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À Brno, plusieurs événements d’importance majeure n’ont pas beaucoup fait parler au vu de leur gravité. Nous étions tous très focalisés sur les gifles de Marco Bezzecchi et la victoire de Marquez, mais personne ne s’est penché sur le nouveau problème mécanique subi par KTM. Non seulement c’est dommage pour Pedro Acosta, mais en plus, ça met en péril toute la grille.

 

Trop, c’est trop

 

Une panne fait partie du jeu en sports mécaniques. Parfois, un championnat peut se jouer sur une casse moteur ; elle peut affecter quelqu’un en tête, au pire moment. C’est la partie non maîtrisée des disciplines motorisées, et c’est personnellement quelque chose que j’adore. Les dieux de la mécanique n’épargnent personne, même les équipes les mieux préparées, dotées des technologies les plus avancées.

 

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Vous voyez déjà où je veux en venir ? Photo : Michelin Motorsport

 

Voir une casse moteur ou un problème électronique de temps en temps n’a rien de choquant. Je dirais même que ça ajoute de l’épaisseur scénaristique à une course. Mais dans le cas de KTM, ça n’a plus rien d’amusant. Lors des deux jours les plus importants, en Tchéquie, Acosta a subi des problèmes mécaniques. Le samedi, c’est son Ride Height Device, qui, bloqué position basse, l’empêchait de rouler correctement. Il chuta en tentant de le réajuster. Puis, le dimanche, plus grave encore : une coupure moteur mit fin à tous ses espoirs alors qu’il évoluait dans le top 5.

Depuis plusieurs années, les RC16 sont en proie à d’importants problèmes de fiabilité. C’était arrivé à Brad Binder à Austin, puis, l’année dernière, des casses de chaîne avaient semé le trouble dans les rangs autrichiens. Cependant, cette saison, c’est plus grave encore. D’abord, cela minimise l’effort incroyable fourni par Pedro Acosta depuis le début de saison MotoGP. L’Espagnol roule à un très haut niveau, largement au-dessus de celui de ses coéquipiers – pourtant de très bons éléments également –, mais n’est pas récompensé. Ensuite, le plus important, c’est que sa KTM peut devenir un danger majeur pour les autres.

 

Un épisode qui ne passe pas, il faut régler le problème

 

L’accident de Barcelone, encore dans toutes les têtes, a fait couler beaucoup d’encre. On en a utilisé pour vous rassurer quant à l’état de santé d’Alex Marquez, mais il ne faut pas oublier que le crash du pilote Gresini est dû à une coupure moteur de la KTM RC16 d’Acosta. À Brno, heureusement, il n’était suivi par personne.

Ces problèmes aléatoires pourraient coûter très cher, et j’ai l’impression que les instances attendent qu’un accident grave se produise pour réagir. Alex Marquez a percuté l’arrière de l’Autrichienne dans une ligne droite secondaire à Barcelone, sa vitesse était relativement faible par rapport à d’autres moments dans l’année. Mais imaginez seulement qu’une coupure se produise au Mugello, en pleine ligne droite, où nos héros dépassent allégrement les 360 km/h. Je pense également à Aragon, où le dernier virage, qui suit un immense bout droit, est assez rapide. Le drame n’est pas si loin.

Le risque inhérent à ces pannes est énorme. D’abord, pour le pilote de la KTM lui-même. La majorité des accidents graves, dans l’histoire des sports mécaniques, ne sont pas dus à des sorties de piste solitaires. La percussion d’un pilote par un autre, qu’il soit au sol, ou par l’arrière, est statistiquement plus dangereuse qu’un highside depuis que les dégagements existent. Le mouvement est moins naturel, et si certains peuvent se raidir avant de toucher le sol lorsqu’ils chutent seuls, là, tout se produit en une fraction de dixième de seconde, avec le dos comme partie du corps la plus exposée. Ensuite, cela a de grandes chances de se produire en ligne droite, lorsqu’ils se suivent. Ainsi, le pilote percuté tombe en face de lui, sur la piste, où il peut être exposé à un sur-accident. Rien à voir, par exemple, avec une chute dans un bac à graviers plus ou moins sécurisé.

Vous me pensez peut-être trop alarmiste, mais je pourrais citer au moins dix accidents graves de ce type dans l’histoire des sports mécaniques. C’est exactement ce qu’il s’est produit à Sepang en Moto3 l’an dernier, lorsque José Antonio Rueda a percuté, par l’arrière, Noah Dettwiler. Heureusement, les deux sont encore en vie.

 

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Le MotoGP actuel n’a jamais été aussi serré. Aujourd’hui, les écarts sont réduits, ce qui augmente le risque d’accident et d’accrochage en général. Photo : KTM

 

Deuxièmement, cela peut être très dangereux pour celui qui percute. S’il touche frontalement, lui aussi tombera devant, donc avec beaucoup de vitesse, et sur la piste à la merci des autres en cas de course en paquet. S’il essaye d’esquiver au dernier moment, comme Alex Marquez l’a fait à Barcelone, ça peut aussi causer une situation dramatique. Le pilote Gresini a lui-même reconnu qu’il avait été chanceux que le mur ne soit pas plus près à cet endroit là ; heureusement, d’ailleurs, qu’il n’y avait pas un autre pilote à sa droite au moment où il a mis le coup de guidon.

Je n’ai même pas évoqué le souci de Ride Height Device, qui, bloqué en position basse, peut aussi représenter un danger sur les phases de freinage et en virage. Je crois que cela fait sens.

 

Conclusion

 

Selon moi, ces coupures moteur intempestives doivent êtres immédiatement considérées par la commission de sécurité et les plus hautes instances. On peut imaginer l’ouverture d’une enquête, des pénalités si ça se reproduit trop souvent, ou des amendes si rien n’est fait. Acosta lui-même était très critique envers KTM après la course dominicale. Comme si le sport moto n’était pas assez dangereux, ces problèmes décuplent le risque d’accident grave dans une ère où les motos, plus rapides que jamais, sont de véritables dragsters en ligne droite.

Les pannes mécaniques font partie intégrante du sport, ils en sont l’âme. Mais dans ce cas précis (une panne répétée), rare qui plus est, KTM expose involontairement les autres pilotes à des situations extrêmement accidentogènes.

Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de ces pannes à répétition. Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

On parle d’Acosta, mais il y a trois autres KTM en piste ! Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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