Lorsqu’on évoque les grandes légendes de Ducati en MotoGP, les mêmes noms reviennent naturellement : Casey Stoner, le premier champion du monde de la marque, Francesco Bagnaia, artisan de la renaissance moderne, ou encore Marc Marquez, auteur d’une saison historique dès son arrivée à Borgo Panigale. Pourtant, Patrizia Cianetti, directrice marketing et communication de Ducati, désigne un tout autre pilote comme la véritable icône de la marque : Troy Bayliss.
Un choix qui ne repose ni sur les statistiques, ni sur le palmarès en MotoGP, mais sur quelque chose de bien plus difficile à mesurer : le lien émotionnel avec les Ducatistes. À première vue, le choix peut surprendre. En trois saisons de MotoGP entre 2003 et 2005, Troy Bayliss n’a remporté aucune victoire et n’est monté que quatre fois sur le podium.
Des chiffres modestes comparés aux exploits de Casey Stoner, de Francesco Bagnaia ou de Marc Marquez. Mais Ducati ne raconte pas son histoire uniquement à travers les résultats. « Au premier rang, il y a Troy Bayliss. Troy est adoré. Il illumine le cœur des Ducatistes d’une manière incroyable, authentique et sincère. »
Pour la patronne du marketing à Borgo Panigale, Patrizia Cianetti, Bayliss incarne davantage qu’un pilote : il représente l’esprit Ducati. Lorsque Ducati rejoint officiellement le MotoGP en 2003, tout est à construire. Le constructeur italien ne possède ni l’expérience ni les moyens de Honda ou Yamaha. Avec Capirossi, Bayliss accepte alors de porter ce projet naissant après avoir déjà offert à Ducati un titre mondial en Superbike en 2001.
Il devient le visage de cette nouvelle aventure, partageant les premières joies mais aussi les nombreuses difficultés du constructeur italien. Cette fidélité explique en grande partie l’affection particulière que lui vouent encore aujourd’hui les supporters.

Troy Bayliss reste celui qui, aux yeux de nombreux Ducatistes, a le mieux incarné l’âme de Ducati
Le destin réserve pourtant à Bayliss un scénario presque irréel. Après son retour en Superbike, où il décroche immédiatement un nouveau titre mondial en 2006, Ducati le rappelle pour remplacer Sete Gibernau lors du dernier Grand Prix MotoGP de la saison, à Valence. Sans préparation particulière, Bayliss s’impose dès son retour. Cette victoire restera la seule de sa carrière en MotoGP… et sa dernière apparition dans la catégorie reine. Une sortie digne d’un scénario hollywoodien.
Patrizia Cianetti identifie sur FanPage quatre pilotes qui ont chacun incarné une époque différente de Ducati. Troy Bayliss, le cœur. Il représente l’identité, la passion et la fidélité à la marque. Casey Stoner, le génie. L’Australien restera celui qui a offert à Ducati son premier titre MotoGP en 2007. Encore aujourd’hui, son retour lors de la World Ducati Week provoque une émotion immense parmi les milliers de passionnés présents.
Puis il y a Francesco Bagnaia, le bâtisseur. Après quinze années d’attente, Bagnaia a ramené le titre mondial à Borgo Panigale en 2022 avant de récidiver en 2023. Mais Cianetti insiste surtout sur ses qualités humaines. « Il a fait preuve d’une incroyable chaleur humaine et d’une grande empathie. » Lors de la dernière World Ducati Week, l’enthousiasme du public était tel que les organisateurs ont dû interrompre les communications radio tant les applaudissements couvraient les échanges.
Puis Marc Marquez, la dimension mondiale. Il représente une nouvelle étape dans le développement international de Ducati. Au-delà de son immense talent, son impact médiatique est colossal. « Après Valentino Rossi, je crois qu’il est le pilote le plus suivi au monde sur les réseaux sociaux. » Pour Ducati, Marquez apporte une visibilité mondiale que peu de sportifs sont capables d’offrir.
L’intervention de Patrizia Cianetti rappelle finalement une réalité souvent oubliée dans le sport moderne. Les plus grandes légendes ne sont pas toujours celles qui accumulent le plus de victoires. Certaines marquent une marque par leurs titres. D’autres par leur personnalité. D’autres encore par leur fidélité ou leur capacité à créer une relation unique avec les supporters.
C’est précisément ce qui explique pourquoi Ducati peut célébrer à la fois Casey Stoner, Francesco Bagnaia et Marc Marquez… tout en continuant à considérer Troy Bayliss comme son héros absolu.
Car si Stoner a offert le premier titre, si Bagnaia a relancé l’âge d’or moderne et si Marquez ouvre une nouvelle dimension internationale à Borgo Panigale, Bayliss reste celui qui, aux yeux de nombreux Ducatistes, a le mieux incarné l’âme de Ducati.










