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Parlons MotoGP bon

Ils n’ont pas chômé durant cette saison 2023. Pendant l’hiver, « Parlons MotoGP » va se pencher sur chacun des engagés de cet exercice, et dresser le bilan ; aujourd’hui, au tour d’Aleix Espargaró, bon parmi les bons. A-t-il réussi ? A-t-il échoué ? Pouvait-on en attendre davantage ? L’heure est à l’analyse. Bien sûr, vous êtes invités à donner votre avis en commentaires, car celui-ci compte énormément. Hier, nous sommes revenus sur Maverick Vinales, dans un article que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

 

Immortel

 

Serait-ce la meilleure saison d’Aleix Espargaro en MotoGP ? J’en doute, surtout après la superbe campagne 2022 récompensée par la quatrième place du classement général. Pour autant, son exercice 2023 était-il moins impressionnant ? Je ne pense pas. Selon moi, Aleix Espargaro a encore conclu une très bonne année même s’il commence à montrer des signes de vieillesse. Analyse, en plusieurs points, de ce qui a fonctionné pour lui, et le reste. Commençons d’abord par les points positifs.

 

L’incarnation d’Aprilia

 

Comme j’ai souvent eu l’occasion de l’écrire, il est celui qui incarne le projet Aprilia, the face of the franchise comme diraient nos amis américains. Et cela se confirme encore cette saison. Aux côtés d’un Maverick Vinales plutôt décevant, il a été le meilleur, et de loin, même si l’écart au championnat – de deux points seulement – ne reflète pas ce phénomène. Il pèse beaucoup plus au sein du paddock, et son image de « vétéran » se fait souvent sentir dans ses déclarations, que l’on aime le personnage ou pas. Clairement, il est l’une des figures du MotoGP moderne. Vinales, pourtant un gros caractère depuis ses jeunes années, n’existe pas à ses côtés.

 

Parlons MotoGP bon

Grande. Photo : Michelin Motorsport

 

Finalement, sa plus belle victoire est peut-être celle-ci ; être encore, à 34 ans, la personnalisation de la grinta espagnole, et toujours dans le coup. Il est un exemple de longévité et de détermination.

 

Son chef d’œuvre

 

Oubliez ce que je viens de dire. Sa plus belle victoire n’est autre que le Grand Prix de Grande-Bretagne 2023, son chef d’œuvre en carrière. Dans des conditions délicates, il a fait parler l’expérience pour se jouer de Pecco Bagnaia et Brad Binder, excusez du peu. C’était l’une des plus belles performances de la saison, à n’en pas douter. La démonstration d’un Q.I course hors norme, et plus largement, de toute la puissance que les figures légendaires de notre discipline détiennent en leur sein.

Cette manche seulement dépasse largement le Grand Prix d’Argentine 2022 dans les tablettes, et même, le Grand Prix de Catalogne 2023. Sur son week-end, à la maison, il triompha deux fois en oblitérant son coéquipier entre autres concurrents. Si l’on ajoute aussi la pole à Jerez à ses coups d’éclat, sa saison devient mémorable, en tout cas bien plus que 2022 où il joua davantage aux épiciers.

Inutile de parler de sa combativité, hors-norme, et illustrée par un énième podium arraché suite au déclassement de Brad Binder à Assen.

 

Une régularité à toute épreuve

 

En somme, on a retrouvé le Aleix Espargaro pré-2022, mais dans une version très évoluée. Traduction : il est tombé davantage, mais est allé plus vite. Ceci dit, il a su conserver une bonne régularité dans la performance, à savoir, son point fort de 2022 ; deux courses terminées hors du top 10 lorsqu’il franchissait la ligne. En Argentine et à Misano, là où les Aprilia RS-GP23 étaient en grande difficulté, et le Sachsenring, en raison d’un mauvais choix de pneu le dimanche (16e alors qu’il était 9e du Sprint). C’est très honnête, et il n’y a pas beaucoup de pilotes de son âge qui parviennent à garder autant de rigueur sur une si longue période, longue de 39 départs.

 

Parlons MotoGP bon

Quand certains pensent que Vinales est l’option n°1 chez Aprilia, je me demande si on regarde le même sport. Photo : Michelin Motorsport

 

Des coups de sang

 

Je vous rassure tout de suite ; il a ses défauts. Il a connu quelques faiblesses, comme d’autres, mais j’en ai noté deux majeures. Premièrement, la moins grave, ironiquement, son comportement. Par deux fois, en Inde et au Qatar, il s’est illustré de la mauvaise manière. D’abord, en engueulant ses mécaniciens pour l’avoir relâché trop tôt au début des qualifications. Et puis, avec cette mandale pour Franco Morbidelli, encore trop lent sur la trajectoire à Losail.

Même si j’ai déjà relativisé la gravité de ces agissements, notamment du deuxième, c’est dommage, car il est le seul à se comporter ainsi. Cependant, contrairement à d’autres pilotes plus « gentils » et appréciés du grand public, il n’a pas été accusé de rouler de manière trop musclée. Cela reste un point négatif, d’autant plus que dans le cas du Qatar, cela a conditionné tout son week-end et l’a amené à marquer zéro points.

 

On ne peut ignorer les chiffres

 

Certes, il a été plus proactif en 2023 qu’en 2022, c’est un fait. Si l’on excepte l’Argentine il y a deux ans, on ne l’avait jamais vu aussi près de la tête, aussi souvent, à la bataille avec les meilleurs du monde. Mais force est de constater que cette approche ne lui a pas tant profité, notamment sur le plan comptable. La sixième place est un beau résultat – c’était serré sur la fin, mais il a pris seulement 28,3 % des points disponibles contre 42,4 % en 2022, soit l’une des plus grosses pertes nettes du plateau.

Pour ne rien arranger, j’ai eu l’impression que sa monture était plus proche des Desmosedici en 2023, surtout au début de l’exercice. Le nouveau format ne lui a pas tant profité alors qu’il y a quelques temps, il aurait adoré les Sprints. Sa victoire le samedi en Catalogne représente sa seule apparition dans le top 3 sur toute l’année, et plus globalement, sa seule percée de référence sur la période. Même à Assen, quatrième, il était loin du vainqueur Bezzecchi et des autres ténors.

 

Conclusion

 

Toujours en famille. Photo : Michelin Motorsport

 

Pour toutes les raisons expliquées ci-dessus, je pense qu’il a réalisé une très belle saison 2023, au moins aussi valeureuse que ne l’était la précédente. Certes, le classement n’est pas si bon tout comme le calcul final, mais ses deux victoires en Grands Prix compensent largement son déficit de régularité assumé. J’avais attribué 11/20 à Vinales, et 15,5/20 à Luca Marini. Je pense qu’au vu du contexte, il n’a pas montré autant de progrès que ce dernier mais mérite tout de même son 15/20. Après tout, des victoires comme à Silverstone sont rares dans une carrière.

Quelle note y attribueriez-vous ? Dites-le moi en commentaires !

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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