Le pilote Ducati a réalisé un weekend plein en Navarre, avec l’obtention de deux victoires. De quoi le relancer au championnat, après une passe difficile lors des dernières manches.

Serait-ce sa demande en mariage sur le dernier podium de Most il y a un peu plus de deux semaines, ou bien l’annonce de son passage chez BMW l’an prochain ? Toujours est-il que Scott Redding a semblé être libéré ce weekend en Espagne, enchaînant deux nouvelles victoires et de nombreux points qui lui permettent désormais d’afficher de nouvelles prétentions au championnat.

Les deux victoires de l’ancien pilote MotoGP lors de la Course 1 et de la Course Superpole, qui succédaient à un autre succès lors de la dernière épreuve disputée en République tchèque début août, ont illuminé une sortie de tunnel pour l’Anglais qui évolue désormais à 38 unités de Jonathan Rea et Toprak Razgatlioglu au classement général.

Et s’il n’a pas réussi à réaliser le triplé lors de la Course 2 en Navarre, Redding s’est tout de même montré très combattif, notamment face au pilote Kawasaki, lui refusant à l’arrivée la deuxième place après trois derniers tours de pure défense.

 

Pression et opportunisme pour venir à bout de Rea

L’issue d’une épreuve gérée de main de maître, et lors de laquelle il a su se montrer opportuniste : « Ce fut un weekend de folie ! », s’est-il esclaffé au micro du site officiel du Superbike. « Il y a eu beaucoup de batailles aujourd’hui. Au début j’ai été agressif mais par la suite je me suis un peu assagi et j’ai pris Jonathan [Rea] en chasse. Nous avions sensiblement le même rythme mais je voulais absolument cette deuxième place. Je me suis alors dit qu’il fallait que je fasse plus, mais tout en étant vigilant. Je l’ai vu par la suite faire plusieurs erreurs, et je me suis alors contenté de maintenir la pression jusqu’au moment où il allait faire l’erreur de trop et me permettre d’en profiter. J’ai ensuite essayé de rattraper Toprak [Razgatlioglu], mais je pense que c’était déjà trop tard. J’aurais dû faire mon dépassement quelque chose comme cinq tours plus tôt. »

Une chose est sûre : Redding est à présent inscrit dans une bonne dynamique, symbolisée par sa série en cours de sept podiums d’affilée. Il faut en effet remonter à la Course Superpole à Assen fin juillet pour ne pas voir son nom dans le top 3. Une situation bien rétablie après un passage à vide, lorsqu’il fut privé de podium justement entre la Course 1 d’Estoril et celle d’Assen, laissant son coéquipier chez Ducati Michael Ruben Rinaldi prendre les devants au sein de l’équipe (l’Italien a signé sur cette même période deux victoires à domicile à Misano, lors de la Course 1 et de la Course Superpole).

 

Une remise en question à partir de Donington

Mais de son propre aveu Redding s’est remis en question, notamment après Donington, où il avait connu une manche particulièrement décevante sur ses terres, avec pour seul pain blanc l’obtention d’une quatrième place lors de la Course 2.

Sous pression, il a alors pris le parti de ne plus s’en faire, et de piloter à sa main sans nécessairement forcer son talent. Avec le succès observé depuis : « A Donington j’ai eu tendance à surpiloter, et je dois dire que durant toute la première partie de saison j’ai eu pas mal de pression sur les épaules, et pas mal de stress aussi », reprend-il. « Mais après Donington je me suis dit qu’il fallait tout simplement que je me détende. Je savais que j’étais capable d’emmener la moto jusqu’à son potentiel de victoire, donc pourquoi trop en faire et psychoter ? La moto n’a quasiment pas changé depuis Assen, et la chose positive c’est que nous avons roulé dans des températures très différentes et j’ai pu être compétitif dans toutes les conditions. Je pense que si nous continuons comme cela, les choses peuvent bien tourner pour nous au championnat. »

Vers une bataille à trois pour le titre ?

Avec 38 points de retard sur Rea et Razgatlioglu, Redding se trouve dans une position enviable d’homme fort du moment qui n’a rien à perdre : Il n’est pas si loin sur le plan comptable, surtout si on garde en tête qu’il reste encore six manches et donc 18 courses à disputer, mais pas trop près non plus.

De sorte qu’il ne ressente pas – encore – la pression et soit en mesure de sortir la grosse attaque lors de ses prochaines sorties. « Pour ma part il faut que je prenne simplement les choses de façon plus détendue, car au final la pression est sur eux », assure-t-il. « Et pour l’instant ils se préoccupent l’un de l’autre plutôt que de moi. De mon côté, je ne peux leur poser que des problèmes car j’ai encore un retard significatif sur eux et je dois réduire celui-ci. S’ils font une erreur, je me rapproche, et à l’inverse si c’est moi qui pars à la faute ce n’est pas bien grave car de toute façon je suis encore loin au classement. Pour le reste on verra bien, je vais simplement essayer de maintenir la pression et d’être le plus régulier possible. »

On ne dirait pas mieux si on souhaiterait rejeter la pression sur ses adversaires… Quant à savoir si l’annonce de son départ pour BMW en fin de saison a changé quelque chose sur son mental, le numéro 45 assure qu’il n’en est rien : « Pas vraiment… Cela n’a rien changé pour moi. C’est juste que j’étais jusqu’ici trop exigeant envers moi-même. Au final je suis mon propre ennemi. C’est quelque chose qu’il faut que je garde à l’esprit sur les futures courses où ce sera difficile pour moi : Il ne faut pas que j’en fasse trop. »

Il sera donc intéressant de voir si Redding parvient à poursuivre sur sa belle lancée dans deux semaines à Magny-Cours. L’Anglais est le dernier à s’y être imposé, lors de la Course 2 l’an dernier. Nul doute qu’il aura donc ce résultat à l’esprit et tentera de le réitérer, histoire de mettre encore un peu plus la pression sur ses adversaires…

 

Superbike Navarre – Résultats Course 2 :

Crédit classement : WorldSBK.com



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