Pour sa sixième participation aux 24 Heures du Nürburgring, Jules Gounon pensait probablement avoir déjà tout vu. Puis Max Verstappen a débarqué avec son équipe, ses supporters et, accessoirement, un rythme qui a transformé l’Enfer Vert en annexe de son jardin.

Verstappen arrive, et le Nürburgring change de dimension
Jules Gounon n’est pas exactement le genre de garçon à découvrir l’endurance avec un badge VIP autour du cou. Pourtant, lorsqu’on lui demande ce qui a changé aux 24 Heures du Nürburgring 2026 avec la présence de Max Verstappen au sein de son équipage, le Français ne cherche pas à jouer les blasés.
« C’était ma sixième participation aux 24 Heures du Nürburgring, et cette année a été extraordinaire. »
Et pour une fois, le qualificatif ne ressemble pas à une formule de communiqué de presse.
Le simple engagement du quadruple champion du monde avait déjà transformé l’épreuve en événement mondial. Verstappen découvrait pourtant les 24 Heures du Nürburgring, associé à Jules Gounon, Dani Juncadella et Lucas Auer dans la Mercedes-AMG GT3 n°3 de Verstappen Racing.
Résultat : 352 000 spectateurs annoncés sur le week-end et, pour la première fois dans l’histoire de l’épreuve, des billets vendus jusqu’au complet. Manifestement, l’Orange Army avait trouvé une nouvelle forêt où planter ses drapeaux.
Mais le phénomène n’était pas uniquement commercial. Avant même la course, Gounon avait été particulièrement frappé par l’adaptation de son nouveau coéquipier.
« Il est arrivé, il était immédiatement dans le rythme, il comprend la course. »
Pas forcément la phrase la plus rassurante lorsque l’on est pilote GT professionnel depuis des années et que le petit nouveau débarque entre deux Grands Prix de F1.
Le touriste en GT3 avait visiblement oublié d’être lent
Car les chronos ont ensuite donné une dimension assez embarrassante au compliment.
Le meilleur tour de Verstappen en course a été enregistré en 8’12″818, devant Maro Engel en 8’13″213 et Dani Juncadella en 8’13″718. Gounon, lui, avait signé 8’18″993. Les conditions n’étaient évidemment pas identiques pour chacun, ce qui interdit les comparaisons simplistes, mais l’analyse des relais simultanés est tout aussi révélatrice : Verstappen a été plus rapide que son adversaire direct de la Mercedes sœur lors de chacun de ses six relais comparés.
Sur ses 48 tours, il a devancé la voiture n°80 lors de 35 passages comparables. Même après correction de certains Code 60 et différences de passage aux stands, l’analyse de Motorsport.com lui attribue encore plus d’une minute d’avantage cumulé. Bref, pour quelqu’un censé venir « découvrir » l’endurance, il avait visiblement sauté le chapitre consacré à la période d’apprentissage.
Cela explique aussi pourquoi Gounon déclarait avant l’épreuve ne pas vraiment savoir ce qu’il pourrait enseigner au Néerlandais. Il soulignait également quelque chose de moins visible au chronomètre : Verstappen s’intéresse aux GT3, GT4, Porsche Cup et plus largement à pratiquement tout ce qui possède quatre roues et un numéro sur les portières.
Deux minutes d’avance… puis la mécanique décide de rappeler qui commande
Sportivement, le scénario était presque trop propre.
La Mercedes n°3 s’est retrouvée en tête avec environ deux minutes d’avance, après notamment une excellente gestion des conditions changeantes et du choix des pneus pluie. Puis, à 3 h 20 de l’arrivée, l’arbre de transmission a décidé que le scénario manquait manifestement de cruauté. Long arrêt au stand, victoire envolée.
La voiture a finalement repris la piste, mais le trophée est revenu à l’autre Mercedes-AMG de Maro Engel, Luca Stolz, Fabian Schiller et Maxime Martin, partie seulement 25e. Mercedes remportait ainsi l’épreuve pour la première fois depuis 2016.
C’est probablement ce qui rend le souvenir de Gounon encore plus marquant : Verstappen Racing n’a même pas eu besoin de gagner pour devenir l’une des grandes histoires de cette édition.
Et quelques mois plus tard, Verstappen Racing finit enfin le travail
L’aventure GT3 ne s’est d’ailleurs pas arrêtée à cette panne.
Le week-end dernier à Magny-Cours, Gounon et Juncadella ont offert à Mercedes-AMG Team Verstappen Racing sa première victoire au classement général en GT World Challenge Europe. Parti de la pole, Gounon a construit l’avance avant de laisser le volant à Juncadella, qui a résisté jusqu’au drapeau à damier.
Une victoire qui arrive après une série assez impressionnante d’occasions perdues, de pannes et de frustrations. Autrement dit, le projet personnel de Verstappen commence doucement à ressembler à autre chose qu’un sympathique passe-temps de champion de F1.
Et c’est peut-être là le plus intéressant dans les propos de Gounon. Verstappen n’a pas simplement participé aux 24 Heures du Nürburgring : il en a changé l’atmosphère, attiré une foule record et obligé quelques spécialistes du GT à regarder leurs feuilles de chronos avec un léger froncement de sourcils.
Pour une première, on a connu plus discret.

Jules Gounon on Max Verstappen:
🗣️"Well, we have one guy to thank, and that's Max, because he gave us so many opportunities during the winter to test. Many days with good tyres."
🗣️"And we have a great set of engineers, with the four of them, behind the scenes that are working… pic.twitter.com/GrD0Mn3Ba3
— MV33Racing🏎 (@MV33Racing) August 6, 2026









