le champion du monde Moto3 2018 réalisait un début de saison canon avant de se blesser lourdement au Portugal. Il fallut attendre la manche catalane, soit cinq courses plus tard, pour retrouver l’Espagnol sur la grille de départ, ou presque.

Une pole position et un podium pour sa deuxième course en MotoGP, c’est du lourd. Certes, son retour de blessure est bien plus discret, mais espérons que la chute n’a pas impacté son mental de manière trop prononcée.

C’est l’une des dimensions aléatoires de la course moto, et même des sports mécaniques en général. Pour aller vite, il faut tomber. La phase d’apprentissage est difficile pour tout le monde, et peu arrivent à s’installer durablement sans se mettre quelques volumes. Marc Márquez est l’exemple parfait, mais d’autres avant lui se sont mangé du bitume pour se faire les dents.

 

Le Martinator. Photo : Michelin Motorsport

 

Jorge Lorenzo, l’un des pilotes les plus propres de tous les temps, eut une période d’apprentissage très difficile. C’est la marque des grands champions. Martín sait comment aller vite. Une fois la confiance retrouvée et des petites erreurs corrigées, comme la bête chute dans le tour de mise en grille à Barcelone, « Martinator » sera extrêmement dangereux.

Attention ! Reprendre confiance après un choc physique et psychologique est loin d’être aisé, tous n’y arrivent pas. Plus que ses résultats, c’est précisément cette dimension qui sera intéressante à suivre sur cette fin de saison 2021.

IV. Enea Bastianini

Pour finir, le rookie le mieux classé au championnat, trônant en 16e position. « Bestia », Marini, même combat. À l’image de son coéquipier, le champion du monde Moto2 2020 peine à se faire une place en MotoGP.

Ses déclarations arrogantes, pour ne pas dire pathétiques, en début de saison laissaient entrevoir un mort de faim, qui serait prêt à pousser pour progresser à l’image d’un Jorge Martín, quitte à tomber.

Certes, il ne bénéficie pas du meilleur matériel, c’est un fait. Pour dire, sa 9e place au Portugal (son meilleur résultat) est assez encourageante, mais l’on attendait plus de panache, de rage, de hargne et de punch de la part de l’italien; un profil à la Brad Binder si vous préférez.

Son état d’esprit bagarreur depuis l’époque du Moto3 ne se décèle pas pour le moment. Évoluer sur des Desmosedici GP19 en 2021 n’est pas un cadeau, mais pour l’instant, Enea s’en sort plutôt bien. S’il continue comme ça, nous pourrions le revoir souvent dans le top 10 mais viser plus haut semble compliqué.

 

Photo : Michelin Motorsport

 

Petit pronostic, histoire de se mouiller un peu. Bastianini devrait finir l’année correctement (autour de la 12/13e place), mais derrière Martín, qui montera une nouvelle fois sur le podium. Son état d’esprit lui permettra même de jouer une victoire.

Nous prévoyons (comprenez l’auteur de cet article) une belle progression pour Luca Marini, qui devrait gagner en confiance après sa probable signature chez Ducati VR46 Aramco en 2022. Sauf grosse surprise, bien entendu. Luca pourra même espérer tutoyer son coéquipier au classement général. En revanche, pas d’évolution pour Lorenzo Savadori, qui devrait continuer à subir la loi Aleix Espargaró toute la saison durant.

N’hésitez pas à nous donner vos pronostics en commentaires, tous seront lus attentivement.

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport 

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