Bon, c’est le moment coup de gueule. Pour le retour de Parlons MotoGP, je désirais évoquer une règle actuellement dans les tuyaux. Dès 2027 pourrait-être introduite l’idée de ne fournir qu’une seule moto par pilote, au lieu des deux traditionnellement distribuées à nos héros. Non seulement ça ne fait aucun sens, mais en plus, ça ne convainc personne. Et pourtant, ça risque d’arriver.
Des raisons incompréhensibles
Je ne suis pas contradictoire de nature. À chaque nouveauté – et on a été « gâtés » de ce point de vue depuis 2023 –, j’essaie d’analyser la situation, en tenant compte des arguments pour et des arguments contre. Il ne faut pas vivre dans le passé, croire qu’évolution rime toujours avec déception. Mais là, dans ce cas précis, je ne comprends rien.

D’après certaines sources, le MotoGP a dégagé un bénéfice de 54 millions d’euros en 2025. Photo : Michelin Motorsport
Pour résumer la situation, l’association des constructeurs, ou MSMA, désire réduire l’allocation à une moto par pilote lors des séances d’essais dès 2027. J’anticipe déjà vos commentaires : non, cette idée ne vient pas de Liberty Media, elle n’est pas soutenue par l’entreprise américaine. Ce sont bien Ducati, KTM, Yamaha, Aprilia et Honda qui essaient de trouver un accord.
Mais… pourquoi ? Pourquoi changer totalement la physionomie du championnat, priver les pilotes qui ont chuté de reprendre le guidon dans la même séance ? Vous l’avez déjà deviné. Pour réduire les coûts, tout simplement !
Je crois rêver. Des rumeurs parlent d’un million et demi d’euros économisés par an en préparant une moto plutôt que deux, notamment grâce à une logistique facilitée, car le transport des motos et des pièces est onéreux, mais également, bien entendu, à une réduction des effectifs ! Le sport dont tout le monde vante actuellement la grandeur, qui réunit des millions de personnes sur le bord des circuits, dont on essaye de nous faire croire en permanence qu’il s’agit de la « meilleure discipline motorisée du monde », en est à réduire les effectifs de quelques mécaniciens. Je reconnais bien là le fameux « ruissellement » capitaliste. Au lieu de justement profiter des recettes prétendument faramineuses dues aux nombreuses innovations de Liberty Media, et d’embaucher encore plus de monde, non, les grosses corporations y voient un moyen de gagner de l’argent en diminuant la masse salariale. Un procédé, qui, en 2026, ne devrait plus m’étonner.
Parlons chiffres. À la fin du premier trimestre cette année, les revenus du MotoGP ont augmenté de 30 % par rapport à 2025. Alors, oui, le championnat est en perte à cause du calendrier remanié et de la hausse du prix de l’essence. Mais c’est temporaire, fluctuant. L’information à retenir, c’est que les entrées d’argent sont de plus en plus importantes ; si l’on voulait vraiment gratter sur la logistique, on pourrait d’abord avoir un calendrier plus cohérent et moins long.
Comment cette règle s’appliquerait-elle ?
En parler, c’est bien, l’appliquer, c’est autre chose. Comment cela fonctionnerait-il ? Eh bien, là encore, c’est flou. Les rumeurs disent qu’une moto de secours existerait toujours, mais dans le paddock, à l’abri du regard des gens. Günther Steiner parlait d’une « moto en pièces détachées », à remonter seulement si la principale est cassée. En gros, un pilote qui tomberait en FP1 devrait au moins attendre la Practice avant d’enfourcher la deuxième machine.
Comme Steiner, je pense que cela augmenterait significativement le temps de travail des mécanos, qui devraient donc se hâter à préparer la deuxième monture, puis réparer la première. C’est d’autant plus incompréhensible que le MSMA parlait aussi d’une sorte de « couvre-feu », comme en F1, pour limiter le temps de travail des mécaniciens. Des questions restent cependant sans réponses.
Qu’en est-il des courses flag-to-flag ? Si je comprends bien, cette règle supprimerait ce somptueux ballet par temps de pluie. Que se passerait-il si un pilote chutait en FP1 avec sa moto n°1, et en Practice avec sa moto n°2 ? Ou qu’il cassait ses deux motos pendant le week-end ? Après tout, à notre ère, les chutes sont très vite arrivées, et il n’est pas rare qu’un pilote tombe carrément trois, quatre fois en un week-end. Cela ne contredirait-il pas totalement l’idée d’avoir des pilotes de réserve, qui, justement, devraient assurer la présence des motos en piste si les titulaires se blessaient ?

Marc Marquez a besoin, parfois, de chuter trois à quatre fois pour trouver la limite. Qui ne voudrait plus voir cette philosophie ? Photo : Michelin Motorsport
Une idée qui ne convainc personne
Si j’étais le seul à me fâcher, je me poserais des questions. Tous les fans sondés sont assez remontés, beaucoup pensent qu’il s’agit d’une nouvelle proposition de Liberty Media, ce qui, je le rappelle, n’est pas le cas. Mais qu’en est-il des acteurs du paddock ?
Tous sont contre, ou presque. Günther Steiner, boss de Tech3, a détruit cette idée dans une interview récente. Il a été team principal en Formule 1 pendant de longues années, est dans les sports mécaniques depuis très longtemps, et pourtant, lui non plus ne comprend pas. Ça me rassure. Pedro Acosta aussi était très énervé, tout comme les mécanos sondés, bien sûr.
Les Sprints ont chamboulé le paysage, oui, mais objectivement, on pouvait comprendre la logique d’une telle introduction. Là, je suis carrément perdu. J’essaie de me voiler la face, en me disant que ça ne peut pas arriver juste pour gagner quelques euros sur le dos d’honnêtes et passionnés mécaniciens, véritables piliers de notre sport, qui mériteraient d’être encore plus nombreux. Et pourtant.
S’il vous plaît, aidez-moi à trouver un argument en faveur de cette proposition en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Pedro Acosta était encore plus critique que moi. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport































