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Le Mans

Depuis quelques années, Le Mans a pris le rôle de capitale du MotoGP. En effet, le Grand Prix de France est celui où le public est le plus nombreux, et celui où, d’après moi, l’engouement est le plus fort. Mais comment cela se fait-il ? Explications.

Bien évidemment, il s’agit d’un concours de circonstances. J’ai repéré plusieurs facteurs déterminants, et je vais vous les détailler dans des petits paragraphes un à un.

 

Le Mans et son public

 

Ce premier argument me paraît assez irréfutable. Chaque année, sur les trois jours, le circuit Bugatti accueille plus de 300 000 spectateurs, et c’est la raison première du succès du Grand Prix. Le record avait d’ailleurs été battu en 2025 avec 311 797 spectateurs ; on verra si l’édition 2026 fera mieux, et ce, malgré la météo plutôt maussade qui s’annonce. Comme à Jerez, le public français est en feu, met l’ambiance, et se donne à fond dans les tribunes. Ceci sépare déjà Le Mans du reste du calendrier, et les pilotes, d’ailleurs, disent aujourd’hui qu’ils attendent ce rendez-vous avec impatience malgré le bruit insoutenable des campings aux alentours pendant toute la durée du séjour. Si vous y allez ce week-end, vous pouvez donc vous féliciter, car vous êtes les principaux acteurs de cette réussite.

 

Le Mans

Il faut aussi féliciter l’organisation du Grand Prix de France, œuvre de Claude Michy. Photo : Michelin Motorsport

 

Deux Français déchaînés

 

En fait, le paragraphe précédent était presque le résultat. La question qu’on pourrait poser, en filigrane, est la suivante : comment Le Mans attire-t-il autant de monde ? La France ne compte que deux représentants en Grands Prix motos, mais ces deux éléments ont un rôle majeur dans la renommée de cette épreuve. Fabio Quartararo, champion du monde MotoGP 2021, compte d’innombrables fans, qui viennent l’admirer sur ses terres. En plus, Quartararo est particulièrement fort au Mans, il y a même décroché la pole position l’année dernière. Fabio y voit une opportunité de communier avec ses supporters, et aura, encore une fois, une décoration spéciale sur sa M1 ce week-end. Johann Zarco est presque plus populaire dans l’hexagone. Son côté proche du public et accessible rend amoureux beaucoup de Français, et cela s’est vu à l’arrivée du Grand Prix de France 2025, qu’il a remporté devant son public. Forcément, la présence de deux monstres charismatiques – c’est important – et souvent aux avant-postes depuis quelques années, a attiré du monde sur place.

 

Un GP toujours plus spectaculaire

 

Troisième question à laquelle nous allons réfléchir, comment Le Mans a dépassé les autres rendez-vous ? Le titre de cet article implique que la manche française n’a pas toujours été la plus en vue. Et c’est vrai : jusqu’à très récemment, j’aurais sans doute placé le Grand Prix des Pays-Bas à Assen devant, et peut-être même le GP d’Italie. Cependant, il faut reconnaître que, depuis que Valentino Rossi a pris sa retraite, l’engouement n’est plus le même sur les flancs des collines toscanes. Et puis, les courses en elles-mêmes sont plutôt plates au Mugello comme à Assen. Ces dernières saisons, on a souvent vu des cavaliers seuls, des épreuves dominées dans la Botte comme aux Pays-Bas.

 

Le Mans

À cela s’ajoute ce qu’on ne perçoit pas nécessairement, mais qui compte, comme la facilité d’accès au circuit, les activités sur place, ou la communication réalisée toute l’année. Photo : Michelin Motorsport

 

Bagnaia, notamment, était très fort sur ces deux circuits, et gagnait avec des boulevards lorsqu’il était en pleine possession de ses moyens. Forcément, ça joue, et Le Mans, dans le même temps, n’a cessé de proposer des courses à suspense, pas forcément accrochées, mais souvent imprévisibles à cause de la météo. La preuve : les sept derniers Grands Prix de France ont couronné sept vainqueurs différents, rendez-vous compte ! Cet argument est un poil plus subjectif, bien sûr, mais je crois que c’est l’événement MotoGP le plus agréable à regarder. D’autres circuits s’en approchent, comme Jerez, où il y a beaucoup de monde aussi, mais Le Mans garde l’avantage aussi grâce au spectacle qu’il offre.

 

Le Mans, un contexte (historique) favorable

 

Grâce aux 24 Heures du Mans automobiles, la ville tout entière a une place importante dans l’écosystème des sports mécaniques. Forcément, le MotoGP profite de ce rayonnement international. Le Grand Prix de France se déroule sur une terre mythique, un circuit ancien (il a fêté ses 60 ans l’an dernier), et, de surcroît, est le seul sur le territoire. Quand l’Espagne compte quatre courses, la France n’en a qu’une, ce qui la rend exceptionnelle. C’est là, où, pour moi, Le Mans a l’avantage sur Jerez. Si l’Andalousie organisait le seul et unique Grand Prix en Espagne, sa légende serait encore plus grande, alors qu’Aragon, Valence et Barcelone diluent un peu l’engouement – et altèrent sans doute le nombre de spectateurs présents. L’histoire et le contexte, dirais-je, aident Le Mans à se démarquer. Parfois, le hasard fait bien les choses, puisqu’en 2023, la Sarthe accueillait le 1000e Grand Prix motocycliste, ce qui a donné une raison de plus de célébrer ce rendez-vous.

Voici, pêle-mêle, des arguments qui expliquent le succès récent du Grand Prix de France. Actuellement, sur le globe, je crois qu’aucune course MotoGP n’est plus attendue, même si Jerez, Assen et le Mugello ne déméritent pas.

Avez-vous, comme moi, le sentiment que Le Mans est devenu la capitale du MotoGP ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Vous rappelez-vous du 1000e GP ? Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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