F1
Publié le 28 mai 2026 • 18:45 par Oléna Champlain

F1 : Hamilton et Leclerc propulsent la Luce… et Ferrari plonge dans le noir

Hamilton et Leclerc défendent la Ferrari Luce, mais la supercar électrique à 640 000 $ est déjà critiquée pour son design controversé.

Ferrari

Les pilotes Ferrari, Lewis Hamilton et Charles Leclerc avaient le sourire parfait, les costumes impeccables et les éléments de langage bien récités. Ferrari pensait probablement tenir là la campagne idéale pour faire avaler sa révolution électrique aux tifosi. Deux stars de la F1, une mise en scène ultra léchée, une Ferrari “du futur” censée réinventer le luxe automobile. Sauf qu’en quelques heures, la Ferrari Luce est surtout devenue… la cible préférée des réseaux sociaux.

Ferrari « Luce » : “une Nissan Leaf à 640 000 dollars

Et franchement, difficile d’ignorer le problème : cette voiture ne ressemble pas à une Ferrari.

Sur X, Reddit, Instagram et les forums spécialisés, les comparaisons assassines se sont multipliées. Certains parlent d’une “Nissan Leaf à 640 000 dollars”, d’autres d’un “grille-pain Apple sur roues”. Un internaute résume brutalement l’ambiance : “Si on retire le logo Ferrari, impossible de deviner la marque.”

Le plus cruel pour Maranello ? Même d’anciens dirigeants de la marque tirent à boulets rouges. L’ex-patron mythique de Ferrari, Luca di Montezemolo, a carrément lâché que ce modèle risquait de “détruire une légende”. Il aurait même ironisé en expliquant que “les Chinois ne copieront certainement pas ce design”. Ambiance.

Le design signé LoveFrom, le studio de Jony Ive, ancien gourou esthétique d’Apple, est au cœur de la polémique. Le constructeur Italien voulait probablement créer un “iPhone sur roues”. Le problème, c’est qu’une Ferrari n’est pas censée ressembler à un gadget high-tech minimaliste sorti de Cupertino. Plusieurs observateurs estiment que la marque italienne a sacrifié toute son identité sur l’autel de la mode électrique et des “tech bros”.

Et pourtant, en interne, tout va bien. Le PDG Benedetto Vigna affirme que les commandes affluent déjà malgré le prix délirant de 550 000 euros. Mais derrière les discours rassurants, les marchés ont envoyé un signal beaucoup plus brutal : après la présentation officielle, l’action Ferrari a plongé de plus de 8 %, effaçant plusieurs milliards d’euros de valorisation.

Ce qui choque surtout les puristes, c’est la philosophie même du projet. Une Ferrari, historiquement, c’est un V12 hurlant, une ligne agressive, une émotion mécanique presque théâtrale. Ici, Ferrari tente de compenser le silence électrique avec… un faux bruit moteur artificiel. Oui, une supercar à plus d’un demi-million qui imite électroniquement le son d’un moteur thermique. Difficile de faire plus ironique.

Au fond, Hamilton et Leclerc étaient peut-être les seuls capables de rendre la Luce désirable pendant quelques minutes. Et c’est probablement là tout le problème : quand les pilotes deviennent plus convaincants que la voiture elle-même, le marketing commence à sentir la panique.