À quelques heures du Grand Prix d’Italie, une drôle de rumeur circule dans le paddock du Mugello. Toprak Razgatlioglu, le pilote Pramac Yamaha, a formulé une proposition pour le moins originale : passer un accord avec Fabio Quartararo pour percer les mystères du tracé toscan. Une boutade qui cache une réalité technique implacable : sur cette piste, la vitesse de passage en courbe est le seul rempart contre la puissance brute des moteurs concurrents.
Toprak Razgatlioglu n’a pas couru au Mugello depuis douze ans. La dernière fois, c’était en Red Bull Rookies Cup. Aujourd’hui, sur une Yamaha M1, il doit apprendre. Et qui mieux que Fabio Quartararo, le maître des virages, pour l’aider ?
Le Turc plaisante. « Il faudrait peut-être qu’on conclue un accord avec lui ! » Le Français, vainqueur en Italie en 2021, deuxième en 2022, utilise sa vitesse en virage pour compenser le manque de puissance de la Yamaha. Toprak, lui, a encore du mal avec le style MotoGP (freinage, adhérence, pneus). Il s’améliore, mais le Mugello, circuit rapide, sera un test. « Je dois absolument le suivre de près dès la première séance. » Accord ou pas, l’apprentissage sera visuel.
Toprak Razgatlioglu commence à comprendre que le MotoGP n’a rien d’un simple passage accéléré depuis le Superbike. Et visiblement, le Turc a déjà identifié l’homme qu’il doit observer de très près ce week-end au Grand Prix d’Italie MotoGP 2026 : Fabio Quartararo.
Avec humour, mais aussi beaucoup de lucidité, Razgatlioglu a reconnu qu’il allait probablement devoir “conclure un accord” avec le Français pour comprendre certains secrets du Mugello. « Fabio est toujours très fort là-bas. »
Quartararo est considéré comme l’un des pilotes les plus naturels du plateau sur les circuits où la vitesse en courbe devient essentielle. Et justement, le Mugello est probablement LE circuit parfait pour cela.

Toprak Razgatlioglu : « Je suis revenu et j’ai demandé : “Avons-nous un problème avec les pneus ?” »
Pourquoi ? Parce que Quartararo compense énormément par les trajectoires, le maintien de vitesse, la fluidité et surtout l’engagement dans les longues courbes rapides. Or Toprak découvre précisément à quel point cet aspect change totalement en MotoGP.
L’ancien champion du monde Superbike reconnaît lui-même que sa transition reste compliquée : « Je retombe encore dans un style Superbike. » Barcelone lui a servi de véritable électrochoc. Le Turc a été littéralement choqué par le manque d’adhérence du circuit catalan avec les pneus Michelin. « C’était la première fois de ma vie que je voyais une piste à très faible adhérence avec des pneus Michelin. »
Puis il raconte sur crash.net sa stupeur après les premières séances : « Je suis revenu et j’ai demandé : “Avons-nous un problème avec les pneus ?” » La réponse du box Yamaha l’a visiblement laissé sans voix : « Ils m’ont répondu que c’était pareil pour tout le monde. »
En Superbike, Toprak est habitué à exploiter énormément le grip mécanique des Pirelli. Avec Michelin et les prototypes MotoGP, la logique change totalement. Et le Mugello pourrait justement l’aider. Pourquoi ? Parce que le circuit italien récompense davantage : la vitesse naturelle en courbe, la fluidité, le relâchement et moins les freinages extrêmes
Toprak lui-même semble presque soulagé : « Au Mugello, on n’a pas besoin de freinages brusques, on a juste besoin de vitesse en virage. » Autrement dit : exactement le terrain où Quartararo excelle.
Toprak commence à comprendre que le MotoGP ne se pilote pas seulement avec du talent brut.
Il faut aussi apprendre les pneus, les flux d’air, les trajectoires, le rythme des prototypes et surtout les secrets des pilotes déjà installés. Et au Mugello, il semble avoir choisi son professeur idéal : Fabio Quartararo.
Toprak Razgatlioglu, le phénomène Superbike, apprend le MotoGP. Le Turc, 29 ans, ne se laisse pas abattre. Il veut suivre Fabio Quartararo, le maître des virages, pour copier ses trajectoires. « Un accord ? » plaisante-t-il. L’apprentissage, parfois, passe par l’observation. Et l’humilité. Toprak, déterminé, veut progresser. Le Mugello, théâtre de batailles, sera une leçon. Leçon de vitesse, de glisse, de pilotage. Le Turc, élève appliqué, prendra des notes. Et, qui sait, ira chercher des points.































