Le Grand Prix Octo de Saint Marin et de la Riviera de Rimini (titre officiel) est considéré par la plupart des pilotes italiens comme leur Grand Prix national, contrairement au Gran Premio d’Italia TIM qui se déroule au Mugello. 

En effet, bien que les deux épreuves ne soient géographiquement pas très éloignées, la première se situe au cœur même des racines historiques de la compétition italienne et dans une région où nombre d’entre eux sont nés et résident encore.

Dans l’immédiat après-guerre, l’Italie est appauvrie et, comme en Espagne, les masses populaires se déplacent en 2 roues économiques (d’où le succès de la légendaire Vespa née en 1946).

Des épreuves sont alors organisées quasiment tous les week-ends tout au long de la côte adriatique, région qui allie à la fois un bord de mer quasi infini ainsi qu’une population abondante et passionnée.

La première course a lieu à Tortoreto mais les suivantes se regroupent en Emilie-Romagne, à Cervia (Milano Marittima), Lugo, Cesenatico, Rimini, Riccione et Cattolica, voire Pesaro.

On les regroupera sous le nom générique de Mototemporada Romagnola.

Les “circuits” sont urbains et, front de mer oblige, se limitent le plus souvent à quelques bottes de paille disséminées dans les virages à angle droit qui relient une poignée de rues rectilignes.

Les courses seront peu à peu regroupées officiellement dans le championnat italien en 1962, mais 1960 marque déjà un changement majeur avec l’ouverture de la Mototemporada Romagnola aux pilotes étrangers.
Dès lors, comme les courses se déroulent en début de saison, de nombreux pilotes internationaux viennent en effet « s’entraîner » et mettre au point leurs motos, officielles ou pas, dans ces courses locales.

Parmi eux, rien de moins que des noms comme Hailwood, Read, Duff, Herrero, Redman, Ivy, Simmonds, Findlay, Carruthers ou Andersson, sont venus se mêler aux Italiens, dont les plus célèbres ont été Agostini, Pasolini, Provini, Pagani, Bergamonti, Spaggiari, Parlotti, Grassetti, Villa ou Buscherini : bref, du beau monde !

 

Giacomo Agostini, victoire sur MV 500. Cesenatico 1966

 

Cesenatico 1968. La chute de Grassetti (Benelli 350)

 

Rimini 125cc, 1968. Ralph Bryans (30), Francesco Villa (15), Walter Villa (11)

 


“Temporada” 500cc à Riccione en 1969; Honda n.63 Mike Hailwood et MV n.1 Giacomo Agostini

 


Read, Rimini 1970…

 

Rimini 1971

Angelo Bergamonti sur la MV 6 cylindres…

Il faut dire que la plage et une certaine Dolce Vita ne sont pas totalement étrangères au succès de la formule…

Agostini et Pasolini en train de dîner…

La notoriété et le nombre de participants iront donc en grandissant tout au long des années 60′ pour se terminer brutalement, le 4 avril 1971, durant la course de Riccione; sous une pluie battante, Angelo Bergamonti, pilote officiel MV Agusta, perd le contrôle de sa 350 lors d’un duel avec Agostini et meurt tragiquement.


A Riccione, le jour du drame…

Dès l’année suivante, les courses de la Mototemporada Romagnola se dérouleront uniquement sur circuits, les épreuves de Rimini, Cesenatico et Riccione étant purement et simplement annulées par arrêté préfectoral.

D’ailleurs, si en 1972, un calendrier paru dans Moto-Revue annonçait Modena (19 mars), Rimini (26 mars), Cesenatico (3 avril), Riccione (9 avril) et Imola (3 septembre), la course de Modena aura bien lieu, mais le samedi 25 mars à Rimini (tracé urbain), alors que les pilotes sont sur place, le Préfet de Forli prononce l’interdiction de la course pour des raisons de sécurité.
Les courses suivantes (Cesenatico et Riccione) seront également purement et simplement annulées.
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Dessiné en 1969 et mis en chantier à partir de 1970, le «Circuito Internazionale Santa Monica» (nommé ainsi jusqu’en 2006) sera inauguré le 4 août 1972 à Misano-Adriatico, et possède un tracé alors très similaire à ce que l’on retrouve encore aujourd’hui. La piste mesure 3488 mètres et les virages se nomment alors Brute pela, Curva della Quercia, Curva del Carro, etc. On y tourne dans le sens anti-horaire, contrairement à aujourd’hui.

Tout d’abord utilisé par les voitures, le circuit italien reçoit en 1973 le Gran Premio di Pesaro qui n’est pas au calendrier du Championnat du monde. Angel Nieto y remporte l’épreuve des 125cc sur une Morbidelli, Michel Rougerie celle des 250cc  sur son Harley-Davidson, et les autres courses sont annulées à cause de la météo.

Le 24 mars 1974, Read gagne en 350 et 500 après les abandons d’Agostini dans une course nationale, et Misano reçoit son premier Grand Prix en 1980, celui des Nations (58ème édition). Les vainqueurs se nomment alors Eugenio Lazzarini (50cc) sur Iprem, Pierpaolo Bianchi (125cc) sur MBA, Anton Mang (250cc) sur Krauser, Johnny Cecotto (350cc) sur Yamaha  et Kenny Roberts sur Yamaha 500cc.

 

On assiste aux victoires de Eugenio Lazzarini sur Iprem (50cc), Pierpaolo Bianchi (125cc) sur MBA, Anton Mang sur Krauser 250, Johnny Cecotto sur Yamaha 350 et Kenny Roberts sur Yamaha 500cc.
Débuts de la Kawasaki KR500.


Podium 125. Guy Bertin, Pierpaolo Bianchi et Bruno Kneubühler

Sheene et Cecotto
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Roberts, entouré d’Uncini et de Rossi

L’ère moderne est bien lancée, mais c’est une autre histoire que nous vous conterons plus tard…

Ces racines géo-historiques expliquent cependant pourquoi une grande quantités de “bambini” de la région ont été piqués par le virus de la compétition moto, à commencer par un certain Valentino Rossi, qui demeure toujours à quelques kilomètres du circuit…
Aujourd’hui, 18 des 24 pilotes italiens présents cette année en championnat du monde sont nés ou vivent dans un rayon de moins de 50 kilomètres du Misano World Circuit Marco Simoncelli


 

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