Après avoir évoqué le cas de Brad Binder il y a peu, revenons aujourd’hui sur un autre pilote destiné à quitter la grille MotoGP ; Jack Miller semble sans solution pour la saison prochaine, mais espère rebondir en WSBK. Que penser de sa situation ? Analyse.
La fin du sursis
Malheureusement, ça ne m’étonne pas. Depuis plusieurs années maintenant, Jack Miller dénote sur la grille en raison de ses performances aléatoires, et ce qui devait arriver arrive maintenant. Je peux comprendre la tristesse de certains, car c’est vrai que Miller est un personnage, qui se démarque assez largement du reste par son honnêteté, sa franchise, et ses blagues. Mais aujourd’hui, malheureusement, ça ne fait plus rire.

Lorsque je remonte la carrière de Jack Miller, je vois un moment qui change tout : la signature chez KTM, en 2023. À l’époque, il était une excellente deuxième option dans une équipe, un vrai pilote fait pour supporter la star, mais qui pouvait aussi s’imposer grâce à ce grain de folie, et une très bonne aptitude sur piste mouillée. Il ne fallait pas l’attendre exceptionnellement haut au classement général, mais, chez Ducati, il faisait le travail très honorablement. Puis vint ce passage totalement raté chez KTM.
Tout le monde a été très déçu. Après un bon début de saison 2023, il n’a fait que régresser jusqu’à la fin d’année 2024. Et à l’époque, j’ai été très étonné de savoir qu’il bénéficierait de deux années supplémentaires chez Pramac Yamaha, alors qu’il n’avait clairement plus son niveau d’antan. En 2023, il avait terminé 11e du général, en 2024, 14e, décroché par la nouvelle star Pedro Acosta. Les résultats annuels ne sont pas très importants avec un pilote de ce genre. Non, on attend plus des coups d’éclat, mais ils avaient aussi disparu.
Après avoir été sauvé par son ancienne famille, il n’a pas fait mieux. Certes, de nos jours, il arrive parfois à s’illustrer en Practice, en devançant Fabio Quartararo à machines égales. Mais ça ne va pas plus loin. Il compte, pour meilleur résultat sur Yamaha, une quatrième place acquise lors du Sprint en Australie, et une cinquième place le dimanche. Ce n’est pas si mal, d’accord, mais dans le MotoGP actuel où tous les pilotes doivent prétendre au podium, ce n’est clairement pas suffisant.
Ces deux années de plus ne lui auront pas servi à se relancer. À 31 ans, l’Australien a comme fait le tour de la question, je ne vois pas ce qu’il pourrait faire d’inédit à ce stade de sa carrière.
Les limites du passeport de Jack Miller en MotoGP

Sa signature avec Pramac Yamaha était tellement… choquante, que beaucoup, dont moi, avaient suggéré qu’il avait été choisi pour sa nationalité. C’est d’ailleurs encore ce que je pense. L’Australie est un énorme marché pour la moto, et nul doute qu’une organisation comme MotoGP SEG doit l’investir. De plus, Carmelo Ezpeleta et ses hommes avaient clairement affirmé que le sport avait pour vocation de s’ouvrir au monde, et plus, qu’il devait se distancer de ses accents italiens et espagnols.
Jack Miller a pris la relève de Casey Stoner en tant que pilote australien, et il a très bien rempli sa mission. Bon ou pas, on parlait de lui pour son personnage, à tel point que ses fans pullulaient sur les réseaux sociaux lorsqu’il était officiel Ducati. Le truc, c’est que le MotoGP SEG se doit d’avoir un Australien sur sa grille pour 2027, avec le Grand Prix dans les rues d’Adélaïde qui s’annonce. Miller aurait-il pu être prolongé juste pour cette occasion ? Ça aurait fini par se voir. Heureusement, si je puis dire, Senna Agius, très bon Australien en Moto2, se dirige vers KTM Tech3 pour la saison prochaine.
Conclusion
Ce que je vais dire n’engage que moi : la montée en puissance de Senna Agius est le coup de grâce pour Jack Miller en MotoGP. Là, il n’a plus aucun argument à faire valoir. Ses performances, guère plus impressionnantes que celles du rookie Toprak Razgatlioglu, ne pourraient absolument pas justifier une prolongation. Et sa nationalité, très importante elle aussi, est également celle d’un jeune qui monte.
J’espère quand même qu’il retrouvera un bon guidon en Superbike, car aux dernières nouvelles, ça n’était pas gagné. Que pensez-vous du cas Jack Miller ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport









